DES
GITES DE MINERAI,
E T
DES BOUCHES A FEU
DE LA FRANCE.
TOME S E C O N I).
SECONDE TOURNÉE

^ Equidem ità sentio , peculiarem in studiis causam eorum esse, ^ qui , dtfficultatibu$ victis, utilitatem juvandi praetuler^unt gratiae ^ placendi. ^
Pline, lib. i.

D E S C R I P T I O N
^                              DES
GITES DE MINÉRAI,
FORGES, SALINES, VERRERIES,TRÉFILERIES, FABRIQUE$ DE FER-BLANC, PORCELAINE, FAÏENCE, etc.
DE LA HAUTE ET BASSE-ALSACE.
Par M. le Baron DE DIETRICH, Secrétaire général des Suisses et Grisons, Membre de l'Académie Royale des Sc^iences, de li Société Royale de Gœttingue et de celle des Curieux de la Nature de Berlin, Commissaire du Roi à la visite des Mines, des Bouches à feu, et des Forêts du Roya^ume.
tmpADBD-1.jpg
A PARIS,
C^ ^ Didot, le jeune, Libraire-I^mprimeur, quai des Augustins.
^ Didot^, fils aîné, rue Dauphine ; Cuchet, rue et hôtel Serpente
A STRASBOURG, Chez T R e u t T F L , Libraire.
E L'IMPRIMERIE DE M O N S I E U R. M. ]) C C. I, XXXI X.
AVEC APPROBATION, LT PRIVILÈGE DU ROI.

^
PRÉFACE.
L£ volume que j'offre au public, est le second^ de ^na Description des gites de mînérai et des bou-ches à feu duRoyaume : il contient le rapport de ma tournée en Alsace. Je traiterai de la Lorraine dans le troisième volume, qui est actuellemenl sous presse.
Avant la création des assemblées provinciales, il rTexistoît en Alsace aucune division qui pût fournir un ordre méthodique à ma description ; et celle des s'*x districts, dans lesquels elle vient xTèire partagée, n'est pas encore assez invariable­ment établie pourque j'aie cru devoir l'adopter. Les élections, les sénéchaussées et les bailliages rovaux y sont inconnus ; et les justices seigneuriales s* v trou­vent en trop grand nombre fet sont d'une- étendue trop inégale,pour former des sections convenables. D'ailleurs il en est beaucoup, sur-tout du côté de la plaine, qui ne contiennent rien de relatif à cet ouvrage. L'ordre géographique seul me restoït, et je l'ai simi,
Ce second volume formera les troisième et qua­trième parties de cet ouvrage; je décrirai la Haute-Alsace dans Tune, et la Basse-Alsace dans l'autre. Les us ines et les bouches à feu de la Haute-Alsace étant presque toutes situées dans les Vosges , il m'a été facile de suivre Tordre de leur division naturelle en vallées. Ainsi après avoir donné dans la troisième partie une idée générale des Vosges,

^^
et quelques détails sur le comté de Férëtte, les environs d'Altkirch et de Belfort, et sur quelques procédés propres à améliorer la fabrication du fîl-de-fer, je parcourrai la vallée de Giromagny, d'où je passerai successivement dans celles de Masevaux, d^Saint-Amaria, de Thann, de Sultzmatt, de Munster, de Ribeauviller et de la Petite-Lièvre. Cest dans cette dernière que se voient les fameux travaux de Sainte-Marie-aux-Mines. Leur histoire très-détaiilée termine cette partie de l'ouvrage.
Cet ordre ne pouvoit être suivi dans la descrip­tion des usines et des mines de la basse-Alsace ; et j'ai été contraint de me borner à en rendre compte suivant leur situation du sud au nord, parce que , le plus grand nombre d'entre elles ne se trouve pas dans les Vosges même, mais dans les collines qui sont en avant de cette chaîne de montagnes. Cette quatrième partie de mon travail offre des notices sur Fancienne manufacture d'acier d'Al­sace qui existoit à Darabach ; on y lira aussi la description des usines, houillères et fabriques du val de Ville, de celui d'Orbéis, du comté du ban de la Roche , de la vallée de Schiruieck et du Klinccenthal. J'y parlerai des batteries de cuivre des environs de Strasbourg, des manufactures de porcelaine de Haguenau , ues nombreuses mines de fer en grains, des mines de plomb, et des forges, salines , vitriolières , fabriques de pé­trole , et verreries situées dans la partie septen­trionale de la basse-Alsace; enfin je terminerai ce volume par des observations sur la cueillette de

l'or que cliarie le Rhin ; et pap-fluelques réflexions sur la jurisprudence des mineft en Alsace, et sur rinfluènee que l'administration doit avoir sur leur exploitation.                                             ■ ,
J'ai déterminé la direction et les distances res­pectives ôes lieux , par la quantité de toises qui les sépare, d'après les échelles des1 cartes de*YAca­démie , et j'ai eu soin de nommer toujours ,1a paroisse où sont situées les usines (1).
Le nombre eV l'importance des diverses exploi­tations que j'ai vues en Alsace, me semble devoir rendre ces parties de mon- ouvrage plus variées et pïûTlnféressantes que celles qui ont déjà paru. On y trouvera les plans des importans travaux de Phenrringthurn à Giromagny, et de Surlatte au val de Lièvre,levés par MM. Duhamel et Mallet, ingénieurs de l'école royale des mines, dont je m'empresse de louer iei le zèle et les talens.
On trouvera dans cet ouvrage les arrêts en vertu desquels les mines ont été concédées, ou les établissemens formés, et j'ai cru devoir y Joindre les titres qui ont accordé à leurs proprié* taires des privilèges et des faveurs. J'ai pensé qu'en réunissant ces pièces éparses, je rendois un égal service à l'administration,aux propriétaires et aux jurisconsultes.
(i) J'ai fait placer en marge des notes qui indiquent les cartes de l'Académie, sur lesquelles se trouvent les lieux décrits ; ceux à côté desquels \ï^ n'y a point de marginale, appartiennent à la carte pré* eédemment marquée: je regrette de n'avoir pas songea ces additions 3 en publiant ma description des Gîtes de minerai des Pyrénées.

En m'abstenant de parler des contestations par­ticulières , je me suis attaché à rendre compte de celles qui intéressent le droit public du royaume ou de la province .d'Alsace. J'ai rapporté impar­tialement les moyens des parties opposées, sans donner mon avis sur l'objet de leurs discussions.
J'ai fait connoître les motifs des jugemens qui ont été rendus, et je n'ai rapporté de;s différente* transactions, que celles qui ont. été passées entre les propriétaires relativement an droit d'exploi­tation.
Les consommations en matières premières , sur­tout en charbons, sont par-tout indiquées; j'ai dit quels sont les moyens d'approvisionnement en bois de chaque usine; à quels droits elle est assujettie; le-nombre des ouvriers qu'elle emploie, et le mon­tant de sa vente annuelle; j'ai présenté les résumes de ces détails dans trois tableaux : les deux premiers offrent l'état général dv^ mines de la province, et le troisième, celui de ses usines.
Elirait des registres rie l'Académie des Sciences.
3
MM. LavoLier et d'Arcef , qui avoient été nommés commissaires pour examiner la Description des gîtes de minerai-, forges, salines , \cirerics , tréflleries , fabriques de fer-blanc, porcelaine, faïence, etc. de la Haute et feasse - Alsace, par IVI. Je Baron de Diefr-ieh , i-uemUre <Ie l'Académie, en ayant (ait leur rapport, l'Académie a jugé que cet ouvrage méritoit d'être imprime sous son privilège, et avec son approbation ; en foi de quoi j'ai signé le présent certificat. A. Paris, le i5 novembre 178c!..
Signé, le marquis de Condorcet , Sccr. Pçrp. de l'Académie.
DESCRIPTION

DESGRIPTjOfn
DES MINES
E T DE S fr^^C^H E S À FEU DE LA HAUTE-ALSACE. ,,
T R 01 S^ E M E PART I E.
Après avoir fait connoîtreles mines que renieraient ■ '. -.■;'■■ ; .= les Pyrénées, dont l'histoire naturelle a été l'objet des Intr0(luction' recherches de MM. Darcet (i), de la Peyrouse (2) et Palasso (3), je vais nfoccuper* de montagnes moins considérables et tout-à-fait différentes.
On sait aujourd'hui qu'il existe une très-grande ana­logie entre les Alpes du Dauphiné, de la Savoie, de la Suisse et4es Pyrénées. Elles se ressemblent par leur fbrme, leurs roches, les plantes qui y croissent et les
(1)  M. Darcet, discours en forme dé dissertation sur Fétat actuel
des Pyrénées et sur les causes de leur dégradation. Paris, 1776.                          v
(2)  Notice de quelques'minéraux des Pyrénées; Journ. de physique, tom. 26, pag. 427, et traité sur les mines de Ter et forges du comté de Foix.                                       ■-.-»'
(3)  Essai sur la minéralogie dçs. monts Pjrénées, suivi d'un cata-jpgue'de plantes observées dansées montagnes. Paiis^iySi.
Partie 111.                                          A

/ f, bh. )
~ animaux qui les habitent; il y a même quelque rapport dans leur élévation et le séjour permanent des glaces. Sans prétendre qu'il y ait dans les Pyrénées des sommilcs égales en hauteur au mont-Blanc, au Schreckhorn, au Grimsel, puisque les observations les plus récentes (1) ont constaté que les plus hautes Pyrénées .ne. s'élèvent pas au-dessus de dix-huit cents toises, des observa­teurs éclairés croient cependant pouvoir avancer, que la masse générale des Pyrénées est aussi haute que celle des Alpes. II y a dans les premières un plus grand nombre de montagnes plus* facilement accessibles à de grandes hauteurs que-dans les autres (2), parce que les glaces n'ont point eu, pour s'y étendre, des points d'appui tels que les hautes cimes que nous venons de
, citer, et que les glaciers s'y trouvant moins vastes, les neiges n'y descendent pas si bas. Aussi n'y a-1-il de glaces permanentes dans les Pyrénées qu'auprès des plus hauts sommets.
L'état de destruction qu'offrent les points les plus élevés des Alpes et des Pyrénées , n'a échappé à aucun observateur, et s'il en est qui ont cru remarquer que
(1 M. Béboul de Pézénas , dans un voyage qu'il a fait à Paris cet le année, a lu à l'Académie royale des Sciences deux mémoires relatifs à l'élévation des plus hautes sommités des Pyrénées, particulièrement de celles des environs de Barrèges.
(2) M. Ramond de Carbonnières, si connu par la manière dont il a voyagé en Suisse, a parcouru à pied la plus grande partie des Pyré­nées. Cet observateur, aussi éclairé qu'infatigable, auquel aucune science n'est étrangère, est occupé de la rédaction d'un ouvrage, dans lequel il espère prouver d'une" manière incontestable l'analogie des Pyrénées avec Jes Alpes.

plusieurs des substances dont elle font comp? siv.s . ==—■■==■---■
affectent par-tout une direclion et une inclinaison se m- !l'-'Miti! li !J
blables (t) , Ions du moins s'accordent à assurer avec
moi que-Tordre dans lequel ces substances "se succèdent
depuis la plaine jusqu'au centre de ces montagnes, n'a
aucun rapport a\ec celui que MM. Pallas et Kerbtr
ont observé dans d'autres montagnes dé 1 Europe e? dr
. En donnant la description des bouches à feu et ilis f-*'- v> -' mines de l'Alsace et de la Lorraine, nous parcourront-en tout sens ies Vosges (2), qui, du sud-au nord, sépa­rent ces deux provinces. Nous-ne retrouverons pas ici les mêmes rapports qu'entre les Alpes et les Pyrénées; car quoique les Vosges, ainsi que Jes montagnes de la Forêt-noire qui leur sont parallèles, aient, éié consi-           '
dérées comme des branches prolongées de l'extrémité septentrionale des Alpes de la Suisse , plusieurs ca­ractères principaux doivent les faire regarder .comme -une classe de montagnes distincte!» de celles qui forment leur souche apparente.
Plusieurs savans ont parlé dc^ Vosges:" les uns se. sont bornés à en faire connoîlré la topographie (3). les autres se sont principalement attachés à décrire leurs eaux minérales (4). Quelques ouvrages nous ont donné
(1)  Dans une des séances partjculioies do l'Académie royale des Sciences de cette année; M. l'abbé Palasso a lu un Mémoire, dans lequel il s'attache à prouver cette assertion.
(2)  Vaûges ,.\ osges ou Vôges , en latin fvçcsus mens, J'ossgus çjltus , Erernus.                                               a                                   -
(3)   La MartiniÈre, Dicùonnaire géoprapbi<ji,ie, etc.
(4)  Rœslin, de la^situation dee Vosges, des minéraux, des eaux
/*■-;■ ^ Aij'

( 2 Us.)
= une idée générale de leurs productions (1). Il en est qui l>$- contiennent des fragmens concernant leur lithologie (2).
Les minéraux qu'elles renferment (3) ont été, de même - que l'exploitation de leurs forêts (4), l'objet de quelques
observations éparses ; enfin , un de nos savans les a
considérées dans leur ensemble, sans s'occuper des
«Jetails qiiellëiT.nous offrent.
Nous venons de dire que la hauteur des Vosges différait de celle des Alpes et des Pyrénées : en effet elle n'excède nulle part six cents toises, communément
minérales, et des denrées qu'on y trouve5 particulièrement de la source minérale de Niederbronn. Cet ouvrage a été imprimé en allemand , à Strasbourg , en 109.5, in 8°. " GcÉRlN , dissertatio chemico-niciica., de fgntlhus medicaris Alsatm.
Nous ne nommons pa* ici les auteurs qui ont écrit séparément sur des fontaines minérales particulières de la province. Nous omet­tons également ceux qui n'ont traité que* d'un objet de minéralogie détaché, parce que nous les citerons à mesure que nous aurons à parler des lieux que concernent leurs remarques,
(t) SCUŒPFLIN, Alsatïj. illustrata, tora. 1 , p. 1—3i.
Busching , Géugraphie universelle ,edit. franc, de 1770, tom. 4, pag 426 et suivantes.
(2)  Gcettard, p. xxvj de la préface du premier volume de ses Mémoires sur différentes parties des sciences et arts ,*tlécHt les pierres de sable, mo asss ou mouillasse, qui forment la majeure partie des Vosges : il fait mention au rafrae lieu des galets roulés que cette pierre renferme souvent ; de spath fusible, de stéatite, etc.
(3)  Monnet. Voyez son Atlas minéralogique et son Exposition des ruines.
De Sivry , Observations minéralogiques sur les Vosges et sur l'Alsace.
(4} Guettard, Mémoire sur la mauvaise exploitation des bois dans les Vosges , t. 2 , pag. xxs de l'ouvrage cité.
(.5) M. l'abbé Chappe d'Auteroche. V^vage en Sibérie, tom. 1, piéf. pag. v.

.( 3 )
e\k n'est que de trois à quatre cents, souvent de deux cents; et à mesure qu'on se rapproche de la plaine, Les elle diminue jusqu'à soixante. La végétation se main­tient par conséquent à toutes les hauteurs dans ces montagnes, et Ton n'y rencontre point, comme dans les Alpes , des régions où elfe cesse ; seulement elle perd quelquefois de sa vigueur sur les sommets les plus élevés, où les chênes et les sapins restent toujours nains et rabougris.                                           $
La haute Alsace compte au nombre de ses pins hautes montagnes, le ballon de Murbach , qu'il ne faut pas confondre avec le ballon de Giromagny ; le Hoheneck, d'où l'on aperçoit les sources de la Mo­selle et de la Fecht ; et le Bonhomme au couchant de Kaysersberg. La basse Alsace range dans cette classe la * Sainte-Odille, le Champ du-fèu et le Pigeonnier près de Weissembourg.C'est à la Sainte-Odille, placée près d'Ober-Enheim, qu'affluent principalement les curieux qui désirent prendre une idée des Vosges et du coup-d'œil dont on y jouit : les prétendus miracles de la Sainte qui lui donne son nom, rattachement que lui portent les habitans de Strasbourg, accoutumés à consulter de chez eux l'état du ciel à son sommet, parce qu'elle est située au S. O. de leur ville ; quelques traces d'antiquités romaines, la proximité de la plaine * les belles routes et le beau pays qui y conduisent de toutes parts, lui attirent cette préférence.
Le champ-du-Feu, dans le ban de la Roche, s'élève à l'opposite du Donnon, montagne du pays.pie Sàîm., principauté d'Empire enclavée dans les Vosges ; la hau-
A iij

( 3 lis.)
===== leur de ces deux montagnes paroît absolument la même.
Les Vosges. \ es géographes appellent le Donnon , moul-dv-Vcr ou F m mont ; les uns font dériver ce nom des mines de fer qu'on y trouve, et les antres des restes d'un monument placé au haut de cette montagne, et qu'une tratliliôn fabuleuse fait passer pour être le tombeau de Phara-mond. M. l'abbé Chappe a déjà observé que les Vosges sont, en généra!, plus escarpées du côté de l'Alsace que du coté delà Lorraine: leurs vallées principales > celles qui, partant du centre de la chaîne, ont leur ouverture immédiate dans la plaine» suivent-quelquefois leur di­rection, ou la traversent obliquement; d'autrefois elles prennent leurs cours perpendiculairement à cette direc­tion . sans en affecter aucune.
flLes plantes, dont les Vosges sont couvertes de toutes parts, établissent entre elles, les Aipes et les Pyrénées, cette différence remarquable, qu'on n'y aperçoit aucune de ces cimes en ruine, dont celles-ci sont couronnées. Si Ton y remarque quelques traces de désordre, ce n'est que dans le voisinage des torrens, ou bien sur quelques pentes rapides exposées au nord, où la végétation n*a jamais pu être assez prompte pour s'opposer à l'action des eaux qui déplacent fréquemment les roches , dont la surface de ces pentes est jonchée. Les sommités des Vosges se terminent presque toutes en plateaux arron­dis: vucs.de la plaine, elles ofirent un rideau couronné de festons, et non ces pics hérisses qui frappent l'œil, lorsque de loin on considère des chaînes plus élevées. La largeur des Vosges est proportionnée à leur hau­teur; six, huit à dix "heures suffisent pour la franchir,

(4)
tandis qu'il n'en faut pas moins de vingt-quatre, trente --=?■=.— ou quarante pour traverser {es Pyrénées ou les Alpes. Li* ^ Dans celles-ci la pierre de sable rouge est peu commune; elle constitue au contraire la majeure partie des Vosges: on peut même en plusieurs endroits les parcourir dans toute leur largeur, sans y rerrp^nher d'autre espèce de pierre (î). Les bancs en sont poî^Tordmaire stratifiés horizontalement depuis la base jusqu'au sommet, dans un ordre plus régulier qu'on ne l'observe des autres* roches qui forment les grandes chaînes,fcet les* galets roulés que renferme cette pierre, se retrouvent jusqu'aux cimes les plus élevées. On voit rarement des monta­gnes calcaires dans l'intérieur des Vosges; et quoique des masses de marbre qui contiennent des corps marins, se trouvent quelquefois dans des montagnes schisteuses situées vers leur centre, il n'en est pas moins vrai que la pierre à chaux, souvent criblée de coquillages, est presque toujours réunie dans les collines placées au-devant et sur toute la longueur de la chaîne des Vosges. Au contraire, la pierre à chaux se rencontre fréquem­ment, et forme des montagnes entières dans plusieurs points de la largeur des Alpes et des Pyrénées, et jusque dans leurs parties les plus hautes.
Le schiste, le granit, et les roches composées de quartz, de mica, d'argile, de fèld-spath, ne se trouvent pas généralement dans les Vosges, On les rencontre en certains cantons seulement, et presque toujours vers leur centre (2}. ,
(1)  Voyez dans la table les mots Pierre de s.ibli et Carrière.
(2)  M. le comte de Buffon , dans ïe cinquième volume du sup­plément à son Histoire naturelle, pag. 279, a rapporté une note qui

(4
= Les gîtes de minerai s'y montrent moins riches, moins Les Vosges, abondans à la surface des .terrains que dans, les Pyré­nées et les Alpes; mais ils s'y soutiennent plus en lon­gueur et en profondeur : on arrache du sein des Vosges des mines de vitriol, de pétrole, de charbon, d'ucre : l'argent, le cuivre, le plomb, le fer, l'arsenic, le co­balt et le zinc s'y montrent minéralisés sous une mul­titude de formes.
L'habitant des Vosges travaille par goût aux mines; il porte le vêtement du mineur allemand. Comme cet habillement est inconnu dans le reste du royaume, et qu'il seroit utile qu'il y fût adopté, je ne crains pas d'être trop minutieux en parlant de ses avantages. Ce qui tient à la conservation des hommes est toujours im­portant, et le devient encore plus lorsqu'il s'agit d'un ^wail qui les expose à des dangers continuels. Sujet
lui a été communiquée par M. l'abbé Bexon , le i5 mars 1777, con­cernant les Vosges. Elles y sont définies comme étant » des montagnes >• primitives, toutes composées de matières vitrifiabîes et cristallisées, » granits, porphyres, jaspes et quartz, jetés par blocs et par groupes » et non par lits et par couches. Dans toute cette chaîne (y est-il dit) " on ne trouve pas le moindre vestige de productions marines et les » collines qui en dérivent sont du sable vitrifiable. «
En comparant cette note avec les observations que je l'apporte ci-dessus, il est facile de voir en quoi les faits qu'elle renferme, s'éloignent de ce qui existe réellement. Considérer les montagnes de pierre de sable des Vosges, comme des collines qui dérivent de cette chaîne, c'est prendre la partie principale pour l'accessoire; et c'est aller trop loin que de dire qu'on n'y yoit point de vestiges de pétri­fications. On Terra à la page 260 de ce volume qu'il s'y en trouve.
Il me paroit démontré queMes montagnes de pierre de sable et de granit des Vosges sont du même âge. Si on lit les preuves que j'allègue au soutien de cette opinion, pag. 209 jusqu'à :n,on sera peut être porté à l'adopter avec moi.

(S)                                    .
à se heurter avec violence contre les traverses d'e tan- =£= ronnage ou contre les rochers saiilans des voûles sur- iv baissées , le mineur des Vosges porte un bonne t de feutre épais, rond et élevé, qui préserve sa tel e. Contraint d'appuyer son dos eonire les parois r routes souterraines qu'il se fraye, i\ se garantit de l'humidité continuelle du rocher, par. un fort" tabliei 7 de cuir qui pend suf-sës-fëns. Obligé--de se glisses par des passages étroits, un chapeau et un habit long lui seroient à charge; il porte une Jaquette légère, serrée sur les hanches par la courroie Ju tablier. En (in occupé des moyens d'avoir ses mains libres pour monter et descendre sans cesse des échelles, il substitue à la chandelle une lampe à tige mobile, garnie d'un cro­chet que le pouce seul soutient, et qui clans les travaux peut s'accrocher par-tout aux moindres inégalités du rocher. Si , travaillant dans des Fosses où les eaux sont abondantes, ces "précautions" deviennent Insuffisantes; s'il est aflècté de douleurs rhumatismales ; si quelque partie de son corps perd le mouvement,- il est promp-tement rétabli par l'usage des sources salutaires qui sourdent de toute part des Vosges. Les établissemens de bains dans ces montagnes sont aussi célèbres -que «ombreux.
Les Vosges ne présentent pas d'aussi grandes masses que les Alpes et les Pyrénées : on n'y retrouve point ces aspects affreux qui retracent, l'idée du cahos (î) ,
(î) Les Vosges n'ont point au-devant d'e'les , ni dans leur sein, de traces d'anciens incendies souterrains , quoique, dans les icnip.î les plus reculés, il y ait eu des volcans enjbrasés au pied tles «uni-

■ ( 5 In, )
mais elles ont assez de majesté pour faire éprouver cet Oagt:" enthousiasme qu'excitent tous les grands objets de la nature. Elles réunissent aux beautés des colosses que nous leur opposons, des charmes qui leur sont.propres, et l'état de stabilité dans lequel la végétation les main­tient, présente l'image du repos. Soit que des crêtes de leur lisière, l'œil parcoure les richesses de la plaine; soit que des points les plus élevés de leur centre il contemple les sommités qui l'environnent, ou qu'il plonge dans les vallées sur lesquelles il domine, il em­brasse de toutes jferts des objets magnifiques, et d'un accord si parfait, qiîe l'ensemble de leurs tableaux rians. ^              ou sauvages n'inspire jamais qu'une douce admiration.
En effet, voit-on des sommets de quelque autre chaîne de montagnes , une chaîne parallèle et un grand fleuve roulant à ses pieds, terminer ensemble une vallée longue de quarante lieues, large de neuf, qui, par la multi­tude de ses clochers, annonce" son étonnante popula­tion , et dont les cultures variées et la fertilité prodi­gieuse ne le cèdent à aucun pays "de l'Europe ?
Au faîte des Alpes, et des Pyrénées l'immensité est à vos pieds. L'homme, aussi peu fait pour la mesurer de ses regards que pour l'embrasser de sa pensée, se sent moins ému de plaisir que frappé d'éionnemeiit : et si fatigué du spectacle vague des plaines saîîS limites , il se tourne vers le dédale des entassemens gigantesques
tasnes de la "Forêt-noire, et par conséquent très-près des Vosges. Voyez mon mémoire sur les volcans du Brisgavv dans ie dixième voîunie1*1îes'vSava!is étrangers.
1

{(>)■
qui l'environnent, sansdotite il découvre de grands efiels, niais des pans de rochers suspendus, des blocs éno- nies Lcs y!Siits-détachés, des étangs placés, des marais, des tourbes, le froid !e plus piquant, des brumes qui s'accumulent et menacent de l'envelopper, dos torrens fjiii se préci­pitent , le plus profond silence, la nature morte enfin.; tout lui imprime ia tristesse et l'efiroi : isolé dans ["uni­vers, il se hâte -de-foiï-4es—Fées--sourcilleux qu'il n'a gravis qu'au péril lie sa vie(i), il oublie ses faillies et court retrouver des hommes.
Quand des sommités les plus élevées des Vosges, nous apercevons la foule de leurs croupes entées les unes sur les autres, un spectacle moins vaste s'offre' à nos regards, mais il est grand encore; et loin que ses beautés fassent naître la terreur, on regrette de ne pou­voir prolonger le jour pour les admirer plus long-temps. Aux pieds du spectateur, les trois règnes et les arts s'ac­cordent pour animer l'espace qu'il contemple, et si les * montagnes dérobent quelques objets à sa vue, les bruits lointains et variés lui en décèlent l'existence. Au chant . du coq. à la voix des cliiens, aux mugissemens des troupeaux et aux sons harmonieux des instrumens cham­pêtres qui les rassemblent, il ■recoimoît des fermes et . des hameaux. L'intensité et la".fréquence plus ou moins grande des coups frappés par les marteaux des grosses et des petites forges, lui indiquent la direction et Féîoi-
(i) Je ne parle ici qu^8e ces pics qui ne sont confins que de quelques bergers, des clfasseurs de chamois tt des naturalistes les plus intïë{mk% , de ces pi/s, dont on n'atteint le sommet qu'en armant ses pieds de crampons, ou en les chaussant de sandales de sparierie.

'                                  (6 bis.)                          ■- .
           = gnement du lieu d'oii ils partent, et le genre de travail
Les "S oegrs. c]0IIj. on sy occupe. II distingue le moment où ces pesans marteaux pétrissent des loupes, pièces ou globes en­flammés , de fer encore impur, d'où ruisselle de toute part le laitier embrasé. Il reconnoît l'instant où le for­geron coupe la pièce en lopins, où il étire des barres, où il consolide des soudures ; enfin celui où le marti-
neur façonne les fers en carrilio
os
, en verges rondes
ou crénelées.
Chacun des sommets sur lesquels il plane , ne lui présente qu'une immense touffe isoléeV variée à Fin fini dans sa verdure; par-tout le sol est couvert de chênes, de charmes, de hêtres et d'innombrables tiges presque contigues de sapins et de pins, dont l'élévation le dis­pute à ceux qui peuplent les forêts du nord. Si le bûche­ron fait retentir' les vallées de la chute de ces futaies une verdure plus fraîche remplace bientôt la verdure qu'il a détruite. Les fougères, le genièvre,;Ies houx, les genêts , les trembles, les érables et les bouleaux qui s'élèvent rapidement protègent les nouveaux germes. Lorsque les jeunes pousses de chêne et de hêtre sont à une certaine hauteur, on nettoie les forêts de tous ces bois blancs et de tous les arbustes qui pourraient les empêcher de prendre leur essor, et alors ces arbres tutéiaires tombent sans rien diminuer de la beauté du coup-d'œil. Telle est la manière d'exploiter les bois dans la plus grande partie des Vosges de l'Alsace, à l'excep­tion des cantons peuplés de sapins que l'on préfère de couper en jardinant. Ce n'est jusqu'à présent que dans quelques parties des Vosges de la Lorraine, que l'on
a

; ■ : '                                                              (?)
a introduit les coupes en taillis à de couries révolutions.
Dans les cantons où les pins abondent, on voit s'é­lever la fumée de's fabriques de térébenthine et de gou­dron, et par-tout on aperçoit celle des fours où Ton cuit le charbon.
La manière dont le charbonnier des^osges amène ses bois sur les emplacemens où il établit ses fours, offre tin spectacle peu connu dans tout le reste de la France. Pour faire descendre les bois des pentes escarpées siir lesquelles il se trouvent répandus, il emploie des traî­neaux : c'est un moyen économique et prompt, mais . dangereux. Celui qui les conduit rie peut être qu'un homme très-fort ; on le nomme schliltetir. Il trace un chemin étroit, le garnit de rondins peu distans run.de l'autre, les enduit de-graisse, charge un traîneau d'une * demi-corde, ou de plus d'une voie de bois, se place dans les brancards, descend rapidement sur les rondins gîissans , et n*a qu'a peine le pouvoir de s'opposer à l'accélération de la vitesse avec laquelle le traîneau le poursuit. Il est curieux de voir un schlitteur descendre une côte rapide, mais on ne peut le suivre des yeux sans effroi ; s'il néglige un instant d'user de ses forces, il est vaincu par la charge qui le pousse, sa chute est néces­saire, le traîneau se "précipite par-dessus lui, le brise, et sa mort est presque certaine.
Au centre des forêts, se voient de notibreux châteaux forts, dispersés dans toute l'étendue des Vosges ; déplo­rables monumens des guerres féodales, ils servent au moins à rendre plus pittoresques les sites qu'on décou­vre du haut de ces montagnes. Quelques-uns de ces
Partie III.                                        B

( 7 bis,)
===== châteaux plus vastes, conservés pour la défense des Les Vosges, frontières; sont entretenus par le roi, occupés par des garnisons nombreuses ou seulement gardés par quelques invalides. Ces enceintes, ces fossés, ces ponts-Ievis, forment au tableau que je trace une ombre d'autant plus forte, que ces tristes demeures renferment des prison­niers d'état, et, qu'on ne peut écarter de soi cette idée douloureuse, que l'homme seul porte des chaînes jus­qu'au faî(e des montagnes, ce dernier asyle de la liberté.-La hache ci-t-elle détruit dans un canton jusqu'au germe des bois, de gras pâturages recouvrent bientôt la terre, de nombreux troupeaux y paissent au milieu d'une fouie de plantes (1); des fermes et des chalets, où tout respire la propreté, leur assurent un' asyle: des guérets fertiies et des moissons dorées décorent des lieux inaccessibles (2) à la charrue, et l'industrie des plus intelligens cultivateurs , les anabaptistes et les moines (3), féconde la terre jusqu'aux plus grandes élé­vations,
Les résidences de plusieurs princes souverains de l'Empire, celles de M. l'évêque de Strasbourg (4),enfin
(i) On en compte plus de quinze cent cinquante variétés.
(2} Sur toutes les grandes élévations et les pentes escarpées de ces montagnes , où il y a des cultures, la terre est labourée à la bêche. Dans plusieurs cantons , les montagnatds brûlent les gazons et les arbustes, et défrichent péniblement une portion de terrain pour jouir d'une ou deux récolter, et le laisser reposer ensuite neuf années. t              Cette espèce de culture a particulièrement lien au Ban de la Roche., 4
où ces terres, ain^i"cultivées , portent le nom de tripoux.
(3) Ils y cultivent du bîé noir, du seigle, de l'prge, du maïs, deô pomme.-; de terre et du trèfle                            1
(4} Sur une des Vo-gts df la haute-Alsace, pçjp de la ville de Ribcauvviller est située l'antique et pittoresque résidence de la maison

(8)                         ■ '
pins de soixante-dix chapitres et monastères sont dis- ^----------
perses dans l'es Vosges ; leurs vastes bâtimens avania- l-c* v° -geusement situés , forment (1rs masses saillantes sur les côtes qui dominent la plaine, comme siir celles qui régnent le long des vallées. Les chapitres des Vosges sont célèbres dans l'Europe. Le désir.de soutenir l'éclat des familles, y rapproche du montagnard, le plus simple, mais aussi le plus ignoré des hommes, ceux que les actions de leurs aucêtres, le temps et l'opinion ont le plus illustrés. '" ' ' .." "*
Les monastères ne sont pas les seules ressources que les Vosges offrent aux personnes religieuses; plusieurs de leurs chapelles y attirent en pèlerinage ceux qui ont des fautes à expier, ou des vœux à former.
Du sommet de ces montagnes on aperçoit moins
des Deux-Ponts. À l'entrée de ta vallée de la Brû'sch , ou de Schirmeck en basse-Alsace,'se trouve le château de Moufzig, maison de chasse de M. l'évêque de Strasbourg-; non loin est un grand parc iiioniucux , peuplé d^ cerfs et de sangliers. Peu au-dessous de Moufzig, une-partie cîes eaux de la Briisch, qui arrose la vallée de Schirmeck, forme-un canal, par lequel on conduit à Strasbourg des bois, di>s pierres de taille et d'autres matériaux. Plus au nord , et au pied de nos montagnes est le célèbre palais de Saverne, dont M. le car­dinal de Rohan fait reconstruire la superbe façade, plus magnifique qu'elle n'étoit avant d'avoir été incendiée. Le parc de Saverne, moins grand que celui,de Moutzig, est aussi moins monlueux : il renferme un haïras, une faisanderie, des roules bien percées, une foule de. daims , diverses pièces d'eau , mais sur-tout un canal ", long d'une lieuè, orné de cascades et d'un kiosque élégant construit] dans une île, et terminé par un riche village qui offre un point de vue q.i'on regrette au canal de Versailles.
Enfin, plus au nord et peu au-devant de la chaîne, est le château de Bouswiller, ancienne demeure de la maison de Hesse-Darmstadt.

( 8 bis.)
===== de torrens impétueux que de nombreux ruisseaux et Les Vosges, rivières qui, paraissant dans les vallées autant de ru­bans déployés au loin avec grâce, concourent à enri-?                 chir le délicieux pays qu'elles arrosent
Si la nuit, plus tardive, sur les hauteurs , investit tout-à-coup celui qui se fîôit encore, sur son élorgne-ment, si elle le surprend errant dans quelques gorges, lorsqu'il veut descendre dans ces charmantes vallées, des feux variés qui de loin se découvrent, déterminent ses pas incertains. Un œil exercé distingue aisément à la fixité de la lumière, à la couleur, à l'élévation des flam­mes et des ^étincelles, les fours à cuire de la brique et de la chaux) les verreries, les fourneaux et fonderies, et les fèu^4l'affineries si nombreux dans les Vosges. Plus d'une fois ces fanaux des vallées m'ont, dans une nuit obscure, préservé des précipices qui m'environ-noient, et m'ont indiqué Fasyle que je clierchois.
On voit dans les Vosges plusieurs lacs : du côté de l'Alsace les principaux sont îe lac de Baeîchen ou du ballon de Murbach, au pied de la montagne du même nom; les lacs noirs et blancs du val d'Urbeis et le lac de Diren dans le va! de Munster (1). Le lac de Baeîchen ou du ballon de Murbach, a cinquante-quatre'pieds de profondeur au milieu, et quatre-vingts à sa tête (2), Du côté de la Lorraine on remarque les lacs de
(i)La ville de Coimar a obtenu,en 1748,1e droit deconduireles eaux de ce lac dans la Fecht et dans le ruisseau du Moulin ^Muhlbach, lorsque ces rivières tarissent.
(2) Des vents yïolens firent* déborder ses eaux, en 1740 j la ville de Giiebwiller et le village d'Iseqheiin furent en danger.

Retournenier, de Longemer et de Gerardmer. Je ne nomme pas les étangs nombreux qui se trouvent dans les Vosges; plusieurs d'entre eux seroient assez vastes pour être considérés comme des lacs, si leurs digues étoient naturelles.
/.escarpes, les perches et les brochets que ces éta-ligs renferment, sont portés dans les réservoirs .du Rhin, et de plie, où on les fait dégorger, et au bout d'un mois., ces poissons ont si bien perdu leur goût bour­beux , qu'on les vend comme provenant des eaux vives de ces fleuves.
Les ruisseaux et les rivières des Vosges fournissent aussi des truites et des ombres ou umbles délicieuses, et des écrevisscs superbes. Je ne parle point des-pois­sons blancs qui *f abondent.           x
fè'ours, l'aigle (1) et le vautour ne désolent point le berger des Vosges ; leurs oiseaux de proie sont Fépervfer,'différentes espèces de faucons, la chouette et le hibou. Les loups ne s'y voient point en si grand nombre que dans les Pyrénées; la chasse y est moins pénible; le chevreuil s'y plaît ; sa ,peau est d'une utilité presque égale à celle'du chamois; mais la chair du che­vreuil est infiniment plus estimée.
Le cerf y est rare; l'ardeur'des chasseurs à Ié pour­suivre, en a presque détruit l'espèce.              /
* Le sanglier n'y est pas assez multiplié pour causer
—-------.------_—----___----------------\_-----__
(i) 11 n'est cependant pas sans exemple qu'on en ait vu qui ar>pa-renmient s'étoient égarés.

( 9 -bis. )
de grands dégâts; la peau du renard, celle de la loutre , Les Vosges. <ju cha+ sauvage, de la martre, des furets et des be­lettes, que rassemblent nos montagnards, leur fournis­sent un objet de commerce cie quelque importance. Le lièvre, rare dans les hautes Pyrénées et les Alpes, abonde dans les Vosges. Les ramiers de celles - ci sont les palombes des premières. Les bécasses leur sont com­munes. La perdrix blanche qui n'abandonne point les neiges, n'est pas plus belle qu'un coq de bruyères ; et les personnes accoutumées au gibier fin /préfèrent aux bartavelles des Alpes, les gelinottes de l'Alsace et de la Lorraine. -
Enfin, l'habitant des Alpes ne boit que les vins dé­licieux récoltés au pied de la pente extérieure des Vosges, où des ceps d'une hauteur extraordinaire don­nent au vignoble l'apparence d'un épais taillis.
Ne comparons pas l'habitant des Vosges au mon­tagnard des Pyrénées ; c'est au paysan des Alpes qu'il ressemble ; il a le même attachement pour le sol qui l'a vu naître; il est, ainsi que lui, grand et vigoureux, soigneux et propre, simple dans ses mœurs , confiant et hospitalier , intelligent et laborieux. Comme dans les x^ipes, il élève des bestiaux, recueille leur lait et leur crème, en fait du beurre et des fromages; distille le-fruit du merisier (i) ; file du coton et en fabrique des toiles. Comme dans les AIpes%, il porte chaque année, au haut des pentes, les terres que les
(i) Le produit de cette distillation est la Kirchenwasser.

( «>)
eaux ont entraînées au bas de ses champs : par-tout              . =
on admire le soin avec lequel il entretient des coin- Lts Vosges, munications; elles sont telles, que le charroi est géné­ralement établi d'un endroit à l'autre. Survient-il quel-, que orage qui dégrade les chemins, bientôt les dégâts sont réparés, ; et luttant ainsi constamment contre les irruptions des eaux, leur ennemi le'.plus redoutable, nos montagnards, savent les détourner avec une intelli­gence étonnante, pour féconder leurs prairies et les faire servir de moteurs aux différeras tournans des usines, si nombreuses dans les Vosges, quegj#<pïupaf t de leurs vallées n'offrent plus une seule chute d'eau qui soit libre. Quelque spéculation utile* détennine-t-elle à for­mer sur un courant un établissement nouveau ? On ne peut en exécuter le projet, qu'en s'emparant de la place d'un établissement plus ancien.
Jetons un-coup d'œii rapide sur les ateliers qui doivent leur activité aux rivières des Vosges, en passant sous silence ceux dont nous avons déjà fait présumer, l'existence. Ici de fortes scies débitent en flaches, en madriers, en planches et en lattes des pièces de bois énormes. Ailleurs des lames réunies dans un seul châssis, scient en autant de tables le marbre, le por­phyre et le granit. Plus bas la faîne, la noix, les graines de pavot et de navette ou çoisat , d'abord écrasées entre deux rouleaux, puis broyées sous des meules, pressées enfin par des coins qu'enfoncent des pilons, laissent couler ces huiles diverses, qu'on sert sur nos tables, ou qu'on brûle dans nos lampes et dont la pein­ture retire tant d'avantages.

( io Lis. )
^=^r~r=r-^= Telle est la rareté des chu les d'eau encore libres, que Los Vosges, souvent le même courant sert à moudre la farine et que la mouture de ht garance suspend la fabrication des huiles.
La racine des garances est séchée dans des étuves chauffées par des fours construits en berceau et en spi­rale, et /ormes par l'assemblage de quelques milliers de ■ petites caisses de terre cuite. On étend la racine sur plu­sieurs étages de planchers, formés seulement de lattes peu espacées. Lorsque les racines de l'étage inférieur, îe pius,près des fourneaux, ont perdu toute leur flexibilité, qu'elles craquent et cassent dans la main qui les ma­nie, ou les sort de Fétuve r ?t celles qui éloient éten­dues au-dessus viennent les remplacer. Le fléau brise et réduit en brins les racines séchées,. et quand l'ouvrier a fini de les battre, il en sépare par le crible et le triage à îa main, tout ce qui leur est étranger. Ainsi préparées, un cylindre de fer hérissé d'aspérités, et qui tourne rapi­dement sur son axe, enlève à ces racines leur épidémie qui fournit au commerce ie son de garance. Cette opération faite, on étend ces brins dépouillés, sur une toile qui recouvre un four construit en dos d'âne, où le itu est vivement poussé; parfaitement séchés ces brins passent une première fois sous les meules, qui écrasent la partie e^érieure et charnue, qu'on enlève et qu'on met à part sous le nom de garance robbëe. Alors il ne reste plus que la partie ligneuse du centre, et celle-ci, pulvérisée à son tour, donne la fleur de
garance.
Dans d'autres vallées les maillets et les couteaux de

(11 )
papeterie, triturent et affinent des drapeaux ou chif­fons.
Près de-là, une multitude d'énormes tenailles et de tourniquets forcent le fer à traverser des filières pour le convertir en fil de tout calibre.
Plus loin, l'eau fait mouvoir tes marteaux de fabriques de fer-blanc.
Ailleurs encore, les boccaids et les lavoirs préparent à la fonte les minerais divers, et trois marteaux d'une forme différente, levés parle même arbre, convertissent le cuivre rosette en feuilles minces et. unies et en coupes dont on façonne, dans les villes, des chaudières et d'autres ustensiles.
Enfin dans une de ces vallées, une foule de meules est employée à fabriquer, pour le Roi, des armes blan­ches , et difFérens outils qui servent à la guerre.
Tous ces objets réunis, des routes superbes (i), qui suivent le pied des Vosges, d'autres qui les traversent par des coudes et repiis formant des rampes douces qui dominent Tune sur l'autre, des ressources de toute es­pèce, de bons gîtes, des chevaux qu'on peut se procu­rer presque par-tout ; ne devroienl-ils pas engager les citoyens, et inviter les étrangers même à y diriger leurs courses et leurs voyages. Lçs uns apprendroïent à ne pas regarder comme des beautés particulières à la Suisse y
(i) On compte dans les Vosges treize grandes routes : savoir, celles de Giromagny , de S«iint-Aniarin , du Val d'Orbe, du Val de Munster, de Sainte-Marie-aux-Mines, du Val de Ville , de celui deSchirmeck, de Dabo, de Saverne , de Rorbach , enfin celles de Niederbionu et tic YVcissembourg h Bitche.

( il bis. )
celles qui sont si universellement répandues dans les Lt-3 Vosges. Vosges: les autres y tronveroient une instruction né­cessaire : ils y prendraient une idée de toutes les branches d'industrie qui peuvent fleurir par les soins des montagnards.. La culture , plus rare dans les montagnes que dans la plaine, laisse des bras libres qu'on peut employer avec avantage: en hiver sur-tout, il n'y a point de travail pour leurs liabitans. L'argent y étant moins commun, le prix des journées y est aussi plus bas. Je me bornerai à citer quelques exemples frappans de l'étendue qu'on peut donner dans les montagnes aux fabriques qui exigent beaucoup de main - d'œuvre. A l'une des extrémités des Vosges (i) , est une vallée en­tière qui ne tire sa subsistance que de la fabrication de carrés de clefs de montres. L'aptitude de ses habi­tants pour ce genre de travail, est telle , qu'ils mettent dans le commerce ce petit meuble à un prix dix-huit fois inférieur à celui auquel nous l'achetons en détail, quelque modique qu'il soit (2).
Le travail, en petit, de l'acier et du laiton , leur est si familier, que plusieurs d'entre eux en font, comme à la Chaudauve , toutes les pièces d'une pendule , qu'ils savent même les assembler, . et fournissent de cette espèce d'horloges , le pays d'alentour. Un seul regard favorable de l'administration, fèroit bientôt partager
(1} Cette vallée est celle de Planchez-les-mines qui forme du côté de la Franche-Comté, le versant opposé aux montagnes d'Auxelle-haut près Giromaguy.
fi) Ils vendent 55 sous la grosse de douze douzaines de carrés de clefs, tandis qu'avant eux on l'achetait 8 à 9 livres de l'étranger.

/ " /          ( 12 )
a/cette vallée le commerce d'horlogerie de la princï- - ■ -------
pauté de Neufchâtel, vu elle a puisé le^ éléinens de Les Vosges.
/-■ cet art.
' Par une singularité remarquable, les verreries pla­cées à l'extrémité opposée des Vosges , fournissent le royaume de verres de montre, qui, polis et taillés, ne se vendent que 21 à 22 livres le mille , ce qui ne fait pas six deniers la pièce (1).
Les SuiS5es,\nianqnaTTt"dcr^)ras, ont établi dans les Vosges la filature- du coton : dans plusieurs de leurs vallées , c'est la Wuleoccupation des femmes- et "des enfans pendant l'hiyer ; chaque individu gagne depuis cinq jusqu'à dix sou\ par jour* suivant le degré de per­fection qu'il atteint ;çm en fait dans différens endroits des toiles superbes et^e la mousseline, et il s'en faut bien que nos montagnards puissent suffire à la consom­mation des belles fabriques d'indiennes de l'Alsace , à l'établissement desquelles tes progrès de la filature ont donné lieu. Sans cloute les assemblées provinciales éta­blies en Lorraine et en Alsace , vont fixer leurs regards sur ces objets divers ; sans doute elles s'empresseront de répandre dans les Vosges ces métiers , qui augmen­tent si considérablement Je produit de la filature; sans doute leur œil vigilant va s'étendre sur tous les genres de cultures et sur toutes les parties des arts utiles.
Dans la description que je vais donner des gîtes de minerai et des bouches à feu de l'Alsace, je suivrai
(?) "Voyez ci-dessous,pag. ?>6(i el ,'x5y , à l'article de la vprre-ue de Wingen , et dans la cinquième partie ceux des verreries de Mey sent bal et de Gœtzcnbruck en Lorraine.

(12 bis. )
--------;—=: ces montagnes du sud au nord ; je les quitterai peu , et
Los Vosges. sj j'en sors quelquefois , ce ne sera que pour m'arrêler dans les collines calcaires qui sont au-devant, ou pour faire vers la plaine des excursions, qui m'y ramèneront toujours.
Forge de Vab- C'est au-dehors des Vosges, dans le Sundgaw (1), fort deLucelle. avant tjans ja piajiie, qu'e toit placée la forge de Luceîle, de 1 ,-ica- je prenijer objet dont je doive faire mention , d'après
e -, V TG.
l'ordre que je me suis prescrit. Cet établissement, qui
n'existe plus, étoit auprès de l'abbaye de ce nom qui se trouve à l'extrémité la plus méridionale de l'Alsace, à 11800 toises sud de la ville d'Altkirch et à sept à huit lieues sud-ouest de Hunïngue. Cette abbaye avoit obtenu , au mois de février 1681 (2), des lettres-patentes registrées au Conseil souverain d'Alsace le 24 mai suivant , portant permission d'établir des usines à fer dans ses dépendances. Elle n'a pas joui long­temps de cette faveur : soit que ses bois n'aient pas suffi à leur aliment , soit qu'elle ait trouvé, pour eux des débouchés plus favorables, il y a long-temps qu'elle en a fait cesser le travail.
Martinet de Lucelîe dépendoit autrefois du comté de Ferrette , Redersdorff. cjans lequel nous passons, pour parler d'un martinet établi au village de Redersdorff, distant de Ferrette de 1000 toises , et de Lucelie de 0400 toises N. E. Cet atelier peu important, renferme deux feux, et ap­partient à trois ou quatre paysans de l'endroit, asso-
(1) Le Sundgaw comprend principalement les bailliages de Ferrette, Thann , Altkirch et Landser.
(2)  Voyez le recueil des Ordonnances d'Alsace, loin, i , pag. 100.
cîés

ciés pour ce travail: ils y refondent eux-mêmes de '—.....----------
vieux fers, dont ils font des outils de charrue, et des Martinet de
,                                          i                     -v,              1-1                ■Redorsdoiff.
bandes en paquets pour les roues. Nous n évaluerons pas en détail le produit d'objets aussi peu considéra­bles ; nous les porterons seulement en masse dans le tableau que nous joignons à cette description.
L'usine la plus voisine de ce martinet est la forge Foige de 6e'-de Sépois-le-haut, éloignée de RedersdorfF de 7700 p<>^-le-l».<ut. toises O. N. O. paroisse de Sépois-le-bas, seigneurie de Dattemïed ou de Dell , bailliage de Belfort. EHe appartient à la veuve de Philippe Regard , du même endroit. Elle est affermée pour trois cents livres à Lau­rent Giro et consors. De ses deux feux , l'un qui. sert de renardière et nouvellement construit sans lettres-pa­tentes, travaille de la ferraille qu'on achète à six livres le cent ; l'autre , destiné au martinet, convertit en petit fer, le fer en barres qui provient de l'affinage de la ferraille , et celui qu'on prend à la forge de Sépois-le--bas. La toise de bois de quatre pieds de taille sur six de long et six de haut , y coûte dix livres. Le charbonnier en emploie deux pour la banne, dont on lui paye trois livres de façon , sans compter la voi­ture qui'revient au même prix.
A cinq cents toises N. 0. seulement de la forge Forge de Sé-de Sépois-le-haut., est celle de Sépois-le-bas, paroisse Pols"l<?-bas. du même nom , subdélégation de Dell. Elle appartient à M. Surteau , associé en commandite de M. le baron de Landeberg, seigneur de ce lieu. Cette forge, qui étoit établie avant la réunion de. l'Alsace à la couronne, n'a par conséquent pas eu'besoin d'être autorisée-par lettres-patentes. Elle est composée d'une aflïnerie et

( >4 )
============= d'un feu de martinet : sa fabrication monte à cent
Forge de Se- quatre-vingt milliers à-peu-près. Ses fontes , qu'elle tire
v°la" e" as* du fourneau des Travaux en Franche-Comté, lui revien­nent , rendues sur les lieux, à quatre-vingt-trois livres. Il s'en consomme environ deux cent cinquante milliers. On compte à cette usine treize cent cinquante livres de fonte au mille de fer, et quatorze cuveaux de charbon, dont l'approvisionnement total peut aller à deux cent quarante bannes. La banne, de cent pieds cubes et de douze cuveaux, revient à vingt-quatre livres. Les seigneurs de Marimont et les particuliers voisins fournissent les bois dont on cuit ces charbons ,' pour lesquels on ne brûle que-des fagots xie hêtre et des re-manens de sapins.
Cette forge occupe trois affinenrs forgerons, deux martineurs, deux goujats et un charpentier. Les gros fers se vendoient en 1780 (1), seize livres-le quintal ; les fers martinets ordinaires dix-neuf livres; et la verge crénelée vingt-une livres. En prenant dix-huit livres dix sous pour le tenue moyen des diflerens prix , on trouve que les cent quatre-vingt-cinq milliers de fers fabriqués à cette usine, produisent trente-trois mille liv. à-peu-près. Son débit a lieu principalement dans le Tirol , à Constance, et le propriétaire se propose de l'étendre jusqu'à Cologne : d'ailleurs une partie de ces fers est convertie en outils de charrue. Le maître, qui est sur les lieux, dirige lui-même les travaux. Les bois dans cette partie renchérissent considérablement
(1) Tous les prix que nous établissons dans cet ouvrage, sont ceux de 1785, époque de notre tournée en Alsace.

par leur exportation en Suisse. MM. Chardouilïet et = compagnie , négocians de Belfort, y vendent, dit-on, For^ de Se"
i " i             «i-i           j            'J             . pois-le-ba*.
tant en planches qu'en bois de corde, pr-es de quatre mille toises par an.
Avant d'entrer dans les Vosges, et de suivre cette chaîne de montagnes vers le nord, je parlerai encore de différens objets de minéralogie, qui se trouvent dans les collines calcaires de ce canton, près des usines dont je viens de rendre compte.
^^ quinze mille toises au sud de la ville d'Altkirch , Mine depcnoU» dans le territoire du village de Hirtzbach, qui appar- dc Hlrul)atl» tient a M. le baron de Reinach, on rencontre des sources où surnage abondamment du pétrole noir. Ce village est à quatre mille toises N. N. E. de-Sépois-le-bas ; ces sources bitumineuses se trouvent aune petite distance au sud de Hirtzbach, sur les deux .rivesdu ruisseau nomméOehlbach (1), 11 y a trois ans que Hartmann, habitant d'Altkirch, commença à faire tirer par un puits des pierres de sable à côté de l'une de ces sources, qui est située sur la rive droite du ruisseau. On m'a assuré que ce puits, actuellement rempli d'eau, avoit environ trente pieds de profondeur ; que la pierre de sable que ce particulier en avoit extraite étoit noirâtre, et qu'au moyen de fébullition dans l'eau, on^n avoit retiré du pétrole. L'homme qui avoit commencé cette entreprise, mourut trois ans après.
Les pierres de sable que j'ai vues auprès de ces fon­taines, à la surface du terrain , sont grises , et sentent le pétrole. Je ne doute pas que si Ton fbuilloit, on ne
(i) Ruisseau à huile.

(16)                                                                         ■ -^
===== trouvât des couches de sable ou de pierre de sable* MinedeHiriz- pius mo]jes, assez chargées de pétrole pour y établir
bach.                                     ...              .                        %          .
une exploitation qui pourroit devenir aussi avanta­geuse que celle de Bechelbrunn en basse Alsace, dont je rendrai compte dans la suite de cet ouvrage. Il n'est pas inutile de remarquer qu'en certains temps, l'huile surnage en plus grande abondance sur l'eau de la fontaine. Les gens de Hirtzbach la recueillent alors, et la conservent pour remployer.à guérir les plaies.
Altkirch..         Le bailliage d'Altkirch, qui appartient à M. le duc
de Vaientinois, renferme plusieurs substances bitumi­neuses (1). Nous avons déjà indiqué la distance de la ville-de ce nom au lieu que nous venons de quitter.
Mine de char- Le juif Leysler avoit fait une fouille de trente a qua-bon duRocken- rante toises sur une petite veine de charbon, d'environ
erg près A - ^çux pOlIces d'épaisseur, située à la montagne de Roc-kenberg au Closterwald ou forêt de Saint-Morand, près la fontaine de Waldbruder, à un quart de lieue au sud de la ville d'Altkirch. Cette veine est couverte d'une couche de schiste argileux, sur lequel repose du grès calcaire. Ce travail étoit comblé: n'ayant rien pu'y voir, je me borne à l'indiquer.
M. Lorentz , receveur d'Altkirch , avoit aussi fait effleurer le terrain du côté opposé de la ravine, dans
(i) Ou trouve près d'Allkirch , dans le vallon de Hunf zbach, auprès d'Aschbaeh, une source qui exhale une forte odeur de soufre, ou plutôt fétide. Elle coule sans inîermission , prend son nom du village auprès duquel elle est située, et ses eaux sont réputées salutaires pour les maladies. On en voit «ne semblable à Biotzheim , village qui n'est guère qu'à 5 à 600 toises E. de Huntzbach, et près de Baie. Guerin , de Fontïbus nuilcaùs Alsatia, p. 3 et q.
laquelle

( >7 )
laquelle se trouve la fouille précédente. On en a extrait de la marne noire bitumineuse, dont il s'est ser\i pour
engrais.
Au nord d'Altkirch , et à dix-neuf cents toises, de cette ville, est le village de Luemschwiller, dont M. de Reinach est seigneur? Caspar, l'un des habitans de ce' village, assure avoir trouvé une veine de charbon au- Mit;rd<> J..n-dcssous'de sa maison, auprès de la montagne cTHefujih. hon <{ !^luiî!i-Je n'ai été instruit décote pré.tendue'décou verte qu'après Ct"t{^' <--CJ-mon départ d'Ilefurth (1). Je rn'étois rendu à ce village, Jo]['"'^ ■situé à deux mille quatre cents toi ses au nord d'Alikirch, et dépendant de ce bailliage, pour voir remplacement de fouilles faites aussi sur- du charbon de terre. Elles sont au bas de la montagne de Lételle dans le" ravin nommé hamm ou chemin creux. Les travaux consis­tent en une galerie qui étoit comblée : on m'assura qu'elle avoit près de trente toises, que-l'épaisseur de la veine de charbon n'excédoit pas trois pouces, et qu'elle se trouvoït sous une couche de schiste argileux, épaisse d'un pouce seulement, et recouverte d'un banc degrés calcaire. On a poussé cette galerie sur une heure et demie septentrion. Le charbon étoit,dit-on, d'une bonne qualité, et la puissance du filon n'a jamais varié. On a toujours suivi la même veine, sans sonder la profondeur;
Ici la position des lieux m'oblige de rétrograder un peu, et de me porter à douze mille cinq cents toises au sud-ouest d'Uefurth ,, pour faire connoître
(t) Dans une prairie, près de Rixîieim qui fait partie de la terre de Landser, il y st une fontaine dont l'eau est légèrement salée. Rixheim est distant d'à-peu-près 4a oooo toises vers le N. E, d'Uefurib. Guérin , ouvrage cité , pag. 6.
Partie 111.                                         G

====== plusieurs établissemens considérables, qui sont situés
Forge de au-devant des Vosges. Telle est la forge de Grandvil-
Gvandvillàrs. i         /•- ,.                       »                            .                 -n
Jars. Cette usine, quon rencontre a sept mille trois a. esaet ca- cen(s tojses 5^ £ Je Bel fort, est située sur l'Alain,
demie, nc. 140,
tbi.. 49.             et dans la terre de Grandvillars, appartenant à M. le
marquis de Peseux. Elle est affermée pour là somme de mille deux cent dix-huit livres, et une redevance annuelle de deux quintaux de fer et de cinquante livres de clou à M. Laurent,, de Moyoncourt en Franche-Comté. Celui-ci s'est associé MM. Bouchotte et Stéhélin, avec lesquels il est en grande contestation. Ateliers,             Cette forge consiste en deux affinages, un martinet,
et une tréfilerie de vingt-cinq tenailles établie depuis deux ans sans lettres-patentes. M. krtnarqiïis de Peseux s'éloit obligé envers le fermier de solliciter la permis­sion d'établir celte tréfilerie, qui étoit déjà bâtie. Il s'étoit aussi engagé à faire tous ses efforts pour obtenir des privilèges à cet établissement. On emploie à cette on'e#           usine environ deux cents* milliers de fonte , dont le
fermier prétendoit ne consommer que mille deux cent cinquante à mille trois cents livres au mille de fer. Ses ateliers sont disposés de manière qu'on pourrait y affînercnviron six cent mille livres de fonte. Les gueuses se tirent de Eranche-Comlé , et leur prix d'achat a été, jusqu'en 176a, de 60 livres le mille, auquel il faut ajouter au moins 20 livres (1) pour le transport et les
(t) Suivant une lettre que m'écrit M Noblat, en date du 10 avril 1788,le prix des fontes, tirées de Franche-Comté, a augmenté progres­sivement au point qu'il est aujourd'hui de 90 à 100 livres le millier. Cette observation peut s'appliquera tous les établissemens qui tirent leur fonte de cette province.

( '9 )
droits de sortie de Franche-Comté, d'entrée en Lorraine, = de marque de fer, et encore d'entrée en Alsace. Il t*n résulte sensiblement que la fabrication du gros fer de­vient impossible, parce que la fonte revient trop cher. En conséquence, on est forcé de faire du fil de icv. Pour y parvenir, on commence par affilier la fonte et par étirer le fer en barreaux. Les extrémités de ces bar­reaux ne peuvent élre/ilés: on coupe les deux boiyK. qui font à-peu-près le tiers du- barreau. C'est a\ec ces) *bouts seulement qu'on fabrique , non du gros fer, mais des fers martinets du prix de iqo livres le mille. Les milieux des barres son^onvertis en fil de fer de toutes les proportions, jusqu'aux dix-plomb (i»J. On compte I dix-huit cuveaux de charbon au mille de fer forgé. Le ^cuveau est de trente-neuf pouces'de longueur, de vingt-un pouces et demi de largeur, et de dix-huit pouces trois quarts de profondeur. M. le marquis de Peseux fournit au fermier mille deux cents cordes par au, au prix de oo sous chacune. La mesure de ces cendes est de huit pieds de couche, quatre pieds de haut, sur trois pieds et demi cfe longueur: on en compte quatre à la banne de charbon ; il en coûte 2tf sous pour couper et dresser une corde, et 3 livres de charbonnage par banne. La fabrication actuelle ne consomme guère que six cenls cordes.
Il y amaintenantà.la forge quatre forgerons et quatre
martineurs. La tirerieoccupe environ dix-huit ouvriers :
elle en pourrait employer'quarante. Les forgerons sont
. payés à raison de huit livres du mille pesant onze cents.
(i) Ce nom se donne aux fils de fer de l'un des plus petits calibres.

—----------- La fabrication actuelle en fil de fer à cette usine,
o.ge <e          jt moi,ier £ sept mîHe bottes, de dix livres Tune,
Grandviliars. r                                r                            '                                     7
lesquelles, au prix moyen de quatre livres douze sous, donnent environ 3o,ooo livres de vente annuelle,
. .Contestations , M. le .marquis de Peseux a sollicité la permission ■de faire construire dans ses usines de Grandvillars, la tirede de fil de fer dont nous venons de rendre compte, en -remplacement de c^lle qu'il dit y avoir été ancien* nement établie par M. de l'a Bazinière, aïeul de la dame son épouse, et transportée ensuite à Morviïlars. II a demandé aussi, pour.l'exploitation de cette usine, les prérogatives, exemptions , immunités et autres droits, * '-            dont jouit la fabrique de Morviïlars,et particulièrement
            qu'elfe demeurât exempte des droits qui se perçoivent
sur les fils de fer, provenans de la fabrique, à leur entrée dans le royaume, et à leur exportation. M. le marquis de Peseux a observé que son usine étoit de la plus grande utilité, puisque les fàbricans du royaume ne fournissoient pas à beaucoup près la quantité de (il de fer nécessaire, et qu'on étoit obligé d'en tirer d'Alle-é magne, de Suède, de la Russie, de la Prusse et de la Suisse. La seule ville de Lyon fait venir chaque année au moins quarante milliers de de fer de la Suisse. Il a ajouté à toutes ces demandes celle de la démolition des nouvelles forges de M. Noblat. Le fermier retient même entre ses mains plusieurs canons, pour obliger
____________le Seigneur et ses héritiers à suivre ces différentes con­testations. M. Noblat, seigneur de Morviïlars, assure de son côté qu'il n'a jamais existé à Grandviliars une usine en fil de fer; que la tirerie, les renardières et martinets de Morviïlars ont été établis au commencement de ce

t                            ( 21}
siècle par M. de la Bazinière ; que le premier bail de ■■ .la tirerie, passé en 1712, qui justifie de cet établis- ForS*' de sèment, constate en même tems qu'il y avoit à Grand- Grandvillars-villars de? forges et martinets, et point de tirerie à y fil de fer; qu'en 1718 et 1729, on y plaça quelques tenailles ; que ce ne fut qu'en 1732 , que M. de la Bazi­nière eut recours au gouvernement, et obtint des lettres-patentes , dont la teneur prouve que la tirerie étoit établie à Morvillars,etne le "ruTjâmais à Grandvillars-; que, par un partage du 27. janvier 17S9, il échut à M. le comte de Vidampierre la terre de Morvillars, ainsi que la tirerie dépendante de cette terre, avec les privilèges, franchises et exemptions accordées par les lettres-patentes de i?32 ; queTextrait de lacté prouve ce fait ; que le contrat de la vente faite à M. Noblat, le 3 avril 1709, porte nommément celle de la tirerie à fil de fer, avec les privilèges et exemptions accoudés à cette usine, qui passeront au profit de l'acquéreur; que cette partie est un des objets les plus considérables de la vente, puisque la tire ri e est entrée dans le prix pour 66400 livres , qu'enfin M. de Peseux a accédé lui-même au contrat, et la garanti dans son étendue, ainsi qujl est aisé.de s'en convaincre par l'extrait de cet acte. KÎTNobJat prétend aussi que les usines ù iil de fer, établies dans les différentes provinces du royaume, sont plus que suffisantes pour le besoin de l'intérieur, et que si nos négocians en tirent encore de l'étranger, c'est pour leur faire passer les. mers ; que, par conséquent, il ny a plus lieu d'accorder de nouvelles exemptions, puisque celles dont jouissent les usines de M. Noblat, ne leur ont été octroyées que parce quelles étoient le

Forge de Grandvûtlars.
premier établissement de ce genre dans le royaume. Eu conséquence de ces dilférens moyens, M. Noblat a formé opposition à la demande de M. te marquis de Peseux, et Taifeire est liée au conseil.
A la distance de deux mille cinq cents toises N. O. de l'établissement dont je viens de rendre compte, et à cinq mille trois cents toises S, E. de Belfort, sont situées les forges de Morvillars, paroisse du même nom, subdélégation de Belfçrt. Elles appartiennent à M. Noblat, qui les a acquises, comme nous venons de le dire, par contrat du 3 avril 1759. Cette usine a été originairement établie sans autorisation positive du gouvernement: son premier titre est un arrêt du conseil, du 3 juin 1732, revêtu de-4#ttr£Srpatentes du 4 août suivant, dont le dispositif suit: » A ces causes, de » l'avis de notre conseil, qui a vu ledit arrêt du 3 juin » dernier, dont l'extrait est ci-attaché sous le contre-» scei de notre chancellerie , nous avons, confbrmé-» ment à icelui , ordonné, et ordonnons par ces pré-» sentes, signés de notre main,qu'à l'avenir, les fils de » fer de la manufacture de l'exposant, établie à Morvil-» îars, seront et demeureront exempts de tous péages » à nous appartenais, en Alsace. Franche-Comté et » Trois-Évêchés, ensemble de tous droits dépendans de « nos fermes, à condition que lesdits fils de fer, des-» tinés pour entrer dans le royaume , ne pourront y » entrer que par les bureaux de Sainte-Menehould, « Saint-Dizier, Nettancourt, Faybilbt, Bourbonne , » Pontaillé et Auxonne ; qu'ils seront mis dans des fu-« tailles , marquées d'une marque à feu de l'exposant, » dont il sera par lui déposé une empreinte dans chacun
Forge de Morvillârs.
Titres.

( . «3 )
» desdits bureaux; et. encore à condition que Iesdites ■ ■■ . — » futailles seront accompagnées de certificats de l'ex- For^i- de
3                , ,           .                   . . - , Morvillars.
» posant, ou de ses préposes, qui seront vises par le » commis du bureau des péages établi audit lieu de »' Morvillars, portant que les quantités de fil de fer » contenues dans les futailles ainsi marquées , provien-» hent de ladite manufacture, lesquels certificats seront « remis dans les bureaux ci-dessus désignés, pour, » iceux rapportés, être du montant desdits droits tenu » compte à l'adjudicataire de nos fermes, sur le prix » de son bail; et encore à la charge par l'exposant, » d'entretenir trente ouvriers travaillant dans ladite ma-» nu facture. Enjoignons aux sieurs intendans et com-« missaires départis pour l'exécution de nos ordres » clans la province d'Alsace, de tenir la main à IVxé-» cution dudit Arrêt et des Présentes. Si vous mandons, » etc. Donné à-Versailles, le quatrième jour du mois >5 d'août, Tan de-grâce mil sept cent trente-deux..«
» Registre es registres du conseil souverain d'Alsace, » suivant l'arrêt rendu en icelui, le 3o août 1732.. Colla-» lionne, signé le Febvre. « Au bas de l'arrêt se trouve l'ordonnance de M. l'intendant d'Alsace, pour l'exécu­tion dans" cette province dudit arrêt et des lettres-patentes, selon leur forme et teneur.
Un second arrêt du 27 janvier î?33, rendu sur requête, a ajouté aux bureaux désignés par l'arrêt clu 3 juin 1~32, ceux de Cuiseau et de Longe-pierre, par lesquels les fils de fer de la manufacture de Morvillars pourront passer en exemption de droits, de même que par les bureaux désignés, en observant, par le proprié­taire de cette manufacture, les mêmes formalités, et aux

Forges des Morviliars.
(H)
mêmes charges, clauses et conditions que celles portées audit arrêt du 3 juin iyo2. Cet arrêt a été revêtu de let­tres-patentes, le 9 mars 1733. Les fils de fer de ladite manufacture passent également en franchise des droits, à la sortie du royaume pour l'étranger, par décision du conseil du 10 février 1761. Enfin un dernier arrêt sur requête, en date du 23 juin 1772, » permet au sieur » Noblat d'établir dans sa terre de Morviliars en Alsace, » des forges , fourneaux, usines, et de former tous » autres établissemens propres à la fabrication Vies .» aciers, pour employer les bouts de barreaux quc^n » ne peut mettre en verge, et les bouts de verges qu'on » ne peut pousser en tirerie, sans que ledit sieur Noblat » puisse être assujetti à aucun droit, pour raison des » aciers provenant desdits établissemens. Voulant Sa » Majesté, que les lettres-patentes des 4 août 1732, et » 9 mars ij?j'*U portant que les fils de fer des manufàc-» tures du sieur Grandvilfars, seront et demeureront » exempts de son péage et autres droits à elle apparte-» nans, soient exécutées selon leur forme et teneur pour » les aciers qui proviendront des usines du sieurNoblat, » aux charges et conditions y exprimées. «
II y a en tout à cette usine vingt-deux tournans. Elle est composée de deux feux d'affinerie, destinés à fabriquer quatre cents milliers de fer en barreaux, pour alimenter la tirerie et d'un feu de martinet servant à réduire les barreaux en verge de tirerie. Comme les bouts des barreaux ne sont pas propres à faire du fil de fer, ils emportent un quart de diminution sur la totalité; reste trois cents milliers, dont il faut encore soustraire le tiers pour le déchet; ainsi le produit en fil de fer
assorti,
Ateliers.

( =■■; ) . . ■
IL
assorti, n'est annuellement (pie il: deux conis milliers. --■.-___-........;.^
On voit à cette manufacture deux grands bâumens , For,u<> <ir dans lesquels sont renfermées les lireri.es, qui coniieu- ' on\ nent cinquante tenailles, l! va aussi une clouterie vt mie chaînerie, composées de dix ateliers; usines destinées à consommer les bouts et rebuts d'un martinet, qui devoit fabriquer les outils de toute espèce . que Ton lire de l'étranger; niais il ne rouloit point encore en i?<>.>, et l'on n'a fait aucune des dispositions nécessaires pour le mettre en activité. Un autre martinet devoit aussi fabriquer des aciers de cémentation, d'après l'enga­gement que M. Noblat en avoit pris par la requête, sur l'exposé de laquelle il obtint l'arrêt ci-dessus rap­porté. M. Noblat s'étoit aussi proposé de monter une fabrique de limes ; et d'après des états par \\ii remis à M. l'intendant, elle devoit être composée d'une roue propre à faire agir cinquante marteaux ensemble et autant de rabots, disposes de façon à-fabriquer par jour '■         ^ .
cinq cents limes de différentes qualités, I/artisîe. qui devoît entreprendre cette machine, avoit, disoit-on, acquis ses connoissances en Angleterre , où il avoït travaillé vingt ans. On devoit construire aussi des fours à réverbère pour le service de ces nouvelles usines, qui n'existent pas encore.
Après avoir parlé des titres de cette usine, détail- Droits qu'elle Ions maintenant les objets de sa fabrication. Les fonte? ac(lulllc: se tirent de Franche-Comté. On en consomme par <u\ environ cinq cent soixanlemillc livres pesant. Elles paient les droits suivans; savoir au bureau de Ronchamp , en-sortant de la Comté, par quintal, la somme deJ sous 6 den. Les dix sous pour livre, 1 sou 9 den. L'entrée
D

=•--—---== d'Alsace par quintal, S sols. Ensemble 10 sols 3 de-l-or»e de niers (i). On paie en outre au bureau de Ronchamp,
Mot-1, iilat'5.                                |             i '/- î •                   i                     , i. .
un acquit de 7 sols 6 deniers par chaque expédition. M.Noblal sollicitoit la suppression des droits de sortie de Comté et d'entrée en Alsace, sur les fontes qu'il tire de la première de ces provinces.
Boisetcliarbun, La consommation en charbon de ces forges va à quatre cents bannes. Celle en bois monte à seize cents cordes. La corde est de huit à neuf pieds de couche* quatre pieds de haut, sur trois pieds et demi de longueur ; .mais si Ton parle de-cordes char­bonnières, il n'en entre que deux et demi, ou.tout au plus trois-cordes dans la banne, composée de douze eu veaux. Cette banne revient environ à 10 écus.
(1) Voici un étal di's droits que paie aujourd'hui M. Noblat , et qu'il m'a envoyé par sa lettre,1 que j'ai citée plus haut. "Voyez ci-dessus ? pag. 18.
Péages et Droits,
Que sz/pportr Vusint de 'Monilutrs pour ses
approvisionemois et j abri cations.
Savoir:
liv. sous.
Sur les charbons , entrée d'Alsace par voiture , le
double que ci-devant , ci......................... r
Sur les fontes, sortant de Coaité, par                       \
millier, ci....................-••- 3                  C 5 10
Entrée d'Alsace, ci.............. 2 10           >
Les fils de fer , tous destinés pour Paris et Lyon, en
rentrant , paient pour marque de fer , ci............ 12 io
Autres droits , ci.........,................... s6
Ils paieat de plus , pour droits de Parisy ci, ...... 28
II en4|j|ulteque les charbons, et les fontes converties en fils , paient un double droit.

La fabrication du lil de 1er est de (kux. cents milliers ou de vingt mille bottes ; ainsi en prenant 4 livres 12 sons pour prix moyen, il s'ensuiuoit que Morviliars vend par an pour 0.2,000 Ii\rcs de (il de îèr (.1).
Les difierens ateliers emploient cent vin^t ouvriers, Ouvrirr» et avec les femmes et les cnfàns, ce nombre s'élève %à deux cent trente-quatre. Ici , comme à Grandviilars, les forgerons sont payés à raison de o l:\res le mille de fer de onze cent*-pesant.
La rivière'-d'Alain, qui traverse les seigneuries de Grandviilars et de Morvïllars , fait rouler les usines dont nous venons de parler. Les habitais de Grandvil-lars ont fait sur cette rivière des entreprises , qui gênent le cours des eaux, et qui font un tort considérable aux usines. Les seigneurs ont fait des réclamations , et la cause est liée au conseil souverain d'Alsace.
(1) Je crois uîile de placer Ici une copie du larif,  imprimé'des dif­fère n s prix des fils de fer, pris au magasin de Mon il Jars. La boîte de dix livit» pesant :
Siv. so.us,.la botre.
N'\ 1 et 2...........................     6
3 et 4...........................     5 1-
5 et 6...........................     5 5
7 et 8.......................,. . .     5
9 et 10......... . ..,......-. .......     4 j5
11 et 12................ ...........    4 j
i3 et 14...........................    4              ;
iS et 16........................T. .     3 10
17 et 18____.........'....,■.........     3 5
Ï9 et 20.......... ,___..,...,.,.,,     3
21 et 22.....................___, ..     i ï5
Passe-perle )
ii cinq-plomb ?■..................,...........     (y t0
au plus fin. *

( 28 )
—" M. Nobîat est obligé d'avoir recours à la Franche-orge de Comté, pour une quantité de deux ceaLs voitures*de
Morvillars.                          l                    l                                    ?         '
charbon par an. Suivant le tarif et le jugement con-•Co:itc«taiîons. tradicloire de M. Dangeviliers, du 19 février 1718, il a payé jusqu'à présent pour le droit de péage, qui se perçoit à l'entrée de l'Alsace, par la-ferme générale eu régie pour le compte du Roi, douze creulzer par voiture, prix.qui fut alors proposé par le fermier au lieu de cinq pour cent de la valeur des marchandises, ce qu'on a constaiimient suivi depuis.
Le directeur des fermes de l'Alsace, pour faire augmenter ce droit, a argumenté du même jugement, portant que , conformément a l'article sixième du titre premier de l'ordonnance de 1687 sur le fait des cinq gros­ses fermes, les droits du Roi sur les Çgharbdris venant de Comté en Alsace , seraient payés â^Paison de cinq pour cent de la valeur, suivant l'estimation qui seroit faite de gré à gré par les commis du fermier et les mar­chands ou voituriers intéressés, et, en cas de contes­tation , par gens à ce connoissans dont les parties con­viendraient, sinon, qui seroient nommés-d'office par un des magistrats ou gens de justice . notaire ou autre personne publique du lieu le plus prochain; si mieux rfaimoient lesdils marchands ou voifuriers, suivant les offres iluclit fermier, payer les droits sur les charbons sur le pied de douze creulzer par charrette réglé pour les échaias. par le tarif de la ferme. Fn interprétant ce jugement, la ferme générale, évaluant la banne de charbon à quatre cordes de bois, exigea pour chaque voiture le quadruple des droits qu'on avoit payés jus­qu'alors, et même depuis l'ordonnance de M. Dangeviliers

jusqu'au moment actuel, les commis uvoient ordre, lorsqu'on ifaccédôk pas à leurs demandes, de faire des évaluations, auxquelles il étoit difficile qu'ils enten­dissent quelque chose, et ils se fuisoient payer cinq pour cent d'une valeur qui varioit à leur gré. Cette méthode ne pouvoit subsister, parce que les voitures n'ont pas toujours les douze cuveaux qui forment la banne , et que les voituriers n'étant munis d'aucune lettre de voiture , ce n'est qu'à l'usine même et par le mesurage qui s'y fait, qu'ils savent la quantité de char­bon qu'ils ont chargée. La banne avoit jusqu'à présent toujours été confondue avec le chariot, et n'avoit jamais payé au-delà. M. Noblat demandoit à être maintenu dans cet usage. Il représentoit encore que l'augmenta­tion ne tomberait que sur lui : que les forges de M. le duc de Valentinois étoient exemptes de tout droit, quoiqu'elles tirassent de Comté plus de deux-mille ban­nes de charbon. En 1786, M. le Contrôleur-général décida en confirmant le jugement de M. Dangevillers, que le droit d'entrée seroit porté à i3 sous, 4 deniers, en attendant que la mesure des bannes fût imperturba­blement fixée.
Outre l'affaire pendante au conseil, entre M. Noblat et M. le Marquis de Peseux , dont nous avons rendu compte à l'article de Grandvillars , le propriétaire de Morvillars, en a encore une à soutenir contre M.Dubon, fermier des domaines, forges et fourneaux du comté de Belfort et autres terres et seigneuries, appartenantes en Alsace à M. le duc de Valentinois et ci - devant à madame la duchesse de Mazarin. Ce fermier attaqua M, Noblat sur les nouveaux établissemens ajouiés à

(3o )                         ,                    '■ . . '
t-----------.■== sa tirerie de Morvillare , parce qu'ils portoient, disoit-
ïorge de jj ^ |e plus>ranJ préjudice aux forges et fourneaux de madame de Mazami..tant pour les bois dont ilsaugmen-toient le prix, que p.r la concurrence qui écrasoit les forges du comté dé Belfort. M. Nohlaî, pour éviter toute espèce de difficulté » signa le 3i juin 1767 , avec madame la duchesse de Mazarin , dont M. le duc de Valentinois tient ses droits, une transaction qui anéantit toute contestation , et par laquelle il s'engagea, tant envers madame de Mazarin, qu'envers son fermier, à ne vendre ni faire vendre aucun fer marchand, pro­venant de ses usines, à peine de tous dépens, dom­mages et intérêts. M. Duhon attaque aujourd'hui cette transaction, et la soutient nulle, comme avant été faite sans sa participation, et pour des objets qui l'intéressent personnellement tant que durera son bail. Il avance de nouveau que M. Noblat n'a pas eu le droit de former ses différens établissemens , qu'ils sont contraires au vœu de l'arrêt du Conseil, du 9 août 1723: >■> Qui fait » de très-expresses défenses à toutes personnes , de » telle qualité et conditions qu'elles soient, d'établir » aucuns fourneaux , forges , martinets , et de faire une » augmentation quelconque de feux et martinets, si-» non en vertu de Lettres-Patentes dûment enregïs-» trées, à peine de démolition desdites usines, augmen-» tation de feux et martinets, de oooo liv. d'amende, » et de confiscation de tous les charbons et approvi-» sionemens destinés à leur exploitation. « II reproche encore à M. Noblat de#n'avoir point rempli les enga-gemens qu'il avoit pris par sa transaction ; il prétend que, loin de débiter le fer en moindre quantité, M. Noblat

(3, )
l'a donné à 17a livres le millier pour discréditer les forges voisines qui le vendoient 190 livres. En couse- iorpr <!t'
. , TA ,                                                                     ,                ,                       Moi viiiar».
quence, M. Dubon est intervenu par re<]uete en la cause pendante au Conseil entre M. NoMat et M. le marquis dePeseux.. requérant la nullité de la transaction, signée Je 31 juin 1767, par madame Li duchesse de Mazarin et M. Nohlal « e! demandant que ce dernier fût condamné à démolir tous ses nouveaux établissemens, et a 00,000
_______-__________________               s
livres de dommages et intérêts.
M. Noblàt oppose que le fermier de madame de Mazarin et de ses ayant cause rTa point de qualité par * . rapport à lui, et que, s'il & croit lésé, il a son recours contre M. le duc de ■ VaJentinois , actuellement aux droits de madame de Mazarin.
A la suite de îa description de plusieurs établisse- Fabrication du mens, où l'on fabrique "le fil de fer, j'ai cru devoir faire fil (i('{l'' Frkt:-rnention de quelques améliorations introduites dans ce genre de travarrr-amélionitTons dont le détail n'est pas encore compris daiîs fart de réduire le fer en fil, connu sous le nom de fil d'archal, décrit par M. Duhamel du Monceau et qui fait partie de la collection des arîs et métiers, publiés par l'Académie.
Le succès des tireries de fil de fer établies à Mor-villars a réveillé l'industrie de tous Ïqs artistes. Sept tireries actuellement en pleine aefinté dans le comté de Bourgogne ont toutes été modelées sur celle de Morvillars. On doit rendre justice à FintelIiiTence, avec laquelle M. Fleur, Tun de ces artistes, a dirigé ces divers, établissemens: c'est à lui que nous devons les observa- • lions suivan les.
Dans certaines usines., au lieu de fabriquer la verge ;

====== au martinet, on passe les barreaux à la fenderie. Cette
Fabrication méthocje est nuisible en ce qu'elle coupe et détruit le er* nerf du fer. Ainsi fendu, il devient cassant, et ne peut soutenir l'effort de la tenaille sans faire beaucoup de bouts, ce qui cause un déchet considérable (1). Il n'est pas possible de fabriquer au martinet, en si petite verge, des barreaux mal travaillés et mal soudés à la forge ; et l'on n'en trouve que trop de cette espèce, quelqu'attention que l'on apporte au choix. Ceux qui, dans le nombre, se rencontrent les mieux soudés et les mieux travaillés, ne peuvent être forgés en si petite verge dans toute leur longueur ; il en faut couper un à deux pieds de bouts écrus : ces morceaux deviennent fer de rebut, et diminuent beaucoup de valeur. D'ail­leurs , en réduisant le fer à un si petit calibré, il en résulte une--grande quantité de verges écrasées? qui ne peuvent servir aux tireries. On ne peut en repasser qu'une partie au martinet ; le reste se vend à vil prix aux cloutiers.
Un millier pesant de barreaux ne peut donner tout au plus que six-cents livres de cette verge propre aux tirerie^nçncore faut-il qu'elle soit forgée bien juste et bien égale, ce qui est fort rare, parce que les soubre­sauts y mettent obstacle, et sur-tout parce que les ouvriers négligens ou inattentifs n'ont pas soin de tenir leur ordon en état : d'ailleurs, il faut recuire trois fois
(i) Sans doute il vaut mieux fabriquer, les verges au martinet; cependant ces verges crénelées , forgées, pour ainsi dire, en octogone de quatre lignes, donnent ^mssi beaucoup de déchet. Je ne sais trop ce qui empécheroit de fabriquer de la verge ronde , estampée au mar­tinet, "au lieu de la verge octogone, dont la forme -.doit nécessaire­ment, dans la méthode ordinaire, endommager les filières.
cette

(33)                                 ■••
cette verge et la passer six fois par la filière avant qu'elle soit réduite au n°. vingt-quatre, c'est-à-dire, à quatre
.. ■             4 ,. ,                .                   7 r <                          *             • -i du hl ue 1er.
lignes de diamètre; encore Je fer a ce numéro nest-il pas bien rond, et souffre-t-il du déchet à chaque recuit. Pour obvier à cet inconvénient, M. Fleur fait forger sa verge crénelée à six lignes de diamètre. A cette grosseur, le fer s'écarte beaucoup moins; on forge dans toute ' leur longueur les barreaux dont on n'est-plus obligé de retrancher les bouts; il y a une moindre consomma­tion de charbon , et il en coûte moins pour* la main-d'œuvre, l'entretien et les outils. Pour fabriquer le fil de fer avec cette verge, M. Fleur a un procédé quiVest employé dans aucune tirerie connue: il a imaginé une machine qui accélère la fabrication , adoucit la matière et diminue les déchets, les bouts, la consommation du suif et le nombre des recuits. Une verge épaisse de six lignes, longue de ^quinze pieds, s'alonge jusqu'à trente sans qu'on soit obligé de la recuire. Pour amener au même point une verge de quatre lignes par la filière et la tenaille, il auroit fallu six opérations; ici Pou n'en fait qu'une seule qui épargne bien des frais. Elle donne au fer une force égale dans toute sou étendue, et il en résulte que celui-ci passe par la filière sans faire de soubresauts. A tant d'avantages , elle unit celui d'é­pargner la rupture fréquente de la tenaille. Six ouvriers aidés de quelques enfans, alongent en vingt-quatre heures six milliers de fers de six lignes dé diamètre , tandis que quatre hommes, occupés à la tenaille, tirent tout au plus, dans le même espace de temps, cinq cents livres de verge de quatre lignes de diamètre. M. Fleur, d'après l'ordonnance du Roi. du 28 décembre 1777. iPartie 1JL                                           E

34
== qui ofFroit tant d'eocourageniens à l'industrie nationale, ion . se crut obligé dé communiquer son procédé à l'adïni-
du fil de fer.            , ' .          , r . . . ,, ., , ,               , . , ;,
mstration. V oici le détail de la .machine dont n se sert pour l'exécuter.
Cette machine comprend quatre cages de fer, dans chacune""disquettes sont établis7 deux~7^7lîn3resJT~clïà77 cune de ces cages produit alternativement des effets con­traires; dans la première, le fer, en verge de six lignes, bien chauffé , est passé entre deux cylindres unis , qui Falongent et l'aplatissent. Il acquiert par ce "moyen sept lignes de largeur, sur trois seulement d'épaisseur. On le retire de là pour le faire entrer dans la seconde cage, entre deux cylindres à entailles, où il devient rond et3reprend un diamètre d'environ six lignes. Aussitôt on le passe dans la troisième , entre deux cylindres 'unis, "qui de nouveau l'aplatissent. Alors il acquiert cinq lignes de largeur sur deux d'épaisseur. Enfin on le fait entrer toujours de la même chaude dans la qua­trième cage : on l'y dispose, de sorte que le côté plat soit en haut. Les deux cylindres à entailles l'arrondis­sent parfaitement, il prend quatre lignes de diamètre, et donne un fil de fer au numéro vingt-quatre. Il acquiert une fois autant de longueur que lorsqu'il étoit en verge, et se façonne avec les avantages détaillés ci-d< Cette machine est , comme on le voit , très - peu compliquée ; elle entraîne peu de dépenses ; il faut seulement recharger les cylindres , qui sont faits de fer trempé en paquet ; encore cette opération n'est-elle pas fréquemment nécessaire. On peut, avant de la répéter, passer une centaine de milliers de ces verges de six lignes. Depuis plus de quinze ans M. Fleur fait

(35)
usage de cette machine. Sans avoir eu besoin d'aug- = inenter le nombre de ses tenailles, sa fabrication s'est accrue de près de moitié. Les bouts et les rebuts ont diminué des trois quarts : en On la consommation du suif a été réduite dans la même proportion.
M. Fleur propose encore plusieurs autres moyens de perfectionner la fabrication du fil de fer. Il voudrait qu'au lieu de se servir de tenailles, ou d'un marteau de bois pour épailler le fil de fer, on_put employer les tourni­quets. Les tenailles à épailler se dérangent journelle­ment ; elles sont d'un grand entretien, et corrompent le fer en le mordant trop. Le marteau de bois le cor­rompt encore davantage. Il le détruit et l'estropie. De­là le volume des bouts et la quantité de déchets, sur­tout lorsqu'on tire le fer jusque dans les fins numéros; les tourniquets n'ont aucuns de ces inconvéiiiens.
Neuf lignes de fer et trois lignes, d'acier superposé, composent les filières qui ont par .conséquent une épais­seur d'un pouce, et que dans l'usage actuel on fait rou­gir plusieurs fois pour les percer. Pendant qu'elles sont > sur l'enclume, un ouvrier tient un gros poinçon, qu'un autre ouvrier, souvent aidé d'un second , enfonce à grands coups de masse. Cette opération se répète douze à dix-huit fois; à chaque fois il faut rapporter la filière au feu. Ces chaudes multipliées l'altèrent, la décompo­sent ^ et l'acier perd sa qualité. La filière ne vaut rien ou dure peu , parce qu'elle n'a pas assez de force pour résister au frottement. Pour remédier à ces inconvé-niens, M. Fleur a imaginé une autre machine. Un tour à eau fera mouvoir plusieurs poinçons, qui joueront tous ensemble. Ces poinçons perceront le fer de la

( 36 ) ■
=r=^==r==r filière à froid, jusqu'à ce qu'ils rencontrent l'acier; alors F-ihrïc^oit comme il n'y aura plus à trouer que l'épaisseur de trois lignes, un ouvrier pourra, à l'aide de quelques petites chaudes, achever l'opération. D'une main, il frappera à petits coups, en tenant le poinçon de l'autre.. L'acier nl'aura rien;~përdïf cfe sa qualft^îa ÏÏÏÏèi e né sera pôîn'F" fatiguée; ses trous résisteront au frottement du fil de fer, qui se trouvera de grosseur égale dans toute sa longueur. Ce tour pourra s adapter à quel qu'autre, qui fera mouvoir d'autres machines. Par-là on épargnera encore du char­bon, et cette considération est de quelque poids.
Les fontes, pour le fer que Ton destine à être con­verti en fil, ne doivent être ni blanches ni trop noires, mais d'un gros grain, gris, clair et mêlé. Il faut que le fer qui en provient soit doux, nerveux, ductile et compacte. Pour .qu'il ait toutes ces qualités , il ne suffit pas que la matière première soit bonne ; il faut aussi qu'on l'ait préparée avec tous les soins conve­nables , c'est-à-dire, que le fer soit beaucoup mieux affiné que celui qu'on destine au commerce. On n'ob­tient pas d'une forge étrangère l'attention suivie qu'e­xige une fabrication aussi parfaite du fer; et c'est pour cela qu'il est de la plus grande importance pour tout propriétaire de tréfilerie, d'avoir une forge attachée à son usine.
M. Fleur a fait construire aussi une fenderie mue par une seule roue à eau. Je me souviens d'avoir vu , dans l'atelier du maître fendeur des forges des Ardentes, près Châteauroux en Berry, un modèle parfaitement bien fait, d'une fenderie mue également par une seule roue. . Toute la cage devoit être en fer de fonte. La roue de la

(37)
'machine de M. Fleur sert également pour les rouleaux......■ ■ a=
aplanissari's et tes trousses des taillans; elle est montée FahHt.Mi.m sur un arbrefqui, n'ayant que huit pieds de long, ne ol> ' C:' tll- -pénètre pas fort ayant dans l'intérieur du bâtiment ; à l'extrémité de cet arbre, sont placées deux cages de fer,
fixées sur mie pièce de bois , longue de six pieds, large ._ . :___
de deux et demi. épaisse d'environ un pied à l'un de ses bouts, et d'un pied et demi à l'autre. Ces cages sont un peu plus grosses que celles des cylindres à iil de fer, dont nous avons parié, mais leur construction est la même. Les taillans sont dans Tune de ces cages, et les rouleaux dans l'autre : tout se meut par la seule force de la roue. Lorsque la bande de fer est aplatie, l'ouvrier, qui reçoit le bout sortant, le porte sur le champ entre les trousses des taillans. Il nVst pas obligé ■ de passer de l'autre côté des cages, et n'a à faire qu'un pas.en.arrière. Quant au reste du procédé. il<«fet abso­lument conforme à ce qui se pratique ordinairement. On peut, quand on le désire, ne faire que des cercles. Il suffit pour cela de substituer aux taillans des rou­leaux plats. Jusqu'à présent il y avoit eu, dans toutes les fènderies, deux roues, et par conséquent deux courans d'eau. La machine de M. Fleur n'en demande qu'un. Nous invitons tous les propriétaires à adopter cette machine. Celui des deux courans d'eau qu'elle leur épargnera, leur servira très-utilement à l'établissement d'une se­conde usine.
Après cette digression, nous allons faire l'histoire des Fourneau de usines et des minés du comté-de Belfort. L'établissement c de cette terre le plus voisin des forges et tréfileries de Moryillars, est le fourneau de Chatenois, qui ne

( 38 ) = s'en trouve éloigné que de deux mille cinq cents toises
Fourneau de £ l'ouest. La paroisse de Chatenois dans laquelle il est situé, dépend du comté de Rosemond , et ce village est à quatre mille sept cents toises S. de Belfort. Il dépend des -domaines de M. le duc de Valent!nois, dont iVÎ7~DuKôTT esr fermier. Son "produit"ibuTTritrerr partie à l'aliment des) forges situées à Belfort même, dont nous parlerons yaut-à-flieure. Les eaux qui meuvent les soufflets de œïnburneaux, sont celles de la Savou­reuse ou rivière d'Oye (i), qui passe auparavant aux forges de Belfort. Mine de fer Ce fourneau tire sa mine du propre finage de Chate-
-deChatenois. nojs ? mais elle y devient tous les jours plus rare; le minéral y esUiispersé en grains arrondis et assez menus', dans de l'argile qu'on en sépare au moyen du lavage ; on en fouille une petite quantité par des puits, mais la majeure partie se tire en superficie , car la mine s'y irouve presque toujours immédiatement sous la terre végétale ; elle est moins riche et moins chaude que celle dont on se sert à Belfort, et par conséquent*' plus difficile à fondre. Cette mine se paie à raison de quatre livres dix sous le cuveau de cinq cents livres pesant, de vingt-un pouces de largeur moyenne, sur dix-huit pouces de hauteur; on compte dix cuveaux au mille de fonte, de manière que le fourneau en consoiïîme annuellement à-peu-près 9000 à 9900. Pour sup­pléer à'la rareté des mines de Chatenois, on a corn-Mine de fer de mencé des travaux à Fesch-lVglise, village de la sei-
Fesch-l'eghse. gneurie de Dell ou de Dattenrieth , situé à 5i.5o toises
(1) On lui donne ce nom dans le pays, parce qu'avant d'arriver à Belfort, elle traverse le Vaï-d'Oye.

au sud-est deChalenois; la mine y est d'aussi bonne
Fourneau
qualité qu'à Rope, dont nous parlons ci-dessous(i). et s'y trouve à la même profondeur; comme à Rope, les eaux y nuisent beaucoup à l'extraction.
Chaque année le fourneau consomme environ douze cents bannes de charbon. La banne est composée de-douze eu veaux ; le eu veau est long de trente-sept pouces, large de vingt* et il 2u aussi vingt pouces de profondeur. On en brûle quatorze ou quinze par mille de fonte. Pour former une banne on compte quatre cordes de bois de quartier, de huit pieds de couche , sur quatre de hauteur, la huche de trois pouces et demi de long; il en faut-cinq lorsque le bois est tout eji rondins.                         ...                                    ....
Ce fourneau roule ordinairement dix à onze mois lorsqu'il n'y a pas d'accidens. II coule communément deux gueuses par vingt-quatre heures , ce qui produit quatre-vingt-dix milliers cte fonte par mois, et neuf cents à neuf cent quatre-vingt-dix milliers par an. On compte à ce fourneau , outre le commis chargé de sa direction',. cinq ouvriers, savoir, un fondeur, un sous-fondeur, deux chargeurs et un livreur de charbon , indépen­damment du maître mineur, et des voituriers pour les crasses. Les ouvriers sont à gages fixes : le fondeur Ouvriers. a trente - six livres ; le sous- fondeur vingt- une livres ; les deux chargeurs ont chacun vingt-sept livres ? et le livreur vingt-une livres. Les opérations du fourneau de Chatenois sont intimement liées à celles de la forge de Belfort, dont il est une dépendance, et que nous allons décrire.
(i) Voyez la table , au mot 'Rope.

(40)
--           = Celle-ci n'est éloignée de ce fourneau que de 4800
Forges trt four- toises au nord, et seulement d'un quart de lieue de
la ville cie Belrort, même paroisse. Elle est adossée a
l'étang le plus étendu de la province; M. le duc de
Titres.         Valentinoïs en est propriétaire, en vertu des lettres du
don, fait originairement par le roi, à M. le cardinal de
Mazarin , en î65o., de tous les fourneaux et forges
situés dans l'étendue des comtés de Ferrette , terres
et seigneuries de Beîfort, Dell, Thann , Altkirch,
Isenheim, etc. ,_, ■
Un arrêt du conseil de 1668, accorde différens pri­vilèges à la forge de Belfort. Les charbons qu'elle tire de la Franche-Comté, sont exempts de tous droits de péage, et les fers qu'elle fabrique, jouissent.du même privilège.
Fabrication du Le fourneau de Beîfort est situé près des fortifications fourneau. ^ ja vjjje> 5a fabrication et sa consommation sont égales à celles du fourneau de Chatenois, c'est-à-dire, qu'il rend neuf cents à neufcent quatre-vingt-dix milliers de fonte par an , pour lesquels il consomme de même environ deux cents bannes de charbon. Il tire sa mine Mines.         des territoires de PfaH'ans, Rope, Egueningue, Chè-
vremont, d'Anjouîin, Veselois , Pérouse et Leupe. Tous ces villages ne sont situés qu'à une lieue ou une lieue et demie de la forge. La mine de Rope etd'Egueningue, est très-riche et de la première qualité ; on la paie à raison de quatre livres quinze sous le cuveau de cinq cents livres pesant.Nous parlerons plus au long de ces mines lorsque nous aurons achevé de donner le détail de la fabrication des forges de Beîfort.
Il faut dix cuveaux de mine pour produire un millier
de

)
de fonte; ainsi le fourneau de Bel fort convertit en Ion te -
à-peu-près neuf mille à neuf mille neuf cents cuveaux
t four­neau de Bdfort,
de mine par an. Il y a autant d'employés et d'ouvriers qu'à celui de Chatehois, et ils y sont payés de même. . Le fourneau de Belfort éprouve un accident qui nuit beaucoup à son roulement, et diminue son produit. Le lit de la rivière de Savoureuse est si engorgé dans cet endroit, que la moindre crue d"eau occasionne des débordemens, qui non-seulement suspendent le travail de ce fourneau , mais endommagent aussi les fonds de terre qui se trouvent sur ses rives.
On voit à la forge de Belfort quatre feux et deux mar- Atelier?, teaux. La grosse forge est composée d'une chaufferie et de deux affîneries qui sont servies par le gros marteau. Chacun de ces feux va toute la semaine sans interrup­tion. Cette grosse forge fabrique par mois quatre-vingts Fabrication à quatre-vingt-cinq milliers de fer , et environ un million de livres pesant par an : le millier de fer, du poids de onze cents livres est le résultat d'une consommation de quinze cents livres de fonte poids de marc, et de quatorze cuveaux de charbon. La piquerie ou tvnnjeuer con­somme à-peu-près la même quantité de fonte et'ferraille par millier, et dix-huit cuveaux de charbon. Sa fabrica­tion monte de vingt-sept à vingt-huit milliers par mois, et de trois cent vingt à trois cent trente milliers par an.
Il y a encore à la suite de la forge, deux "'martinets, Martini
l'Offonont
situés sur le canal qui fournit les eaux à l'étang de forge. L'un porte le nom d'Offèmont, l'autre celui des tIes Prés; le plus éloigné n'est qu'à un quart de lieue de la forge: chaque martinet, qui occupe deux ouvriers, peut fabriquer quinze milliers par mois, en défalquant III.                                F

----------= cinq pour cent de déchet; la consommation en charbpn
forcest-tiour- es( fe cjn(. euveaux par millier; Lorsque l'on emploie quatre nommes a chaque martinet, ils roulent jour et nuit, et leur fabrication, c|iii monte alors à vingt-neuf ou trente milliers, pourrait être portée à trois cent soi­xante milliers par an. Au moyen d\m marteau à étam-per, aussi uni que s'il eût été poli à la lime, on fabrique a ces martinets des fers ronds, parfaitement lisses, de toute grosseur, depuis cinq lignes de diamètre. En ajoutant le montant de la fabrication du feu de la piquerie à celui de la forge .on trouve qu'il se fait à Belfort au-delà de treize cents milliers de fer par an. Nous axons déjà vu que le fourneau de Chatenois con­court avec celui de Bel fort à alimenter cette forge.
Fourneau de Outre ces fourneaux il y en a un, situé à Bettonvilliers, lliers. c^ deux lieues de Belfort, près de ia route de Colmar; depuis'dix-huit à vingt ans, la disette des mines l'a
Ou-mrs. empêché de rouler. Tous les ouvriers des grandes et petites forges sont payés au millier de fer fabriqué ; ceux cle^a^grosse forge, à raison de 6 livres 16 sous 0 deniers pao millier, et toutes les espèces de fers inar-tîneis se païeYit 5 livVes le millier:.. Les établissemens de Belfort emploWrt^poiir leur manutention, un directeur, deux commis de bureau, deux commis pour les four­neaux . deux pour l'exploitation des bois, deux pour celle des mines, un magasinier pour la forge ; pour le service des fourneaux , les ouvriers que nous avons déjà indiqués pour la grosse forge, et particulièrement à la chaufferie un maître marteieur , trois chauffeurs et deux goujats ; pour raffinerie , trois maîtres affi-neurs et neuf valets ; enfin pour l'entretien et le service

-t3
courant de l'usine, un charpentier, deux livreurs ou —-—.--........—
placiers, un meneur de charbons et un voiîurier. Les ï* «»■£«■» '•"' (l)lîr-martinets occupent deux maîtres martmeurs et quai!e valets. Si l'on ajoute a. ces employés et ouvriers un Tendeur, on aura le nombre de cinquante-cinq per­sonnes pour le service de l'usine. La consommation totale en mine des deiix^fburneaux qui alimentent la forge, peut monter à dix-neuf mille huit cents eu veaux ; on consômmerfans tous les -ateliers trois mille huit, cents IV ...-■< ( luiit,-» bannes de charbon, ou seize mille cordes de bois, sans r compter les trois cent soixante - quatre destinées au chauffage des employés et ouvriers; la moitié à peu-près se tire des forêts de M. le duc de Valenliuois: le surplus provient des différentes acquisitions que fou fait des seigneurs voisins, et dvs ventes des quarts de réserve des communautés, qui ont lieu tous les ans dans les maîtrises de-Vesoul et de- Baume en-Franche-Comté. Ces établissemens tirent du charbon de celte province, jusqu'au-delà de l'Ile sur le Doux, à sept lieues de Belfbrt. Chaque année M. riuicmlant de Fran­che-Comté accorde une permission, qui autorise à sortir de cette province le charbon que cette forge y fait fabriquer; et-nous avons dit que M. le duc de *Valeutinois étoit exempt du droit de péage pour !Vn-trée et la sortie de ces charbons, en vertu «je l'anût * au conseil de mil six cent soixante-huit.
Les fers de cette forge ont deux prix : le gros fer se '* --i* vendoit, en 170,5, 177 livres le • millier pesant on/.e cents livres, et le fer martinet 204 livres. La \vn\c totale peut monter annuellement à la .somme de liiJ.ouo li\. _La_qualité du fer de Belfbrt est excellente : ses ibra;es ■■■*■-                                                            V \jr^~

(.44).
sont d'ailleurs très-bien situées pour le débit; elles avoi-Forges et four- sinent les grandes routes. Leurs fers se vendent princi-
neaudeBelfort. itC-              m                       "                 j it
paiement en Suisse; il en passe aussi dans le Lyonnois. Contestations. L'arrêt du conseil d'état de 1668, en confirmant la donation faite en 1659 à la maison de Mazarin, du comté de JBelfort, fait défenses aux fermiers-généraux, et à tous autres, de troubler le duc de Mazarin dans la jouissance des droits de forge, sous prétexte de dixme et de quart, marque de fer. Il y a depuis long-temps contestation, pendante au conseil d'état, entre M. le duc de Valentinois et MM. les fermiers-généraux. Ces derniers, partant du principe que l'Alsace est province étrangère, font percevoir sur les fers de Belfort,.-à leur entrée dans les autres provinces, les mêmes droits que sur ceux des forges non privilégiées, et les assujettis­sent au droit de marque ; ce que la maison de Mazarin soutient être contraire aux privilèges accordés et consi­gnés dans les lettres de don dé 1609 ; mais la ferme générale prétend que ce privilège ne porte que sur la marque de fer à percevoir sur les lieux, et non sur celle que l'on exigera l'entrée des provinces assujetties à ce droiïr
Le minerai des divers endroits que nous avons cités, en commençant à décrire le fourneau de Bel-fort (1), se trouve tout en grains comme celui de Cha-tenois ; mais il est plus ou moins riche, et d'une qualité plus ou moins bonne (2).
(1)  Voyez ci-dessus, pag. 40.
(2)  M. Schœpflin s'explique ainsi sur les mines de fer, dont je vais rendre compte: Gleba Bdfonms'is agri mediocrherfirtilis est; at dives minera

( 45 )                            ^
-11 n'y a point de différence remarquable entre les =======
mines de Rope, de Pfatfans et d'Egueningue. Leur AlliU's <]v minerai, très-pur, et parfaitement rond comme de la (,;Vo J( grenaille, est fort riche, et d'une excellente qualité : c^!'l,ïv'' mai\ son extraction coûte beaucoup, parce qu'il faut Je tirer à une profondeur de deux cent vingt-cinq pieds. Les bancs de mine de Rope paraissent être dirigés sur trois heures, et sont bornés par de la pierre à chaux. Les fouilles se trouvent à côté de la route de Bel fort à Colmar. Il paroît que la mine ne s'étend que fort peu au couchant de la chaussée : mais du côté du levant on la trouve jusqu'à la distance d'une demi-lieue : il y a un grand nombre de puits dans ce cant&fi. Les fer­miers actuels de la forge de Bçlfort ont entrepris et achevé une galerie d'écoulement de deux cent cinquante toi.ses de longueur, au travers d'un rocher calcaire d'un grain fin* et dont la cassure est pareille à celle du silex. Cette galerie a été faite pour mettre à sec le . sol d'une fouille en carrière, creusée à la profondeur de vingt-cinq pieds, dans laquelle il y a plus de quinze pieds de terre à mine à découvert. On s'est assuré, par la sonde, qu'il y a de la mine à vingt pieds au-dessous -, de ce sol, et l'on ne sait pas encore à quelle profondeur on n'en trouvera plus. Au moyen de cette galerie on. remettra à sec tous les anciens puits supérieurs à cette ouverture en carrière, et il sera très-facile de puiser à bras d'homme les eaux de ceux de ces puits dont'le
ferrï, unie in suburbano ferri fod'inct nugno numéro et officime ferraria sunt, ex quibus prœstarùssimum firrumaspentate carcns in remous quoque regiones transfertur. Alsatia illustrata, tom. 2, pag. 46.

( 46 )
sol est inférieur à celui de la galerie, car la plupart s deSope. des eaux viennent des couches supérieures.
Lors de ma visite , les fermiers'deH&(fa$evaux faisoient
                 former deux puits sur la gauche, ou au couchant de la
chaussée; ils en creusoieiit deux parallèles, et seulement à deux toises l'un de l'autre, pour se procurer de l'air; chacun de ces premiers puits avoit cinquante pieds de profondeur. A ce point ils commûniquoient entre eux par une traverse ; c'est au sol de ces puits supérieurs que se ramassoient toutes les eaux qu'on épuisoit à bras d'homme. Au-dessous de ces premiers puits, il y en a deux autres aussi parallèles, qui ont encore chacun cinquante pieds de profondeur, de manière que cette recherche étoit déjà à cent pieds; et cependant, à Ta ' fin de 1780, on n'avoit encore rencontré que la pierre
#■          , à chaux dont j'ai parlé. Comme il paroît que du côté
du couchant cette pierre à chaux sert d'e limite au banc de mine , ces puits semblent avoir été faits hors de l'étendue de ce banc , et je doute qu'en y ait pu ren­contrer de la mine. Les mêmes fermiers de Masevaux "- faisoient relaver à la main, avec la râpe et au tamis, d'anciennes terres à mine de Rope , provenant des rebuts d'un premier lavage, qu'ils payoient 6 livres, le cuveau, rendu au fourneau de Masevaux ; savoir, 10 sois dé transport, et 5 liv. cinq sols pour le mineur.
Patrouiller. Les fermiers de Belfort ont rétabli, près des mines de Rope, un étang, au moyen duquel ils lavent leur terre à mine avec un patrouillet mu par une roue à augets, et dont l'arbre est armé dans toute sa circon­férence, et sur une partie de sa longueur, de barres de fer .saillantes .d'environ dix-huit à vingt pouces. Une

(47)                                                      -
rk>oikde bois, assez forte, introduit l'eau dans un caisson, ==s= au milieu duquel l'arbre tourne. Cet arbre entre dans Winc* a(> fë caisson par une entaille, qui laisse en même temps une issue à l'eau. Celle-ci , chargée de la terre que détache le patrouillet, tombe dans un conduit de bois, qui la dirige vers un petit canal fait en terre, d'où elle va se rendre dans une ancienne fouille en carrière, pour /déposer son limon ; de cette manière elle ne souille pas les prés, et ce dépôt comble successivement les . vieux travaux. Lorsque le patrouillet a suffisamment détaché la terre, on débouche un trou fait au bas et au-devant du caisson. La mine, qui y subi l'action du patrouille!, tombe par ce trou dans une caisse infé­rieure, où elle reçoit un nouveau lavage ; et de là élit* est portée dans les tamis, où elle ebt lavée pour la dernière fois. L'eau du caisson inférieur est également conduite par un fossé dans le même ancien travail , d'où ces eaux ne sortent que lorsqu'elles débordent: mais alors elles sont limpides et ont déposé tout, leur limon martial, de manière qu'elles ne peuvent plus nuire aux terrains.                           a.
On ne peut contester à M. le duc de Valentinois, le droit d'extraire de la mine de fer dans l'étendue de ses terres d'Alsace. 11 lui est concédé par les lettres de do» de 1659, qui attribuent au cardinal de Mazarin les droits qui appartiennent à Sa Majesté sur toutes les mines d'or, d'argent, cuivre, plomb, forges et fourneaux à fer, étant dans l'étendue du comté de-Bel fort et des seigneuries de Dell, Thann et Altkirch. Les fermiers de M, le duc de Valentinois jouissent pour lui de ce droit ; mais ils doivent, comme il serait tenu de le

(48)
faire , indemniser les propriétaires des terrains qu'ils de Rcph fouillent. Ces propriétaires peuvent souffrir deux sortes de dommages: la non-jouissance de leurs terrains., "et leur détérioration.
Contestations. Le 29 janvier 1753, sur une première contestation élevée^au conseil souverain d'Alsace, entre les fermiers
.                de madame de Mazarin et les habitans de Chèyremont,
intervint arrêt, qui , entre autres choses , ordonna
qui! ne pomroit être procédé au fou il le ment desdites
mines (pi au préalable, il ri eût été constaté de Tétat
des fonds, de leur qualité et valeur actuelle, dont
il set oit dressé procès-verbal estimatif , aux jrais du
fermier, par experts, etc.; en outre j ait défenses aux
fermiers de faire lacer les mines sur ciucuns terrains,
sans le consentement des propriétaires et des voisins
qui en pourraient souffrir du dommage, et défend
encore de fouiller la mine autrement que par chocs
ou puits , lorsque la situation de la mine le per-
meitrq (l).
1) Les ordonnances des mines', le droit commun du royaume, et celui de i'Europe entière autorisent tous ceux qui fouillent des raines à ouvrir des fosses, entasser des déblais, pratiquer de.* chemins et établir des lavoirs pour les minerais sur tous les terrains, dont ils peuvent avoir besoin , les seuls enclos exceptés. Ces mêmes lois et usages permettent aussi à l'extracteur de se servir des eaux pour faire mouvoir des tournans , et laver les minerais, sous ia réserve de ne pas nuire aux usines et moulins déjà subsistons , et à la charge d'in­demniser tous ceux pour qui il"pourrait en résulter quelqueMoit.
IS,ous n'examinerons pas ici, si ces lois, fondées sur le principe que lecitoven doit sacrifier son intérêt au bien général, sont une atteinte au droit de propriété. Elles sont toutes une conséquence de îa loi quia fait, du droit des mines, un droit régalien. En un mot, elles existent , et elles ont pourvu à ce que le propriétaire fut dédommagé
Cet
tmpADBD-2.jpg

.                      (49 )
Cet arrêt a été scrupuleusement exécuté par les fer­miers de madame de Mazarin , qui ont toujours fait évaluer les indemnités dues aux propriétaires des fer--rains qu'ils occupoi'ent, ou dans lesquels ils fôuilioient; mais en 1774» messieursJiobiixLi>t compagnie, alors fermiers., ont eu avec les habitans de Çhèvremont, une contestatioi] nouvelle, au sujet de l'évaluât ion des fonds. Des experts ont été nommés de part et d'autre; et par acte du 23 août 1770, les fècrmers ont offert de paver les dommages et intérêts résultans de la détérioration des fonds, sur le prix de 590 livres la fauchée, et de dédommager de la non-jouissance, à raison dé 35 liv. aussi par fauchée et par année. Les habitans de Çhèvremont acceptèrent ces offres. Il n'y eut que MM. Huguenot.et Meunier, qui par acte du 3o du même mois mirent à leur acceptation cette condition expresse; que les fermiers 11c fèroient laver leurs mines sur aucuns de leurs héritages. Au b décembre 1777 , ces
de sa non-jouissance, de manière qu'elles ne le privent, réellement que de la faculté d'user de son terrait) à son gré.
11 paroit , d'après cet exposé , qu'on m* peut avec justice mettre d'obstacle à l'exercice des droits accordé» à ceux qui fouillent les mines, que dans le cas où il seroit certain qu'ils ne pourroient garantir aux propriétaires des terrains Je paiement ordonne par la loi. Mais ee n'éîoit pas là le cas , lorsque le conseil Mouverain d'Alsace ." faîf défense, par son arrêt du 20. juin i;-33, d'établir des ia\oirs naiis le consentement de chaque individu dont les terrains scrvirolent au passage des eaux. Cet article de l'arrêt est cm 11 ira ire à la K-iu-ur de> ordonnances, en mémo temps qu'il attaque le droit régalien. LecunM'iJ souverain etoil-M juge compétent dans cette ]>arjie? A-l-ii pu sans l.'i participation du Roi établir en Alsace une jurisprudence particulière, qui. n'est pas moins contraire au droit des mines, dont jouisse))! , même sur celles de fer, les .seigneurs d'Alsace qui ont la supériorité territoriale , qu'aux lois et aux usages du -royaume?-
Pttti.ie 111.                            \         G

(5o)
~-—:——— particuliers présentèrent leur requête au juge du lieu.
i ,mes te tope, (^e|u;,ci ordonna la visite. Les fermiers assurent qu'il fut .                 constaté, par le rapport des experts, que sur un espace
de deux cents arpens où les eaux des lavoirs passoient, huit totses carrées à-peu-près avoient souffert quelque' dégradation. Cependant MM. Huguenot et Meunier obtinrent au conseil souverain d'Alsace, le i5 juillet î 778, un arrêt qui leur permit d'assigner les fermiers en destruction de leurs lavoirs, et par provision, défendit à ceux-ci de sj?n servir jusqu'en fin de cause. Les fer­miers , depuis cette époque , se sont vus obligés de suspendre leur travail. Madame de Mazarin a présenté sa requête d'intervention , et ses fermiers ont formé depuis une demande incidente , et ont conclu en 20,000 liv. de dommages et intérêts. Le 14 janvier 1779, un arrêt du conseil a ordonné la mise en cause de la communauté de Chèvremont. Il s'agit aujourd'hui de statuer définitivement sur les demandes respectives. Les fermiers remarquent que le conseil, par son arrêt du 29 janvier 1753. ayant admis les droits de madame la duchesse de Mazarin pour la traite des raines, n'a pu en séparer celui de les laver , et le subordonner au consentement des propriétaires : qu'il n'a pu également ôter à madame de Mazarin la faculté d'établir des lavoirs dans les lieux les plus convenables, à la charge par elle d'indemniser les propriétaires, d'après l'estimation faite par des experts choisis de gré à gré ou nommés d'office, ce qu'ils disent avoir toujours fait. M. le duc de Va-lentinois, aux droits de madame la duchesse , observe que les lavoirs dont on se sert aujourd'hui, n'étant point du tout construits comme ceux qu'on einployoit

:;                             - (5i)
autrefois, ne peuvent porter aucun préjudice ni aux —■—-^ y ~~ héritages sur lesquels ils sont établis, ni à ceux vers les- *-ines l< LlO*K" quels sont dirigées les eaux qui sVn écoulent. Il observe . que soumettre l'établissement des lavoirs à la volonté des propriétaires, ce seroit le rendre impossible ; que l'eau qui sort des lavoirs traverse quelquefois dans sou cours les extrémités des héritages de plus de trente par­ticuliers ; que si vingt-tt€u£-de-ees-particuliers se mon­trent traitables, il suffira pour rendre leur bonne volonté infructueuse, que le trentième-reste inflexible. Il sou­tient que les droits des seigneurs ne peuvent être ainsi subordonnés aux caprices de la multitude de leurs vassaux. H ajoute que d'après l'arrêt de 1708, les sei­gneurs ne pourroient plus , sans des préliminaires gênans, jouir du droit régalien, qui les autorise à fouiller la mine ; que même, pour savoir si un terrain contient de la mine ou non , ils ne pourroient le vérifier sans le procès-verbal d'estimation ; qu'il semble d'ail­leurs que l'intérêt particulier doit céder à l'intérêt public, les richesses que recèlent les entrailles de la terre étant le bien de l'état
De quelque manière qu'on tire la mine, elle n'est jamais pure ; il faut qu'elle soit lavée pour être en état d'être fondue. Les fermiers de M. le duc de Valeutinois insistent donc et représentent encore que la défense portée en l'arrêt du conseil de Colmar de 17=)3 , de laver la mine sur aucun terrain, sans le consentement des .               S
propriétaires, est d'une telle conséquence, que ce der­nier, tn ne donnant point son consentement, est le maître de suspendre le roulement des usines ; ce qui répugne à toute espèce de droit. Autrefois l'estimation
G il
m

( 32 )
: des terrains ne ee faisoit qu'après qu'ils avoient été ■ fouillés. L'ouvrier pouvoit d'abord faire usage de la sonde; il faisoit Ûqs ouvertures , soit dans la superficie , soit dans la profondeur des terrains qui. paroissqient ■promettre des mines ; deux jours de travail, tout au plus, suffi soient pour qu'on pût reconnoitre s'il y avoit de la raine ou non. Dans le dernier cas, le mineur abandonnoit le terrain après l'avoir remis dans le meil­leur état possible. Dans 1^ premier cas au contraire, l'entrepreneur ou son mineur traitoi.entà l'amiable avec le propriétaire, et s'ils ne s'accordoien! pas, un arbitre lînissoit le différend. Il jugeoît du dommage par la surface des terres fouillées quancj: les mines avoient été tirées en superficie, ou par la mesure du terrain qu'on avoit occupé lorsqu'on avoit tiré la mine en profondeur. De même, continuent les fermiers de M. le duc de \7alen-tinois, on avoit la liberté de prendre les terrains pour former des retenues d'eaux et pour établir des lavoirs. Dans ce cas on aclietoit les fonds à l'amiable ou à dire d'experts, ou bien la propriété en demeurait toujours au possesseur, et alors on l'indemnisoit de la non-jouis­sance et de la moins value. Ils se plaignent que l'arrêt de 1753 renverse cet ordre, et détruit ces facilités.
Dans tout le royaume , il est permis de fouiller la mine de (bravée un entière liberté, particulièrement en vertu de l'article neuvième de l'ordonnance de 1680, Elle donne le droit d'extraire la mine dans tous les terrains qu'on jugera pouvoir en contenir, soit par des puits, soit superficiellement, suivant la position de la mine, enfin de la laver, et de choisir pour cet efïèt, les terrains qui y seront les plus propres,

/•ni' Su
( Û0 )
le tout aux conditions y portées, et à la charge de faire ——-estimer après la traite les dommages à l'amiable, ou Mines à dire d'experts.
Le 12 janvier .1688 (1), les seigneurs de Rope ven­dirent au duc de la Milleray, seigneur de Belfbrt, le droit de faite bâtir et construire , s il cn'isoit hon être ,
(1) Par-devant le notaire royal souscrit général des pays de la haute-Alsace , en résidence à Beltort,lurent païens noble sieur Aibti { l'Allemand écuyer, seigneur de Rope , en partie , La-Chapelle et de* 1/ibenUviller, en son nom pour tnr tiers ; et noble s-irur François Conrard de Rope , seigneur du dit lieu, en partie, tant eu son nom qu'en celui de noble sieur Melehior de Rope, son fiere , tiers détaliev, colonel du régiment d'Alsace, absent , se faisant Tort d'icelui, et pro­mettant faire ratifier aux deux pour un autre tiers : et encore ledit sieur François Conrard de Rope.,.au nom et, comme ayant charge de noble sieur Beat d'Aiguelin d'Animer t.? wil 1er , en qualité de père-çrarul et iuîeur des enfans délaissés par feu noble sieur Conrard de Rooe, pour un autre tiers, sous promesse de ratification d'icelut: lesquels et chacun d'eux pour eux, leurs hoirs, successeurs et ayant t^atise , ont reconnu-et confessé avoir vendu , cédé, quitté, délaisse et transporté, à haut puissant seigneur monseigneur Jules Paul de la Porte, duc de la Milleray , comte de Belfort, a-utrer. terres et seigneu­ries, absent le sieur MeUhior Noblat , prévôt dudit Bel-fort et ville, co-fermier de ladite seigneurie ,comme ayant charge du sieur Claude Aube , agent de inondit seigneur duc en Alsace, et sous la râtiHcation tl'ieelui, ci présent stipulant et achetant to.is les tlioits , noms. nmi<".s qu'ils ont et peuvent obtenir du roi , pour faire bàtii et (onstmiie forges et fourneaux, s'ils avisent bon être. s> faire Ja\oirs et iii<.it v de tirer des mines de fer qui se trouveront dans l'étendue de U".i\ » seigneurie de Rope et autres terres voisines à eu\ appaitenantes •■.. et dépendantes de ladite seigneurie de Rope-. au piejudiee de tous ■ autres , pour en jouir et disposer par ledit -eigiuus duc de la Mil-• leray , ses hoirs, successeurs et ayant cause, tomme tho-e; à <u\ • appartenantes ,« au moyen du présent (.ontset , ii cb.ai^t ioiitoio's audit seigneur duc et les siens, d'indemni. n kx'its sim ,s -- ii'ieurs et autres des dégâts <ju'i!s feroot ou peunonî ftiiit « n îir-:i ' '\e la mine, tant dans les champs, prés, qu'aines licu\ , vns m-' i.'sfitfs sieurs vendeurs en puissent être recherche j ar k-s psnicuikis : et

(H)
forges et fourneauxi, faire lavoirs , et droit de tirer tes nés de fer, qui se trouveront dans Vétendue de leurs . Seigneuries de flopr et autres terres voisines . à eux "*"" appartenantes et dépendantes de ladite seigneurie de Rope , au préjudice de tous autres, pour en jouir et. disposer par ledit seigneur duc de la JMil/eray, ses
pour l'effet de tout ce que devant, lesdits sieurs Albert l'Allemand , François Conrard de Rope, tant en son nom que dudit sieur sou iiis , mais encore au nom dudit sieur Beat d'Aiguelin, comme grand-pere et tuteur des enfans de feu sieur Conrard de Rope, ont donné pouvoir et procuration spéciale, séparée des actes passés par-devant le notaire royal souscrit, pour obtenir de Sa Majesté don et toutes lettres à ce nécessaires ; et quoiqu'elles soient obtenues au nom desdits sieurs de Rope, elles seront et vaudront audit sieur due, ses héritiers et ayant cause , connue si lui-même les avoit obtenues en son propre nom, sans qu'il soit besoin d'autres actes que les présentes. La présente vente, cession et transport desdits droits faits, moyennant le prix et somme de trois mille six cents livres tournois , payable par ledit seigneur duc de la Milleray , ès-dits seigneurs de Rope, en deux paieinens égaux ; savoir, la moitié, qui e.st de dix-huit, cents livres, au jour et date que les lettres de don du roi seront obtenues , ou un oiois après , et les autres dix-huit ceuts livres dans les six mois suivans pn pires, et, en cas que ledit sieur d'Aiguelin ne voulût ratifier ou avouer le présent contrat pour le tiers des enfans délaissés par feu noble sieur Courard de Roj tj , il demeurera néanmoins bon et valable envers lesdils sieurs l'Allemand et de Pi ope, en diminuant toutefois le tiers de la somme princ pale, lesquels ont par ce moyen et par ces présentes transporte tous droits <](* propriété, nom, raisons et actions qu'ils avoiétft ,-pouvoicnt avoir et prétendre, sur tous les droits qu'ils oiJt vendus audit sieur duc par le présent contenu, dont ils • se sont -dessaisis , démis et dévêtus , pour et au profit dudit seigneur acquéreur, voulant et, consentant et accordant que ledit -eigneur duc en soit et demeure .saisi, vciu , mis et reste en bonne et suffisante possession et saisine, par qui , et ainsi qu'il appartiendra en vertu ries présentes, don et lettres à ce obtenues tle Sa Majesté; constituant pour cet eiTct leur procureur spécial et généra! le porteur d'icelles ; lui en donnant tout pouvoir. C:tr ainsi a été arrêté et convenu entre les parties , et pour i'éxéeutkm du présent traité , lesditea parties ont élu

( $5)                            , .
■hoir.'■'♦ successeurs et ayant cauxe, comme e ha ses à e ter ......-■■ -~
appartenante*. Des lettres-patentes de î686. qui per- Ml"e* iH' ■mettent à M. le comte de Rolhembourg, seigneur de Masevaux, de rétablir les usines qui existoient dans la vallée de ce nom dès Tannée 1078, lui accordent aussi la faculté de fouiller la mine dans toute l'étendue de sa
leurs domiciles irrévorables-,-Simm^4eïH*-stetfr duc Je la MiHeray eu stfn hôtel .à-Paris, et les dits sieurs l'Allemand, de U ope et tî'Aigueiin dans leur maison de Rope, ès-queîs ils veulent et consentent que toutes sommations, significations et autres actes de justice qui y seront faits contre eux, soient de tel eifet , foi te et vertu, que s'ils étoient faits, parlant à leurs personnes, promet i an > les diîes parties» avoir pour agréable respectivement tout le contenu au pré*ent enn-trat, obligeant à cet effet tous leurs biens présens et à *enir, lenou-çaut à toutes choses aux présentes contraires. Fait et paase à Bel foi t,, le douzième janvier mil six cent quatre-vnrgi-huit , pié.^ens le siei.i François Passavant de Bel fort , et le sieur François Démoulé cîe Giromagnv, témoins requis ; et ont-signé à l'original le* parties et témoins avec le notaire royal souscrit, l'ayant reçu, coUaiionsH'. Signé , Nougenot , notaire royal.
Par-devaur le'greffier-tabellion du comté de Bel fort, souscrit et en piéscnce des témoins en bas nommés , est comparu haut et !?ui-s;int seigneur monseigneur Jules Paul de la Porte, duc de'!a: Miîjeray, comte de Bel fort, autres terres et seigneuries, lequel a approuvé, ratifié et homologué tout le contenu au traité ci-dessus, en tous ses points , clauses et conditions , de même que s'il avoit été présent lors de la passation d'icelui, promettant etc., obligeant etc., renonçant à foutes exceptions aux présentes contraires. Fait et passé à Bel fort,, le premier décembre mil six cent quatre-vingt-huit ," en présence de messieurs Melçjjior Nobîat , prévôt de Belfort , et de François Pas­savant, grand-maire de l'accise, témoins à ce requis. Signé à l'ori­ginal , le duc de la Milleray, Mc. jSoblat, François Passavant et Demougé , avec paraphe , l'ayant reçu.                      »
Collationnépar moi tabellion-général des ville et comté de Belfort, sur l'expédition du présent acte, au bas duquel est Ja ratification eu original qui mra été représenté, et que j'ai à l'instant rendu. A Belfon t le quatorze janvier mil sept cent soixante-dix. S5<;aé, Boussef.

■ -. ■ . . (S6)
            seigneurie, et à trois lieues à la ronde. 11 est essentiel
de Rope. fe remarquer ici que, dans cet espace de trois lieues, se trouvent comprises les mines exploitées par les sei­gneurs de Belfort, tant dans leurs propres terres que dans celles de Rope, en vertu de la cession de 1688 ; ainsi les seigneurs de Belfort, en vertu des lettres-patentes de 1686, prétendirent le droit de concourîr avec ceux de Masevaux pour la fouille des mines de Rope, Pfafans, etc., tandis que ces derniers se croioient autorisés à extraire de- la mine dans les parties de la seigneurie de Belfort qui se trouvoient dans leur arron­dissement. II eu résulta entre eux une contestation , dans laquelle intervint d'abord un arrêt du conseil d'état du roi, rendu sur requête le 19 novembre 1686, qui fit défense au seigneur de Masevaux, alors M. de Rothembourg, de chercher et creuser la mine dans les terrains dépendans de la seigneurie de Belfort.
M. de Rothembourg y forma opposition , et par autre arrêt du 21 octobre 1607 , il fut dit que M. le duc de la Milleray fèroit tirer seul de la mine de fer dans l'étendue de son comté de Belfort, et le comte de Rothembourg, dans celle de la seigneurie de Masevaux, sans préjudice a eux du droit d'en extraire dans les autres lieux, en dédommageant les propriétaires. L'effet de cet arrêt fut d'empêcher M. de Rothembourg de fbuille^dans les finages de Chèvremont et de Pérouse, dépendans de Bd-fbrt ; mais il continua d'en tirer de ceux de Bessoncourt, Ropeftautres lieux dépendans de la paroisse de Pfàfàns, ce que les"seigneurs de Belfort, et MM. de Reynach , seigneurs de Rope, voulurent encore lui interdire. Il y eut de longues contestations, liées-d'abord au conseil
de

de CoJmar, portées ensuite au conseil d'état, et enfin renvoyées au même conseil de Cohuar, qui les a ter­minées par deux arrêts définitifs, l'un du 16 mars 1746 rendu contre M. de Revnach, et l'autre du 21 février 1748, contre les seigneurs de Belfbrl ; ce dernier or­donne que les seigneurs de Masevaux continueront avec les seigneurs de Belfbrt à tirer concurremment de la mine du territoire des villages xïe Rope et de Pfàfàns.
A l'époque de ces arrêts, ou ne eonnoissoit encore dans les terres de la maison de Mazarin, que les mines de fer du comté deBeîforr. En 1761, M. d'Anthez, qui exploitoi't les forges du Val de St. Amarin , fil ouvrir des mines de fer dans les bans de Rodereu et de RauiersmatJv dépendans du comté de Thami. Madame la duchesse de Mazarin lui en avoit accordé lu permission, moyen­nant un canon annuel. Après M. d'Anthez, les nouveaux fermiers des forges de Masevaux s'en emparèrent en 1776 , et Madame la marquise de Rosen , ayant pris fait et cause pour eux, lorsqu'on lui dénonça le procès-ver­bal qui fut dressé à ce sujet, Madame la duchesse de Mazarin leva commission en ijj'S , en demandant l'exécution des lettres de don de 165o, et concluant à ce qu'il fût défendu àMadame la marquise de Rosen, de tirer des mines Je toute l'étendue des terres comprises, dans les lettres de don. Madame de Rosen opposa à cette demande la réserve de-l'arrêt du 21 octobre 1687. La cause est instruite au conseil souverain d'Alsace.
Le i3 avril 171a, les fermiers de Belfort, et ceux de Masevaux /firent un traité par lequel ils réglèrent entre eux la traite des mines, dans les parties où les seigneurs
Farde III.                                      H

(58)
• '          = propriétaires de ces forges, sont fondés à user de ce droit
Mine? de Ropo. concurremment.
« Ils convinrent que lorsqu'un ouvrier de l'un « des seigneurs, travaillant à la peile et à la décou-" Verte, au roi t trouvé quelque veine de mine , les • ouvriers de l'autre seigneur ne pourvoient. l'appro-« cher plus près que de sept toises de roi , à la ■■• charge toutefois que les ouvriers qui auront trouvé la »- mine , seront tenus d'y travailler sans discontinuer à « moins qu'ils n'en soient empêchés par cause légitime ; « parce que, faute de ce faire , ïi sera loisible à qui bon « semblera, de prendre possession de l'ordon, sans « que pour cela il soit obligé à aucun dédominage-« ment, etc.
« Que les mineurs ' qui travailleraient dans des « Siuck* (1) ou par le sous-terre, ne pourraient faire ' « aucuns Schochcs (2) plus près l'un de l'autre que de « quatorze toises. lesquels stocks seraient réputés aban-« donnés trois mois après la cessation du travail, à « moins qu'on n'en fût empêché par les eaux.
« Que les dommages qui se feraient en lavant la mine, « soit pour les chemins dont on se servirait en commun , '< soit pour les frais, afin de relever les rigoles, seraient * payés à proportion des mines que rhacun aurait fait « faire dans les endroits où se trouveraient les dom-« mages , etc. Que chaque partie paierait les domma-« ges de ses lavoirs , de même que les dommages causés '< par l'extraction, etc.
( ' ) Le sens , dans îeqnel on emploie ici ce mot , n'est |>oint du tout conforme à sa signification propre. Stock-ert^} Stock-w..r;k , veulent dire banc de mine, mine en masse.
(2) Schocke , par corruption de Schacht, puits.

f " \ ■■■■                                      ' ' *
Au mois de septembre 178.4 , les fermiers passèrent entre eux un nom eau traité conforme à celui de 171 'X ^
Or, il faut se rappeler ici ce que j'ai dit ci-devant delà galerie d'écoulement de deux cent cinquante toises de longueur, que les fermiers des forges de Belfbrt ont construite à Rope (1). Ceux de Masevaux ont \oulu nouvellement profiter de cette galerie d'écoulement : immédiatement à 'cote" du travail en carrière au sol duquel elle aboutit, ils o:t ouvert une .tranchée ^ur un banc de mine.
Contestation est survenue; le bailli delà seigneurie de Rope s'est nanti <Jè .l'affaire: mais un arrêt du 10 août 17.0.$, a reçu les maîtres de forge de Bel fort, appelans de la sentence rendue par le bailli de la seigneurie de Rope , le 24 juin précédent ,-en faveur de M. Bouchot, maître de fbVge à Oberbruck, et consors, et par pro­vision a'-fait dijfcn.se s audit sienr Bouchot et co/wont , d*établir ou de continuer aucunes fouilles ou trqyau.b dans les lieux de Venceinte,-indiqués par les chocs , embases ou canaux d?écoulement, et autres marques tracées par les supplions , à moins de distance que de quatorze toises des parois des travaux des suppliant , conformément à la convention de 1710-
Messieurs Bouchot et consors formèrent à cet arrêt sur requête, une opposition dont ils furent déboutés par un arrêt contradictoire du 24 septembre suivant.
Dans le courant de la même année, il -y eut encore entre les fermiers de.'Belfort et de Masevaux, une autre contestation                            —-
M. d'An thez^, qui ci-devant avoit réuni le bail des
(t) Voyez ci-dcssîhj-^pag. 45.
H ij
tmpADBD-3.jpg

r*
~ forges de Belfort, à celui d'Oherbruck et de Masçvaux/ Mines «îe Rope. avoft forme,'au ban d'Egueningue, une retenue clans laquelle étoient reçues les eaux supérieureTs'/Ge. réservoir servoit à fournir les eaux aux lavoirs, et à arroser les prés inférieurs en cas de surabondance.^Dans* l'opinion *que M. d'Anthez ne pouvoit disposer des eaux au sortir de cette retenue qu'autant qu'il exerçoit les droits des seigneurs , et que comme simple particulier il n'avoit pour cela ni pouvoir ni qualité, les fermiers, de Belfort pratiquèrent une seconde retenue au-dessous et à côté de celle-ci. Au rao}ren d'un empellement placé à l'angle ' .         du fossé de décharge de îa retenue de M. d'Anthez,
ils remplissoient leur nouveau réservoir avec les eaux superflues qui s'écouloient les jours chômés et pendant la nuit. Les fermiers de Masevaux pratiquèrent dans la longueur d'un pré joignant l'étang d^Anthez et appar­tenant aux fermiers de Belfort, des canaux souterains, au moyen desquels ils rendirent inutiles le canal ancien de décharge et le nouveau réservoir ; le cours des eaux ainsi changé, elles s'écoulèrent en pure perte.
Par acte du 22 mars 1785, les fermiers de Belfort se plaignirent de cette innovation , ils menacèrent de se pourvoir, et en attendant ils ouvrirent un autre canal avec un empellement pour ramener les eaux dans leur réservoir. Les fermiers de Masevaux intentèrent une action contre les fermiers de Belfort ; ils demandèrent que ceux-ci fussent contraints de démolir l'empellement nouveau:; ils firent plus, ils bouchèrent l'entrée du canal qui ramenoit les eaux.
M. le duc de Vaîentinois intervint pour ses fermiers, et déclina la jurisdiction du bailli de Rope. Celui-ci,

au lieu d'ordonner le renvoi, rendit des sentences dans  ===:=^~—~
cette cause, comme s'il eût été juge compétent des  Mw* HMMpe droits de M. le duc de Valentinois , et de Madame la comtesse de Rosen, sur les eaux du.ban d'Eguenïngue.
•-■' En cet état de cause, inteniul le 10 août 178J , au conseil souverain d'Alsace, arrêt, qui, par provision, défend au sieur Bouc/rot et cornons,'de se servir des wanaux souterrains el autres nouvelIciuen! pratiques * pour de ton n ferles eaux du déchargeoirde l" étang d\4n-lliez, leur enjoint de leur rendre , dans trois jours de la signification, le cours libre par les anciens canaux y à la charge par les fermiers de Bcljorl , suivant leurs offres, de ne faire entrer dans leur réservai e y a ne les eaux superflues, et celles qui s'écoulent pendant, les jours chômés ou pendant les nuits, et (jui seraient inu­tiles ou perdues ; sinon, et à faute de ce faire , auto­rise les fermiers de Bel fort ± à le faire faire à leurs frais y ce (jui siéra exécuté.
Après avoir parlé des importantes mines de fer du Mines de comté de Rosemont, nous allons faire connoître celles Glloul«g"y-de leur voisinage, plus précieuses par la nature du métal ,
, ., ~           01         1                     i                       ^                       demie, n°, 144,
qu elles fournissent, mais dont l'exploitation a été sujette ^ 55-à de fréquentes révolutions. Je veux parler des fameuses mines de Giromagny, si florissantes autrefois. Le bourg du même nom, qui en est le centre, est^eigfoéde'Rppe de 55oo toises N. O. et de 6200 toises N. de Belfprt. M. le comte d'Hérouville en donna une notice en 1741 {1) } , et M. de Gensànne-enTra à leur sujet dans de plus grands
(1) Anciens minéralogistes, tom. a, pag. 727,

r62) ; ■'•■;,
*== détails-'. eâ_ 1756 (1) ; enfin'M. Monnet en a fait un petit de article dans son Exposition des mines (2).
On a déposé aux archives de "Bel fort,"des comptes *. par lesquels on voit que ces mines ont rendu, pendant un certain temps, cinquante pour cent de bénéfice*
„ Louis XIV, par un acte de 16.5*9 » donna à la maison ^-r de .Mazarin le comté-de Rosemoht, et par conséquent-'.__' le bourg de Gironiagny (3), -aux environs duquel sont situées les rames d'argent ef autres métaux/ Dans ce 'don furent compris Beîfôrt, Tharfn , Ferette, là -baronie d'Altkirch , la .seigneurie 5e Dell et cîlsenheim.
L'exploitation aes mines de Giromagny, fort an-, cienne (4), fut suspendue en î716 , parce que M. \^ cardinal de Mazarin les avoit concédées pour neuf ans à une compagnie qui les conduisit mal.-Ce furent, si je ne me trompe, des Anglois qui les reprirentjen ïj'33, M. de Gensanne en devint concessionnaire après eux. Le traité qu'il avoit passé avec M. le duc de Mazarin " pour avoir la faculté de les exploiter, expira en 1744: ■ II fut remplacé par une compagnie de Paris , à la tête de laquelle éloit M. Millin du Ferreux ; elle devoit eil jouir -cinquante années ; mais cette société ayant consommé la plus grande partie de ses~fbnds dans r l'établissement d'un moulin à polir le porphyre et le
(1)  Mémoires des ■Savans étrangers , tom. 4 ,pag. 166.
(2)   Pag 217 a 222.
(#) Gi.wp-i/j;e, vit.:s insi_nis ùmpUtujinis, q/i sua m ulL fydinis in.rtmtnta -rr.axxnii débet, etc. Schcepfliti , Alsalîa illui'trafa , .icuif. 2, pa^;. 48.
0 (4) In Rosâm>n!a?2Jv,zL'e,{juiZ Le'fjrtcasisprxf.aum est, cira G'r mantum et 'Auxsllam supenortm, uberrïma q'wqSe argenti foa'tnx ji? art'ujtfls jcin temps-
__ abus ianotuerunt, etc. SciiœpHin , Àlsatia ilfustrata, t. 1 , p. 12 et ï3.

'prah'îî . fut obligée d'abandonner des travaux qne .M.-------
'Brocimann, pour lors directeur, avoit remis en bon %;!:1 "nain :"on.f5oiirsuivoil à-l:i-fôis neufgaleriç1?» pour mettre
les anciens'hâCaux à «sec.. Cet abandon., 'ait «l'msje v.
moment. où ■ -les mines (lp:tmVV:;t "le "phis d'espoir.' * .
■  pcrmit.'.V \1-, le dur <je \ alentinois . aujourd'hui aux- "■* droiis^de la maison de iJa/arin , de se..uifUt^\ji p^-_
■  Sc'ss'on/de tous lesbâtimefis construits r.ar cette conipa- ^.^ i:;nie: une des" c1au^s-rde la concession-avant exu*,^-se'inenl porte'1 (jifc \vs IVitimcns rtioifnu'roient au. s* i— <;nenrVd.ui« le cas »iVles"ct)ncessioiiriaires abandonne- " -soient ftxpjokation..                  " -
e. ■ ' Les urines dont"7 nous, allons donner la description.' Av:ny.
.tll'iii'i tic
"réunissent 'inrgratid nojnbre d'avantages 'ij. En eïfet nùintagnes eje ce canton"- cjuoicjue fort élevées, nevl,p
'■sor^t pa's 'assez pour que les glaces et les neiges-de. {"niut nécessitent l'aliantlou det± travaux dans cette saison1.. De nombreux vallons coupent ces montagnes /■ facilitent Pexploitation des filons renfermés dans leurs pentes, et fournissent les eaux nécessaires aij\\maehines,'~ aux lavoirs et aux fonderies. MM. de Reinacli possèdent, aux environs de Giroi-nagny, des bois affectés aux mines pour les constructions , les charbons pour les fonderies et le bois de ehauliaue nécessaire à leurs ouvriers. On
(i) M. de Pesay, dans sa dix-liuitifiiu* Soirée I-Jelveticniu1 , park dt*» intiu-s de (iiioniagnv ; » .La nature, ôit-il, apte-s avoir enrichi re.* >» nnoc,s de;; j)"hi.s ncht's filons, a dlspost- à IViKoiii des fx>is iinni<jn■■{•.-. " en grande partie afirt tes aux i'omkiies. J)ts étangs et couians d'eav; f> tuurnissent , sans relàt he , im luotctn aux machines, et toules ie:-n facilites déshahles pour les les>ive.s du niineiai. «i Qvnmmr tel oujrage ne puisse faite iuUoiite painit le.s' n*ijKr^1ogiî.ît'>s, je Je ci.li-parce que sou auteur n'est rejjcoutrë ici avwf la verife^
              ' / . . -

(.64 tv v ■■;■■. v
= ni a dit que ces bois alïoient'à plus de sept mille arpens.
Mmes de Les.fermiers des forges «Je^Belfort étoient obligés de 1J* fournir le fër aux mines- à un quart au-dessous du prix courant, et cette forge n'est éloignée des mines que de ç- , "deux lieues. Le pays est très:beau , on* y parle les deux langues* les denrées y sont bonnes et peu coûteuses , et J les mineurs jouissent des exemptions de droits seigneu­riaux , de corvéeg^TTrtiutres charges royales. Daiileurs les paysans y sont accoutumés aux travaux des mines. Tant d'avantageXrjéunis* engagent le mineur à se fixer dans ce canton , et à s'y contenter d'un salaire bien inférieur à celui qu'il recevroit ailleurs, II est commun de trouver à Giromagny,* des ouvriers à vingt livres par moisf, tandis qu'en d'autres-'exploitations on a peine à ! les retenir en leur donnant dix écus de salaire pour le même temps.                                               t
Nature des Enfin les gîtes de minerais y sont multipliés et gîtes de minerai, s'y soutiennent en longueur comme en profondeur. Leur direction est constante et bien -réglée : ils sont d'une puissance moyenne, de manière que les subs­tances métallique^ y sont-rapprochées; on y a trouvé des mines d'argent de la plus riche espèce, les meilleures mines de cuivre, des galènes riches en plomb et tenant suffisamment .d'argent pour mériter l'opération de la coupelle (i), quelque peu de mine de plomb blanche et verte , des mines d'antimoine et d'arsenic , etc.
(i) On trouve à la pagf* 3o3 du premier volume de î'fclnryclopt'die , édition de Paris, 1701 , ir l'article AL a:e, uni' noie tre-i-infonm- des produits dcM «unes.de (itromagny dans le^i mois de mari ejL d'avril 1744. Celte note est incornpre.heusiMe, même pour les personnes qui eomîohjsent la manière dont on calcule aux exploitations 1« produit
: :'■■-..■ - .- . :-Je

Je ne doute point, d'après ce que j'ai \u, qu'en em­ploya})! dans l'espace de trois à quatre années 200.000 L M|IIM (it al exploitation de ces mines, on ne put mettre quelques-unes d'entre elles eiî pleine valeur; le bénéfice seroît employé successivement aux autres travaux qu'il con­viendrait d'entreprendre, et bientôt on auroit une ex­ploitation aussi brillante que lucrative. La description que je vais faire de ces mines, justifiera, je crois, l'opi­nion que je viens d'en donner. 1! sera bon , en la lisant,
des •minerais : mais, comme clic peut donner quelques lumières sifr le contenu de toutes les matines qu'on ibndoit alors à Giiomagiu , jtj crois qu'il sera utile d'en anaUsTr ici les résultais , en obtenant aupa­ravant que les contenus en arjrut et en cuivie , indiqués dans les» colonnes, ne sont pas d'accord a^ec les totaux , dans IcMjtJe!:-. i! hVm pas même lait mention c'u plomb ; on auiuit du cgalement indiquera la colonne de la livraison dvA mineiais, que Us quantité» qui \ sont portées", étoienl des livres; il lailoiC ctionu i que le.-» chilTic:* ,°|x!.'( cr. sous la colonne des lotlis ,:.ignifi')ieni ie nc-m'ue de.s l-)!!"* <>.ï cit mi-oticcî» 'd'argent , contenus dans < haque quintal c!e minci ru : il e n^wi'oii au «.si de dire que les chiffres des colonnes ducimtcH «h ['ioinH iiwiiquuieiit la quantité de livres de ce;, métaux, unfi-tnuc tir luêmo f'v^ vn quintal de minérjn. Enfin i] p.tiuif (jue les cinfîics ch- (c< <o]<Hîiies i.e sont pas poses'vis-à-vis des S')!un)e.'> <_!(■■■. li\»\ii-sor^ auxcjuelî»1? ijsto»-resporulent ; car si Fou c.ilcul'1 en f<»'Mi|i*o«u de î'oixiu- (î.ui-. li'qiu'î \\i sont placés, on trou\e (|ue les 40,10, \\\. de iii.\t'reie.-. Jf^utiiii5 à J^ l'on cl cri e , en mars , coulenoient J.'J mau ^. ô 11: < 1 s , 6 î:tu . e^-.ii^ent > «04 liv. , 4011c. de cuivre, et -,o .-> li-.. de [lowr1, ,:i. !ici: <:t t > «-.u!-, 3 !ives( sans doute on a ^ouiu iiuMm' .ï î- i'm- '. et ï.'.-^. '\\. '•'' « ;.!. i< , à quoi l'article de l'Encu-loprdie j mit- le- pr«-!aii lui;'.!. •■ 1- .r\i-n-xleja dit que celui en piomS) n'ft.îit jj- t ,uI;:l- L!n>ui\aM t:.v>i . t.i.'.'l, le (jutnfal des matières louinie> à !<.i londiiiv' >mi m<!i> truln-t ; fti<c. 1 denier et ïï grains d'.ngent , 2 fiv . 4 «M'u-h (.!<■ t ui » w ; î<, !'•. it.>, 10 onces de plomb ; celui-ci tenant 5 mu e? . '> gu>B. <; uuii:«.- u'.n^ci'.» au quintal.
Lès méiiics eneursoni lieu dans IVtat de- \\\ uû>t>ui du mois (i'.n il : elles, montent à 44,050 liv., t"l me.-, caienî.- pt rient lair uuiU-iiii à liv^tle plo«tbj5o maris , 1 oiut< t J gio* d'aigent, et 3tc i î v,
/V^/V* ///.                                          I

Mines de Giromagijy»
( 66 )
de consulter outre les cartes de l'Académie, la quatre-vingt-neuvième feuille des cartes minérulogiques de M. Monnet (i). M. Duhamel, ingénieur des mines, (ils de l'académicien,et M. Mailet,élèves de l'école, ont remis a rachninihtratîon de très-bons mémoires sur l'état ac-fuel des mines de Giroinagny. C'est parce que j'ai été témoin de leur zèle et de l'exactitude de leurs observa­tions", que j'ai fait a\ec conliance usa>.re de leur travail
c**cuhu*; au lieu de o> niaics- ! • 'u.(cji plate de Jolti-) 'l'argent tt dt koS- fî\. de cui\ te , q.u tciuie-iî le ic-înîuit fie cet aitii le dans î'E:u \clopedk- : (Vêpres i.it-s optiati^ns, < Imu.!»- quintal de matières fournies tnavul , tient - gios et 10 "\-a\iu ù'ai^eut ; i'li\., ,'A onceà > o ^îo-. , 1 denier il îv> g;<.iiri- ckj cui. ic , el 21 !•'.. , 4 onc. de plomb ;
et
!uq;if fjuin;al de plomb te Uimu1 îenli ^.out.^ 2 ^ros et 21 graius
Si au ccHitTiûre on "prend pour base les totaux de 1' m supposant, cpmine-ci-dî'^us, qu'il i eUnent reyîs , et que la diffe-rente ne pruvuiî i|iH'_du dépiac^iieiit des eliîfiVes dans les colonnes de» états , nous aurons pour"les li\ ïa'fdon-s cle ti?ars , au quintal de minerai, 1 os e e,, 1 j;ro.i, t tienier ei G giains (.l'argent ; 2 liv., 10 onee-s à e cui\te:et pour k-s livKiisons d'avril , 1 once j-3 grains d'argent T et'- liv., - onces",>f ^ra> tîe ctdvre. _
11 fau! obser\ er que k> conlenu ties minerais est plus considéraiile
en rêaiiu'*-, que ne .Se donnent ces vésuilat>, puiscm'ilqin tiennent jusqu'à 4 et <5 -lolh^ .cl'argetH au fjnintal
y a des pari, ies :ss de
■ cuivre ,rei.plu» cie 5o livres de plomb. Mais ieâ matières e ies livraisons tlemars et d'avril 3744 , ne sont pas uniquement du m\~ néraî ; îî y a parmi, beaucoup de laitier et de triages de déblais, et .si-l'on jet te les Veux sur ces états ., ottï'ie "doutera --plus tjuc le»» som­mes de.> colonnes ne répondent pas^ cornnse- elles le'deyroient, à celles des matières fournies, car iî est rtdieuîeiJly voir que des crasses tienneut plus de oc liv. de plomb , etc. ileureusement nous n'avons pas\à craindre des/articles, aussi t*a-û t i fs fans îa partie des travaux des mine> de"i*Erreyelopédie HK^tliodique. M. Duliamel ,.qiji est chargé de sa rédaction , n'aurpit.pas puijHe;des états si■-rncGrû-cts.
v s } Cette feuille a pour titre: Carte jtuinéralogiçjLae d'une partie de la Franchf-ConiU' eî de l'Alsace-.,.oh si* tréuvent Lu«, Bvlfort et Montbelliard. ■ ...                                 '"'■■':■'" ""'-"-■",_.;-..■*._

pour différens.détails , dont je n'ai pas eu !e loisir d<»• ~~™-.-—.-r=.-nrïnstruire sur les lieux. Les principales mines de Ciiro- M""*" '--màgny sont en partie situées au nord de cette ville, du              "
côté de Saint-Pierre, et en partie au couchant dans la paroisse cfAuxelle, au revers du vallon de Planchez-les-mines en Franche-Comté, dans lequel on aci-de\ant fait un grand nombre d'exploitations.
Je commence la description de ces mines par celles' Tmiî'.m qui sont au nord , dans Te Ban même de (iiroma^uv*. <|: ('lf;"1!'.~; ; et particulièrement par celle de bamt-rierre . comme tuJ ,,,' §ll „,,, Ta fait M. Je comte d'Hérouville; elle nV.st qu'à une dioaint-i'itiic. ^"ès-petite distance de Giromagnv, dans la monfaqne de Mort-Jean. M. de Gensannë la re^ardoit comme la plus profonde et la plus vaste des minières tïu can­ton : il y comptoitJusqu'à treize puiis fi). rLpiacoil le sol du dernier à la profondeur de ou in/** cents pieds."' Le puits supérieur se trouvoit à rpiaranle toises de l'entrée de la galerie: celle-ci se pro!onw>it de cin-quante-cinq toises au-delà. Il panoit plusieurs galeries de ces divers j)iiits. El y avoit encore un puits au jour, dislaïit delà galerie d'environ rent ciiK^Hante toises. Il avoit été creusé sur la, direction du lilon ; . ■ les gens du pays disent que sa profondeur est.au plus.-' de cent pieds. Vingt-deux pompes aspirantes,-mues par une roue de trente-deux pieds de diamètre* que faisaient tourner les eaux d'un canal extérieur long d'un quart de lieue, épuisaient les eaux de ces fosses. Ce filon étoit, dit-on, incliné de quarante-cinq degrés, ;-de .manière qu'on ignore si les quinze cents pieds de
Al. le couuc dTlérouville uVternmu* hi profondeur tit" chacun i- t es puUs. AncieiJii mincralugislcs , tonn. ï, pag. 728. --

(68)
:rT"~ profondeur, indiqués parM.de Gensanne, sont obliques -te T)ii perpendiculaires (j). Les matières qu'on tiroït de ce fîioiu couime-nous l'om fait voir les tas de déblais , con-sistoiYnt en mine de cuivre urii:e et jaune, et en gajène. Du temps de M. d'iiérouviNe elle îenoit depuis trois jusqu'à huit loths- d'argent au quintal. M. ( >: r^i-sanne porte de quatre à huit lotbs- sa richesse en ary,< ni. Le ternie moyen de ces données est à-neu-pres le même. Au"neuvième puits. Je filon avoit deux à trois pouces de mine pure. Il ne s'en trouvoit guère qu'un demi-pouce dans la profondeur, où le iifon se rétrécissoifc beaucoup. M. Broehnann avoit eu l'intention de relever la galerie principale, pour en poursuivre l'entaille dans le champ frais , sans doute, parce qu'il rf avoit pas jugé vraisemblable qu'on eût poussé ces travaux à une si grande profondeur, s'ils n'eussent pas été productifs; mais fa compagnie dont il dépendoil cessa ses travaux avant qu'on ïiit parvenu à la tête de la galerie. Les mi-neui'sdu pavs,qui ont reconnu au-dessus de\ escemont, village situé à 1 embouchure d'un vallon parallèle à celui de Giroinagny, un filon dirigé et incliné comme celui de Saint-Pierre, contenant les mêmes espèces de minerai , sont persuadés que cet évent de Vescemont est la continuation du filon de saint-Pierre; cette asser­tion vague doit être mise au nombre de celles doni j'ai fait mention clans mes notes aux Lettres deTrébra (2), II v a sur le même filon , selon M. de Gensanne (3),
(1) M. Broehnann , aujourd'hui diieew*i <»<'>- mines uv Poullaouen [■h bas:;e-Bretagne , mu dit que ce sont Jyioo pieds perpendiculaires-,,X) Page 246, (6) Memoiîfs deê Savam étrangers, tara, IV , pag. ï6y>

un autre ouvrage, appelé Saint-Louis , qui joignoït par ------.......-
'une'galerie les travaux de Saint-Pierre. M. d'Héron- ,.. J ville (i) fait aboutir les ouvrages de Saint-Louis clans une des galeries des fosses de Phenniu^-thurn : on r.e peut raconter de tous ces travaux que <e que ces écrivains et la tradition nous en apprennent.
En face de Saint-Pierre-les-mines. et toujours dans Mino&de-cuiw le territoire de Giromagiry ,-sont les travaux dé Saint- plomM ai^ Daniel. Ils consistaient, en 1741 ,eu une galerie de trente toises, sur la longueur de laquelle il yavoi'tcinq puits('i). Du sol des trois premiers partait une galerie de quarante-deux toises. M. de Gensanne (3) ne donne à ces travaux que deux cents pieds de profondeur ; ce filon produi-soit outre le plomb, de la mine de cuivre grise et jaune* qui rendoit quinze à dix-huit livres de cuivre au quintal, et six, hui t et jusqu'à douze onces d'argent. La gâlènedon-noitquarante-cinq livres deplomb au ([uintal; pour l'ordi­naire ce Ç\um ne fournissent que de la mine à boccard, il avoil six pouces d'épaisseur commune (4). Les travaux que je viens de décrire, sont connus sous le nom de la mine de l'ancien Saint-Daniel. Il en existe de plus mo­dernes, placés à cent toises environ des anciens : ils consistent en plusieurs puits, dont l'un pris au.jour, tomboit sur l'entaille de la sralerie: il v en avoit deux autres dessous, qui, réunis au premier, donnoient
(ï) Anciens minéralogistes , loui. ï* pag. -3t.
(2) Leur profondeur est indiquée h la page "3e. <oQî.-i de» Ancien? minéralogistes.
(.i; Mfnioirt's des Savans é(iaiigers} tom. 4. pag. j67 ; et Ancieiis ntmeralogistes , ibid.
(4) Anciens mineralogisles , ibid.

., , /, '. ag. au sot du troisième puits cent cinquante pieds de pro-
Mïncs de fondeur. Ces travaux ne sauraient être tenus à see que
iromagn>. ^af une galerie d'écoulement ; celle de Phenning-thurn,
dont nous aurons occasion de parler, les délivrera de
leurs eaux (i).
Mine de cuivre A soixante toises environ au levant de Saint-Daniel, de St. Nicolas. SORt jes ancjens travaux de Saint-Nicolas, Ils ont peu d'étendue ; en 1741 on jugeoit qu'il étoit nécessaire d'exploiter cette mine pour l'utilité de celle de Saint-Daniel (2). A la même époque, la longueur totale de la galerie anciennement pratiquée sur le filon, n'excé-doit pas vingt-six toises. Les mineurs actuels, qui savent l'état où étoient ces travaux au moment où on les abandonna , prétendent que cette galerie a été poussée à la longueur de soixante toises ; elle étoit dirigée du sud au nord. Trois puits (3) pjrfcéê les uns sous les autres, portoient la profondeur H#-tes travaux à cent vingt pieds au-dessous de cette galerie, à la tête de laquelle il y avoit deux pouces de mine désenivre jaune et grise. On assure qu il avoit été pratiqué a son extré­mité une galerie de traverse, qui servoit à l'écoulement des eaux et au transport des matières de la mine de Saint-Daniel. C'est à cause de cela, sans doute, qu'on croyoit utile'de maintenir en bon état les fosses de Saint-Nicolas. La direction du filon de Saint-Nicolas est sur douze heures et incline au levant.
(1)  M. Broeiruann croit se rappeler, que les nouveaux travaux de Saint-Daniel sont pris à 60 pieds au-dessous de la galerie de Phen­ning-thurn.
(2)  Anciens minéralogistes, toni. 2 , pag. 73i.
(3)  Voyez la profondeur de chacun de ces puits ; Àncieus rninéra-lugistes, ibid.

( 7» )
Les travaux de Phenning-thurn (1) seXvoient à peu =
de distance au nord des mines de Saint-Daniel. Ils
Gir-
passënt pour les plus considérables du canton; le filon M
imi de (.mue
qu'on y a exploité autrefois étoit dirigé du sud au ndfd, rt argent. a.-
presque perpendiculaire vers le jour, mais incliné au Pbeniiï.i»-ii
levant au-delà de la moitié de la.profondeur des travaux,
II donnoit de la mine de cuivre jaune et grise, contenant
dix à douze livres decuivra -et deux marcs d'argent au
quintal (2) : les ouvrages consistaient en une galerie de
quinze cents toises, et douze puits percés lesinis nom
les autres et approfondis chacun de cent pieds; ainsi
la profondeur totale de ces travaux étoit de douze cents
pieds. En 1741 , M. d'Hérouville vit dans le septième
puits, de la mine d'argent,disperséeau-dedans du filon:
dans une foncée que Ton creusoit à l'extrémité d'une
extension de 3o toises, qui partoil du neuvième puits,
il trouva un pouce de mine; et trois pouces dans le
douzième'du côté du nord.
Au sol le plus bas des travaux, où aboutissoient les corps de pompes d'une machine hydraulique qui y avoit été construite, il y avoit d'une part trois pouces, et de l'autre six pouces de mine massive sans mélange de rocher. La description que M. d'Hérouviiïe nous lait (3) de ces travaux est confuse.
Le canal dont les eaux fàisoienl mouvoir la machine hydraulique dont je viens de parler, les recevait de la rivière deGiromagny, à trois quarts de lieue des travaux.
(r) Tour aux phennings , tour aux. deniers , tour où est déposé le trésor public des villes , etc.
{%) Anciens niiiH'raiuuisies, tom. 2 , pag. ~3i.                       " "' ..
(3) Ibidem, pag. ;3a,

Mines Giromagiiy*
près d'une lieue et demie, à cause de ses sinuosités. Pour fournir de l'eau à ce canal, lorsque la rivière n'y suffisoit pas, on avoit construit les étangs delà Buzînière, des Belles-filles, d'Etang-neuf, et un quatrième, situé entre le ban du Puix et celui de Giro-magny, dont on ne m'a pas dit le nom. Ces détails ne présentent rien qui puisse engager à proposer la reprise de ces anciens travaux. Elle seroit infiniment trop dis­pendieuse. La compagnie de M. de Gensannè ne parvint à vider ces ouvrages que jusqu'au septième puits.
Aujourd'hui on a pris le.très-bon parti de com­mencer une galerie précisément en face du château de .Phenning-thurn, au pied de la montagne qu'elle doit ouvrir. Elle coupera à angles droits la direction ordi­naire de tous les filons qui peuvent s'y trouver, et en même-temps ceux des travaux de Saint-Daniel, ëe Saint-Nicolas et de Saint-Louis. Ce percement, Cjui lors de ma visite avoit cent quarante-quatre toises de longueur, étoit dirigé de Test à l'ouest.
Des ouvriers ignorans le poussoient à raison de Jo livres pour huit toises; mais outre qu'il manquoit d'air, parce qu'il étoit tortueux, il avoit encore le défaut de s'écarter très-sensiblement delà direction dix heures quatre huitièmes, qu'on devoit suivre pour arriver au puits de Saint-Daniel. MM. Duhamel et Mallet le redres­sèrent : ils en levèrent le plan, en y remarquant tous les objets qu'on a rencontrés. Je joins ici ce plan et la description qu'ils en donnèrent.
« A A A. Sinuosités que fait ce percement. « B B B. Opérations que nous avons été obligés de « faire à l'extérieur en dessus de la montagne jusqu'au
« puits
tmpADBD-4.jpg
Percement de

JPaae "2 .
tmpADBD-5.jpg
PLAN ET COUPK DU PERCEMENT DK PFKNINGTIIUIïN; '/*?/>m £>(//• Mfs DuliAiiicl -et 3
Nivrell cm en t e ( Pr o fil cl e la ?
>c^rations extérieures.

* puits de Saint-Daniel, où l'on veut aboutir dans la ■ - ■"■ » profondeur par le percement/                                              Mjm*s
» C. Piquet placé en dessus de la montagne, où Ton » présume qu'est le puits Saint-Daniel.
» D C. Direction sur dix heures quatre huitièmes , » qu'on doit suivre pour parvenir au fond du puits » Saint-Daniel ». ■                     .
Après avoir calculé toutes les horizontales des opéra­tions .comme cela est indispensable, et rapporté le plan, nous avons trouvé i°. oiie les travaux alloient beau­coup trop à droite, et qu'il y avoit au moins une diffé­rence de quatre heures, 2°. Qu'il y avoit encore qua­rante-huit toises à percer jusqu'à la ligne verticale, qui séroit abaissée du point C, où est le piquet, sur le per­cement. 3° Que le puits.où l'on vouloit aboutir, étant incliné du côté du percement à l'orient de quarante-cinq degrés, suivant la pente réelle du filon ,^il n'y au-roit tout au plus que vingt-cinq à vingt - huit toises pour rencontrer le puits.
E E. Galerie des anciens, à trois toises du jour, sur la direction du filon de Phenning-thum, et dont on ne sait pas la longueur.
E F. Puits sur la direction du filon du midi au nord, sur douze heures ; en cet endroit il est vertical, mais plus bas il incline au couchant, si Ton en croit la tradition.
G G. Direction d'un filon de quartz sauvage du midi au nord, sur douze heures , inclinant au couchant à vingt-quatre toises du jour : il ira point été suivi.
H H'. Galerie de huit toises sur la direction d'un filon de cuivre, plomb e.targent ; il s'est appauvri au bout de ta galerie, où l'on a foncé un puits de huit toises. Le
Partie III.                                          * K

( 74 )
—=.---— filon y étoitun peu plus riche, et donnoit trois pouces dl de minéral. Sa direction esl'du midi au nord, sur une heure septentrion; il incline au couchant.
Kl. Galerie de six toises de longueur, sur la direct tion d'un filon d'argent gris , courant du nord au rrn/fr, sur trois heures méridien ; il incline en sens contraire du filon H H, et s'y réunit au poiigpK.
L L. Galerie de quatre toises, à cinquante toises du jour , sur un. filon de cuivre, plomb et argent; sa direc­tion est du nord au midi sur deux heures.
M'. M Galerie des anciens sur le filon que Ton. a ren­contré en M*, où il change de direction, et prend celle de dix heures septentrion. " -                     \
N N\ Galerie de quelques toises, faite par les mo­dernes, qui ont rencontré-de vieux travaux en N'.
N O. Une partie de ces vieux travaux-, dont on ne connoît pas la longueur; le filon a dix-huit pouces de largeur, mais ce sont des grains de minéral répandus dans la gangue qui est quartzeuse.
P\ P Galerie de treize pieds, dont neuf sur la gauche du côté du midi : à son extrémité, Ton a trouvé du plomb et du cuivre , le filon ayant trois pouces d'épaisseur de minéral » A droite du percement, vers le midi, au »> point marqué P , la galerie n'a que quatre pieds ; le » filon s'est appàftvri, et il paroît que c'est-là sa tête. La » direction générale de ce filon est sur deux heures ** du midi au nord , et son inclinaison au couchant. «
Q Q'. Direction d'un filon d'argent, cuivre et plomb, de dix pouces d'épaisseur;» elle est du nord au midi, >> sur une heure quatre huitièmes, et son inclinaison au » levant. Il n'a pas encore été travaillé ;oa attend pour

» cela qu'on ait fini les percemens ; ce filon a été pré-» cisément pris par la tête, il ne se trouve plus dû côté » du nord sur la droite du percement. L'on présume » que c'est fe même que celui de Saint-Nicolas. Il donne ». les espérances les plus flatteuses , et est à cent vingt-» une toises de feutrée du percement, et à vingt-une » de son extrémité actuelle; si la galerie qui traverse » depuis la mine de Saint-Nicolas jusqu'à celle de Saint-» Daniel, est longue de cinquante toises, et que le » filon QQ soit vraiment celui de Saint-Nicolas, il » resteroit encore à faire vingt-neuf toises, ce qui cadre •» -assez .bien avec nos opérations. «
II en résulte qu'on a déjà atteint le premier but qu'on s'étoit proposé en entreprenant ce percement, celui de découvrir de nouveaux filons en ouvrant la montagne.                                                                  ^-s*.
Si l'on va au nord un peu nord-ouest des travaux / que je viens de décrire, on trouve en remontant la / Savoureuse, le village du Puix, dans le territoire du- ( quel ont été exploitées les mines dont je vais donner \ le détail.                                            v                               V
Celle de Teutsch-gruhd est placée par M. de Gen- Ban du saune (i) entre le filon de Phenning-thurn et celui de Saint-Daniel. M. Broelmann m'a dit avoir reconnu que cl <î>al"ftcllt ce
t n i m         t                                          TeuUch-grund.
la direction du falon .deTeutsch-grund étoit la même que celle de Saint-Pierre, et qu'il regardoit le premier comme la partie correspondante tiu second, en alle­mand le Gt'gen-tnunm.
Il paroît que cette mine de cuivre et d'argent a été                  -
(ï) Mémoires des Savons étrangers, toni. 4,pag. 168.
Kii

— ci-devant productive. Les0 anciens avoient fàk-sur ce
Aimes de fï|on deux galcrit\s<Tune (|ii'on estime avoir étf poussée
(liioniii^nv.          ».           ...              , p .                -           <■                        . -i
*- ' a sept cents toises , et I autre environ a onze cents. La
compagnie fit ouvrir la. première de ces paieries, dans
la longueur de cent toises; mais nonobstant la grande
'                        quantité de bois- qu'on y employa pour étanconner.
les éboulemens furent si fréquens qu'il fallut y renoncer.
M. Broelmann , ayant observé que le iilon de S^int-
Pterre et celui de saint-Daniel, dévoient se joindre en-
r                      vîron à cent trente toises au-de-là de la première de
ces galeries, c'est-à-dire à huit cent trente:toises du
jour, désiroft les exploiter dans leur point de réunion.
Pour y parvenir, il se mit en devoir de relever cette
même galerie: il l'entreprit d'autant plus volontiers,
.qu'elle n'avoit pas le défaut de monter comme celle de
Phenning-tburn , et que son sol étoit de cinq toises
plus bas que celui de cette dernière;mais les travaux
furent cessés en même temps et par les mêmes motifs
que tous les">*jires.
Mine Je plomb A un quart de heue au nord du village-du Puix, à et argent de St. ]a galiche de la grande route du Ballon de Giroma-
Fraucois.                ' ' . ,             ,                    , _, . ,,          .          . r
gny (îj, sont les travaux de oamt-rrançois, qui turent
(i) I.e Ballon est une ïnonfagne très-haute, sur laquelle on a pra­tiqué xmv chaussée supeibe, servant de communication de Belfort à îvancy , à Rêmireiuont , etc. 1 y a deux mille pieds à monter: cepen­dant la peute de la chaussée a été ménagée avec tant d'art, ses coudes et ses replis sont tellement multipliés qu'ils foi ment des rampes , dominant les unes sur les autres, dont la montée e*t si douce qu elle n'est que d'un pouce par toi>e, et qu'il faut trois heures pour at­teindre la partie la plus élevée de la rouie, et pvesqu'autant pour en descendre. Pour la construire , en a fait sauter les rochers ; le côté du précipice, et.quelquefois même celui de la montagne sont revêtus d'une rampe à l'autre par une maçonnerie sèche , autant pour soutenir

?
abandonnés en 174.3 (1) par la compagnie de M. de Gensanne , après qu'on eut dressé prncè.s:verbal en pré­sence de tous les mineurs, qui reconnurent qu'e cette mine ne valoit rien. Elle fournissait trois à quatre pouces de galène, donnant quarante pour cent de plomb et une once et demie d'argent; mais elle ctoit souvent mélan­gée de rocher de quartz. Les travaux consisloient'en une galerie de quinze toises, dirigée sur neuf heures sep­tentrion et en deux puits. Le sol du second étoit à quinze pieds de profondeur: on en a voit commencé un troi­sième, au fond duquel le minerai disparut totalement; il ne s'y trouva plus qu'une roche noire sauvage,
M. d'Hérquville nous parle (2) d'une autre mine *située Travaux de dans le ban du Puix, qui étoit appelée Saint-Jacques : on ^aim-J ne l'exploitoit point en 1741, parce qu'il auroit fallu y établir des pompes, et que pour les faire agir on auroit consommé une partie des eaux, dont on ne vouloit pas priver la machine de Phenning-thurn.
'le terrain, que pour empêcher que les pierres et les terres qui s'en dfuulient , ne vannent s'amasser sur la chaussée. Aux endroits où ■t*yfr'-'ci se trouvoit coupée par des ra\ines,on a .pratiqué plusieurs ponfs de pierre voûtés , parmi lesquels jl s'en trame de fort élevés.
A une petite lieue du'sommet se voif un monument, érigé* en 1768 par feu M. de Lueé, intendant en Alsace. Jl consiste en unv fontaine en forme de pyramide ; l'eai*, fjui sort "d'un masque de bronze ., tombe dan> une coqurlle.de marbre, et s'tcoule dans un bassin i^rolescmc-ment taillé. Sur la pyramide est l'inscription suivante r' -
- Imperat hic Lodoix, nec s-.y y a ijorre«ce , nec uhdas; suspice, dant rupe? poc^la, monsque >"iam.
a n n. m. d c c l y i i t.
Au liant du Ballon se ^souvent plusieurs métairies: son sommet fixe dans ce canton les limites de la Lorraine et de l'Alsace.
(1)  Mémoires des Savans étrangers, totu. 4, gag. 169.
(2)  Anciens minéralogistes , tom. 2, pag. 733.

(78)
1             == - Les mines de saint-Michel sont indiqués sur la carte
Mines de ae ]'académie, à feuit cents toises environ à l'ouest nord-
iiio.i.agii>. ouest du viUage du Puix. Le filon de cette mine est
j\Inie de plomb ,. . , ,              v               ,          .,.,.,              _.             .
fUiSt. MicU-l. dnW du nord au sud. et incline a 1 ouest. Son rocher latéral est calcaire; sa gangue, du spath de la même nature; son minéral, de la galène. * ***
En 1741 les travaux, selon M. d'Hérouyiïle, consis-
toient en une galerie de traverse de 8 toises, et un puits
de 5 toises. En 1767011 a fait au-'dessous de îa galerie
des anciens, une nouvelle traverse par laquelle on a
jpdatteint le filon à vingt toises du jour. Plus bas a été
prise une troisième galerie, qui a trente toises, et la
j               pente de la montagne est si escarpée dans cette partie ,
qu'il seroit facile d'ouvrir une galeriéircinquante toises
au-dessous , sans que sa longueur fut considérable : les
travaux sont pleins d'eau.
Mine de plomb Plus près du.Puix, dans la partie de la montagne de de Ste. Mane. Saint-Michel qui porte le nom de Sainte-Barbe, est un filon parallèle à celui de Saint-Michel ; connue lui, il fournit de la galène, mais sa gangue est quartzeuse ; il se pourroit néanmoins quece ne fût que le même Hion. Ces travaux peu importans ne consistent qu'en deux tra­verses, dont l'une n'est inférieure à l'autre que.de quel­ques toises. Le filon qui ne don n'oit que de la mine à boccard fort maigre, fut bientôt abandonné : aussi les haldes y sont-elles peu considérables.
Mine de cuivre * M. d'Hérouville fait'mention de la mine de la Seligue, de la Seligue. ou du Schlich (1), située dans le même ban. Il n'y av-eit
(1) Tous les minéralogistes savent que ce mot allemand signifie le minerai en poudre, tel qu'il sort des lavoirs.

' (79)
qu'une galerie de vingt toises sur le filon qui donnoit------------^~-
de la mine de cuivre pure.                                            Mûies de
Giromagnv.
De-là', M. dTIérouville passe à la mine de .Saint- ... , ' .
*            ri                         - ■jMinodecuivre
Nicolas-des-bois , ouverte à une forte lieue au nord rl j,, pUimb do du village du Puix. Elle donnoit de la mine de cuivre et ^i4'nt -Nicolas-de plomb ; ses travaux sont situés à une centaine de ^~iiUi>-toises au-dessus du pied de la montagne. Ils consistent en deux traverses. Celle cjni est supérieure à l'autre", doit avoir eu environ vingt toises de longueur, et on s'est contenté de faire de droite et de gauche des exten­sions de quefques toises seulement, sur le filon dirigé du sud au nord, et incliné à l'ouest, dans une gangue quartzeuse. Une foncée de trente-cinq pieds a été ouverte dans l'une de ces traverses qui sont remplies d'eau , etc. Les tas de déhhiis qu'on remarque, indiquent qu'il a été fait sur ce filon un grand nombre de trous d'a-rileu-remerrs^fr) sur la même "direction.On croit clans le pays qu'anciennement ils ont fourni assez de minéral pour alimenter une fonderie située à la Goutte-Thierry-, à 25oo toises au nord desGiromagny ; il n'en existe plus d'autres vestiges que des scories. Mais il est pro­bable que les mines de Saint-André , Sainte-Barbe, Saint-Paul, aussi dépendantes du Puix, et dont nous allons parler , fournissaient en même temps à cette fonderie.
Les mines de Sainte-Barbe, sont environ à quinze Mine do plomb cents toises au nord de Giromagny, derrièn^ne maison de Ste< Barbe-isolée, qui se trouve à la droite de la grande route du Ballon , où il y a un percement comblé, que les mineurs
__{x)_Schurff des Allemands.

(80)
=== disent avoir trente-quatre à trente-cinq toises. M. de de Gensanne(i) croît que les travaux de ce nom ont été &n'>- faits sur le même filon que ceux de Saint-André. Les haldes des fouilles de Sainte-Barbe , sont sur une heure quatre huitièmes; on y trouve de la galène. Si Fou en juge par le rocher qui constitue l'extérieur de la montagne , la roche'latérale de ce.filon, est du granit. Sept à huit toises au-dessous du percement précédent, - on en prit un second de dix toises, à la tête duquel on creusa une foncée qui communiqua'dans de vieux tra­vaux éboulés. La mine fut abandonnée. *
Mine de plomb- Lesmjnes de Saint-André sont à cinq cents toises-—-de Saint-André. au nord des travaux de Sainte-Barbe, on les distingue en vieux Saint-André, et nouveau Saint-André. Us sont faits sur une veine-, dont la direction est parallèle à celle dû filon de Sainte-Barbe. Peut-être même n'est-ce qu'un seul et même filon , comme Insoupçonné M. de Gensanne, puisqu'il est vrai qu'une galerie, d'environ deux cents toises,-communique du nouveau au vieux Saint-André. Les trous rapprochés qu'oa observe à la surface du terrain au- nouveau Saint - André , donnent lieu de croire qu'on a extrait beaucoup 'de minéral des affleufemens de ce* filon immédiatement sous la terre végétale. C'est à une galerie de quatre cents toises , pratiquée au vieux Saint-André, que se joint celle de deux cents toises dont nous venons déparier, il existe - encore dans le vieux Saint-André, une galerie d'écou- * lement, et une traverse supérieure à celle-ci d'environ vingt - cinq toises. Cette traverse a trente à quarante
(î) Mémoires des Savans étrangers, tom.4, pag. 169.,
toises

toises de longueur. Il y a eu cje plus deux percemens =■=*■•........---■
pris jusqu'au niveau de la rivière , à quatre-vingts toises Min™ d environ au - dessous des travaux dont nous venons de tllolUilKny-parler; nais on ne les a guère poussés que de trente, toises. Ces travaux,qui pourroient devenir utiles, furent interrompus lors du départ de M. Broelmann.
A six cents pieds environ du vieux Saint-Paul. on a Mines d fait une galerie de cent toises, sur un filon qui paroit être Sunf-Plu! le même que le précédentauquef il est parallèle. Le filon étoit très-maigre dans la galerie,-ainsi que dans un petit puits pris à son extrémité.
M. d'HérouviIle (1) nomme encore dans le ban du Puix, les mines de la montagne Collin, de la montagne Schelogue, des trois Rois, de Saint-Guillaume, de Buzencère; et M. de Gensanne (2) nous parle d'une mine d'argent vers la montagne de Saint- Au toi ne, et d'une mine de cuivre jaune et verte, trouvée près du sommet. Il croit cjue ce dernier filon est le même que celui qu'il a rencontré dans un percement fait pour par­venir aux grands filons de la vieille halde.
Nous terminerons la notice des mines du ban du Puix, par celle de la mine de Saint-George, située dans le mort Jean, montagne où nous avons vu qu'étoient pla­cés les travaux de Saint-Pierre. Les anciens avoient exploité à Quinze ou seize toises au - dessus de la rivière, par de petits travaux encore au jour , un filon dirigé sur six heures, tenant de la mine d'argent grise dans du quartz et du schiste. M. Broelmann fît pour­suivre sur cet ancien travail une galerie de vingt toises,
(1) Anciens minéralogistes, tom. 2, pag. 733. ; (a) Mémoires des Savans étrangers, tom, 4 , pag. 169. Partie III                                    h

          = et creuser une foncée dé dix toises. La mine d'argent
M*        A
unes de g-risas'v étant soutenue, il prit une galerie d'écoulement
tiiromagny: T i i               .1
le plus bas possible, presque au niveau delà rivière, et qui devoit aboutir à la foncée ; mais cette galerie avoit à peine été poussée à cinquante toises, que Ja compagnie cessa ses travaux.
M. d'Hérouvilîe cite une mine d'argent du ban d'Is-tueffont, à une lieue et demie au levant de Giromagny, ' '■■              qui de mémoire d'homme n'a pas été exploitée.
Ban d'Auselle- Passonsmaintenantaux mines d'Aûxelle-haut ( 1 ), vil-haut-                lage situé à deux mille toises au couchant de Giroma-
gny. Ces mines sont au revers de la vallée de Planchez-les mines, que je décrirai lorsque je publierai ma tour­née en Franche-Comté. La première mine qu'on trouve en Alsace, dans le ban d'Auxelle, en venant de Franche-Comté , est celle de Saint-Jeaij d'Auxelle, située au mont Menard ou Bomare.
Mines de M. de Gensanne compte trois filons dans ces tra-plomb , cuivre vaux (2) ; l'un dirigé sur douze heures, l'autre sur onze, et argent de St. çt je -jroîsïèïlie sur dix. Peut-être n'est-ce qu'un seul et
Jean-ci Aux elle.                              . ,                    , , ,         J              '
a mem-e • hlon qui a des veines iaterares, partantes ou joignantes. La gangue est pour la plus grande partie du quartz blanc mêlé de spath calcaire. Son minéral étoit de la galène qui donnoit, suivant le même auteur , soixante-quinze livres de plomb , et deux loths d'argent au quintal. Il s'y trouvoit quelque peu de mine de cuivre
(1) » Orip.nctn hulc vïco metalli fodiruz quoque dederurj, seculo XVI. Quart » directori earum Heydemburçio in fcudum obtigil, sed taminncuTn infimâ juris* n dictione. a Schœpflin , Àlsatia illustrata , tom. 2 , pag. 48.
(a) Mémoires des Savans étrangers , tom. 4, pag. 166.

. (83)                                     _____
jaune. Le filon contenoit assez constamment dix-huit •--------~.....-
pouces de minéral massif, jamais il n'en avoit donné moins de neuf; les travaux faits sur ce filon ont eV fort considérables. M. d'Hérouville( j ) et M. de Gcnsanne (2), en donnent des dimensions qui ne s'accordent pas entre elles. Je ne puis en parler que sur les'rapports de ces auteurs et la tradition des ouvriers, parce que les travaux sont noyés, les machines n'ayant plus sufli pour les tenir à sec. La dernière compagnie fît commencer une galerie d'écoulement,, dans une prairie auprès du ruisseau des Maux., C'étoit le point le plus bas qu'il fût possible de choisir. Cette galerie qui devoit avoir cinq cents toises de longueur, et qu'on abandonna lorsqu'il en reslo.it encore trois cents toises à faire , auroil donné l'écoulement aux eaux jusques environ soixante.toises au-dessous des travaux les plus bas. Si tous ces faits sont vrais, c'est-à-dire, si la richesse et la constance du filon dans ces derniers travaux, ne sont point exagérées, et que les distances énoncées soient exactes, il est certain-qu'il seroit à désirer que ce percement fût délivré et con­tinué. M. Broelmatin pense qu'on peut facilement' faire venir la rivière de Planchez-les-mines, pour faire mou­voir une machine qui épuiseroit les eaux des fosses de Saint-Jeàn-d'Auxelle.Les autres mines du ban d'Auxel.Ie, sont celles de Saint-Urbain, de Saint-Martin, de Sainte-Barbe , de Saint-Jacques, de la Bagralle, de Saint-Philippe , de l'Homme-sauvage, de la Schelmuth ou Scherchemite, de Saint George et de la Geseliseharft.
(1)  Anciens mînérafogistes, toro.C, pag. 734.
(2)  Mémoires des Savans étrangers, tora. 4, pag. 166.

( 84 )                        . -
------—— Celles de Saint-Urbain furent découvertes en 1734
* * "mes c ou 1735, dans la montagne du-même nom; leur filon,
Gtroniasiny.           i. .
M- j" j | dirigésur quatre heures quatre huitièmes,donnoitdepuis cuivre ci arvicni s*x pouces jusqu'à un pied de galène argentifère et de ïH-Si. Uibair.. mine de cuivre jaune. Les travaux cessèrent en 1744» quoique le filon se fût bien soutenu : ils consistoient *- ,                 en deux galeries pratiquées sur ce filon , distantes l'une
de l'autre cfenviron soixante toises, et longues chacune de soixante-dix loises. On avoit creusé dans la galerie inférieure quelques puits, dont la profondeur n'a pas excédé quatre toises. La galWie supérieure étoit en même temps destinée à mettre à sec les travaux de Saint - Martin , auxquels elle devoit bientôt commu­niquer.                                   *»■
Minedeplomb, Ces derniers travaux sont, comme il est facile de le t-uivre eta^ent penser d'après ce que je viens de dire, plus élevés que ceux de la mine de Saint-Urbain. On y trouve le même minerai que dans celle-ci : il paroît que depuis la relation de M. d'Hérouville (1), ces travaux ont été passable­ment poussés. Au rapport des mineurs qui y ont tra­vaillé., la galerie étoit longue d'environ soixante toises, et il y avoit deux puits, distans l'un de l'autre de qua­rante toises, et profonds de quatre-vingts pieds, au sol desquels devoit communiquer la galerie supérieure de Saint-Urbain, dite le percement de Saint-Martin. Lors de ° la visite de M. le comte d'Hérouville, le filon n'avoit que quatre à cinq pouces d'épaisseur; mais les mineurs soutiennent que sa puissance s'est élevée jusqu'à trois pieds, et qu'aux points où il étoit le plus foible, il avoit
(1) Loc. citât., pag. 734.

au moins neuf pouces. D'après M. Broelmann, ce ne ======
sont que des veines éparses sans être encaissées, qui Mine* de
.            * , ,. j            .                 ,          l Giroma^nv.
ne promettent rien, et le dire des mineurs n est pas exact.
Le filon de Sainte-Barbe donnoit de Ja galène MincdeplomK argentifère , mêlée de beaucoup de bleinde et de cuivre, zinc et mine de cuivre jaune. Les anciens favoient attaqué *l*°!n par un'grand nombre de puits, sans jamais s étendre sur sa direction. Les travaux sur ce filon ne cousis-            U
toient, du temps de M. d'Hérouviile , qu'en une galerie de deux toises, à l'extrémité de laquelle étoit un puits de quatre-vingt-dix pieds ; mais au revers de la montagne, à soixante toises d*un ruisseau , il existe une galerie de cent toistes, et on y a approfondi un puits de cinq toises; à vingt-une toises de cette galerie on en voit une autre plus ancienne dont on ne connoît pas la longueur ; on s'est étendu de quatre à cinq toises de droite et de gauche par la galerie inférieure qui coupoit le filon.
Peu au-dessous et au midi des travaux supérieurs de Minedecuhie Saint-Urbain , est l'ancienne minière de Saint-Philippe et de fer de St. qui fournissait de la mine de cuivre jaune dans du fer pl»hppe. spathique. Suivant le rapport des gens du pays, on y avoit pratiqué une galerie de trente toises ; et à quinze toises du jour on avoit approfondi un puits de douze toises.
La même pente de montagne renfermoit aussi les Minedeplomb vieux travaux de Schelmuth ou Scherchemite , dont ll les haldes même ont disparu. Cette mine, dit M. d'Hé­rouviile, est de plomb, et son filon étoit, à ce que

Ç 86 ) _
             =a3 disoient lés ouvriers, d'un demi-pied d'épaisseur. On
. mes e prétend qu'il avojt sa direction sur six heures, que les
Giromagny. * .             l                                                  ^                      *
travaux traversent la montagne et qu ils communiquent dans le puits de la mine Saint-Martin.
Mine de Ter La dernière compagnie qui a exploité cef? mines, et de cuivre de tïf-<^>it delà montagne de Bagralle de l'hématite, qu'elle
° rt "          livrait à Bèifort, au haut fourneau à fondre le fer : le
filon étoit dirigé sur deux heures, et incliné à l'ouest; il n'a pas donné long-temps de la mine de fer pure. A peine les travaux avoient-ils été poussés de quelques toises, que l'hématite se trouva mélangée de mine de. fer spathique, et celle-ci renfermoit.de la mine de cuivre jaune : on y tronvoit aussi de la galène. Ce filon a été fort peu suivi ; et si l'on continuoit les travaux, proba­blement on verroit que la mine de fer se perd à mesure qu'elle's'éloigne du jour.'
Mme de Saint- M. d'Hérouvilie cite encore la "mine de Saint-Jacques.
Jacques.           }] asslire qU'i{ y avoit des ouvrages capables d'occuper
cinquante- mineurs coupant mine dans une foncée de
soixante pieds, prise dans une petite galerie qui partoit
d'un puits du jour profond de vingt-quatre pieds.
Minedeplomb M. d'Hérouvilie parle aussi de très-petits travaux de l'Homme- fajts £_ découvert à la mine de l'Homme-sauvage, sur saunage.           un ^{on je mjne ae plomb de deux pouces d'épaisseur
seulement.
Mine de cuivre Enfin il indique la mine de cuivre de Saint-George, de St. George. sur laquelle il ny a d'autres travaux qu'un puits de dix-huit pieds de profondeur.
Aucune de toutes les minières du ban d'Auxelle, dont je viens de faire mention, n'est exploitée aujourd'hui.

(' «7 ) ' II n'existe maintenant d'autre travail dans ce finage —
que la galerie neuve de Saint-Philippe. -                  ^^fTes dr
1           °                                                       J l                                     Giroiuagny*
Cette galerie est à trente et quelques toises au- Mine de-cuivre, dessus du village d'Auxelle. Destinée' à couper et l)lom'Jet arKeru
..                ■ ,          1 ,                                          j i ,             de la ixalmo
mettre a sec tous les travaux que je viens de décrire, neiJV(. rf'e Sain(_ excepté ceux du grand Saint-Jean , elle a été poussée Philippe, en ligne droite, sans jamais sortir de sa direction de dix heures. Elle est élevée de plus de huit pieds, et lors de ma visite sa longueur étoit de près de cent toises. Les anciens avoien.t fait differens ouvrages à six toises de l'entrée de cette galerie, et on a supposé que c'étoit sur le -filon de Bagralle.
Parvenu à soixante-dix toises du jour, on a coupé un filon de mine de plomb très - important ,. qu'on assure n'avoir jamais été travaillé en d'autres points ; il est dirigé sur dix heures, incliné à l'est, épais de plus de deux pieds : une veine mince d'argile le sépare du rocher.
Dix toises plus loin on a rencontré du côté du midi un filon de cuivre mêlé d'un peu de plomb; ses            '
apparences sont aussi brillantes que celles du filon précédent; il est dirigé sur six heures, il incline au ' • sud ; sa puissance est d'un pied à dix-huit pouces.
II est intéressant de joindre ici une note faite en 1767, de ce qu'il en coûtoît par toise de percement dans le roc vif aux mines de Giromagny: sans doute tout a augmenté de prix depuis , mais proportionnel­lement ; et si l'on compare cette note à celle des frais du même genre d'ouvrage aux autres exploitations du royaume dans la même année , on verra facilement
■<&

.                                                   (88)
===== que les prix de Giromagny sont bien inférieurs à ceux Mines de des autres lieux ( i ).
Comme tout le travail actuel consiste a pousser les deux galeries de Pfçnning-thurn et de Saint-Philippe, et qu'on n'arrache nulle part du minerai, les élablisse-meiis destinés à le préparer pour la fonte, ainsi que les fourneaux, sont en mauvais état. On voit à Giromagny un boccard à cinq pilons , treize tables à laver, des labyrinthes, deux fourneaux à manche, privés de leurs
(i) Observation sur les mines de Giromagny, faite en Panuée 1767.
Deux mineurs peuvent faire, dans un mois de temps, deux toises . et demie de longueur de galerie, lorsque le roc est le plus vif-j et trois toises, lorsqu'il est moins dur.
Détail de. ce qu'il en coûte.
liv, sous.
Les gages de deux mineurs, à 9 liv. par mois pour un , font pour les deux................*........ 18
Un mineur peut user dans les douze heures de travail soixante aiguilles; l'aiguille pèse trois livres.
Il faut pour apointer cent vingt aiguilles pour les deux mineurs ,à 6 deniers l'une, pour vingt- , quatre heures 3 liv., et pour trente jours....... 90
Une aiguille peut être apointée dix fois , ensuite elle demande à être réaciérée. Il en coûte pour réaciérer une aiguille, % sous 6 deniers.
Le réaciérage de ' ent quatre-vingts aiguilles , à. z sous 6 deniers , monte à..................... 22 10
Trois bourroires à 24 souà l'un , font.......... 3 12
^rois épinglettes à 10 sous l'une, font........ 1 10
Une aiguille ne peut être réaciérée que trois fois , après quoi elle est hors de service.
Cent vingt aiguilles pour les deux mineurs, pesant
i35 12
-                 soufflets

(89>
soufflets (1); enfin, une forge et des magasins-qu'on
a établis dans les anciens atel.'?rs, à scier et polir * llK'a °
G i romain v
le granit et* le'porphyre.
La cour de ces ateliers ressemble aujourd'hui à l'em­placement d'une fouille faite pourdéterrerdes antiquités. On y voit des fragmens de jaspe, de serpentine, de por­phyre et de granit, des débris de vases, de colonnes , etc.
J'avois envoyé ci-devant à M. de Boni des échan­tillons de minerais et de gangues de Giroinagny; lorsqu'il m'en accusa la réception, il me témoigna vivement sa surprise de ce que de pareilles matières
îiv. sous.
Ci- contre.......... 13 J 12
trois livres l'une, font 36o Iiv. à 6 sous la livre ,
ci........................................... 108
•Vingt-quatre stuff-ei&en à i5 sous l'un , font.. . iH
Six pics à têie à 40 sous l'un , font........... 12
Trente coÎqs à 10 sous îTun , Font............. 10
II faut trois pinces, une grande de quarante livres, une moyenne de trente, et une petite de vingt livres, qui pèsent ensemble quatre-vingt-dix livres, et qui, à raison de 6 sous l'une, font27 liv%, lesquelles oa estime pouvoir servir trois mois , dont le tiers pour un mois fait...........,......,.........,,..,. 9
Total....__. 297 12
Ce qui fait par toise courante................     ny
II en coûte en outre dix-huit livres de poudre, à
2.0 sous.......................................       18
Plus trois livres d'huile, à iS sous............          2
Deux curroirs à 10 sous l'un , font.............          1
Total de ce qu'il en coûte pour une toise courante de percement,................................ 140 S
(1) La halle qui renferme ces fourneaux , est vaste j on pourroif y en construire plusieurs autres s'il le falloihs Partie I1L                           X        M

( 9o )
== n'engageoietît pas ï'administratron à faire plus cfat-rie tention aux mines d'Alsace, et à encourager tleur exploitation.. On. a extrait dans les Anciens miné­ralogistes ( tom. i, p. 590) une lettre que ce savant écr.ivoit en mars 1770, qui est conforme à ce qu'il m'avoit marqué au sujet des. mines d'Alsace. Il seroit bien à désirer que les travaux utiles entrepris par M. le dut. de Valentinois, "engageassent une compagnie opulente à •lui faire des% offres qui pussent lui con­venir. Ces -..mines sont peut-être de tout le royaume, celles dont il y ' auroït le plus de produit à espérer ?■ si elles étaient bien conduites.
lôllie. - - Depuis mon départ de Giroraagny, on m'a assuré
le-Kduli
ouie- . qu'on trouvoil des -événtsde houille dans le terri toice de Rougegoute , village situé à quinze cents toises sud est de Giromagny; je ne saurois prononcer sur le mérite de cette indication.
Ancienne forge MM. de Reinach avoient obtenu au mois d'octobre deRougemont. 2 636, }a permission de faire construire dans- leur terre de Rougemont une forge à 1er et un fourneau , et de faire fouiller la mine de fer à deux Heues à la ronde de ladite terre, qui est à quatre mille deux cent toises E. de Rougegoute. MM. de Reinach ayant négligé de faire enregistrer cet arrêt, obtinrent le 01 mars 1608, des lettres de surannation , au moyen desquelles le Conseil souverain d'Alsace l'enregistra le 17 mai suivant; j'ignore si cette forge a jamais été construite, niais elle n'existe pas.
Vallée de Dès l'année iofo, il y avoit, dans la vallée de Mase-Mase.aux. vaux.dcs usines,pour l'usage desquelles le Souverain
fourneau de                                          *                      %              » J»» *-*
Masevaux. accorda, par lettres-patetïtes de la mema^nnée, le droit

< 9i )\ ■ de la traite des mines. Ces usines tombèrent en ruine ----------■
pendant les guerre des Suédois. M. le comte de RothVm- ^ aîi'v
bourg, ayant acquis la ville et seigneurie de Mase\au\,
se proposa de rétablir ces usines, et obtint, à cet effet, /r';^ n.
au mois de juin 1606 des lettres-patentes, portant ft,i. ;,.-,.
permission au dît seigneur, d'établir une forge à fer. Tihc-.
et un fourneau dans la seigneurie de Masmlin.ster ou
Masevaux, et d*y faire chercher et creuser la.mine,
même à trois lieues aux environs , en dédommageant
les particuliers, etc. (1). Le fourneau construit en cou- Auliois.
séquence de ces lettres , est situé dans la paroi.-.se de
Masevaux, à neuf mille toises N. E. de Beifbri, et
deux mille cent toises mêire direction de Rougemonî.
Il ne manque jamais dVau; on y a construit une halle
à charbons, suffisant à l'approvisionnement d'une année
(1) Voici le dispositif de ces lettres: » Nous avons audit sieur de « Bot hem bourg permis ef accordé ,'perni "errons et accordons , par ces » présentes signées de notre main , de faire construire dans ladite » terre et seigtieurie de Masmiinster une forge à fer et. un fourneau , » et d'y faire chercher et creuser de la mine de 1er dans ions les » endroits d'icelle où il y en pourra avoir, même à trois lieues aux » environs de laditeterre, en dédommageant toutefois les particuliers, » à qui appartiendront les.héritages j dans lesquels il s'en trouvera, » pour desdits forge et fourneau jouir et user par ledit Suppliant-, » ses héritiers, successeurs et ayant cause, seigneurs de ladite sei-» gneurie de Mas-munster, pleinement, paisiblement et perpetueflc-» ment, sans qu'ils y puissent être troublés ni inquiétés pour quelque » cause, et sous quelque prélexle que ce soit ; à condition que ladite » forge ne causera aucun dominante, ni préjudice au public , ni aux » particuliers, et que, sous prétexte d'icelle, il ne yera dégradé aucuns " bois ;à la charge aussi par ledit sieur do Roihembourget par sesdits » héritiers, successeurs et ayant eau.-e « seigneurs de ladite «erre vt •» seigneurie de Masmiinsfer , de payer annuellement à noire domaine, » pour raisoft de la présente permission , une redevance de deux écus « d'or. Si donnons , etc. «
-------                                                     Mi)

-VaHée tle ■*
entière ; des logemens pour un commis et six à sept
ouvriers ; un boccard pour la castine, et un lavoir à roue pour nettoyer'lamine. Le fourneau de Masevaux, «                  ainsi que tous les établissements qui en dépendent,
appartient à madame la marquise^de Rosen , qui l'a afiènnë à M. Laurent, à raison de 18,000 livres sans bois , pour neuf années à compter de 1782. Le four­neau de Masevaux ne trouve d'aliment en charbon, que pour six mois de Tannée, de manière que l'on peut cal-^ ,                 cuïfr son produit à six cents milliers de fonte environ,
quoique ses ateliers soient disposés pour en fabriquer »                   un
Fabrication. Il s%€oule , dans l'espace de vingt-quatre heures deux gueuses, pesant chacune dix-huit à vingt quin­taux. On consomme par gueuse tfeize à quatorze eu-veaux de mine. La consommation pour l'année peut 3 aller à quatre mille cuveauxde mine, sept cent cinquante bannes de charbon, qui usent à-peu-près trois mille coites de bois, et au-delà de six cents cuveaux de cas-Mines.-         tine. Le fourneau de Masevaux tire environ cent-trente cuveaux de mine en grains de Rope, d'Egueningue et '" Bezoncourt. Il s'approvisionne aussi dans la forêt de Steînbie,.paroisse de Thann, au minier de Steinbach, à la minière de Houppach, au minier du BuchBurg, dans la forêt de l'Abbaye, en allant à Burbach-le-bas, enfin au Kohlerberg, paroisse de Burbach-le-bas. Tous ces endroits sont situés à une lieue environ à la ronde de Masevaux. Le cuveau de ces différentes mines revient à cinquante sols rendu au fourneau; nous en parlerons en détail en leur lieu. Bois et charbon. Le fourneau n'a point de bois qui lui soient affectés,

'■                               ( 93 )
II faut qu'on achète tous les charbons nécessairesà lacon- ======»
sommation. On compte pour la banne deux et un quart % rAh'v de
.                           ,                          !             , ... . , Mascvaux.
de cordes montagnardes; cette corde est de, dix pieds
de couche, cinq pieds de haut, et trois pieds et demi
de taille. Le bois qu'on achète des forêts de l'Abbaye,
et du coté de la plaine, se paie à la toise de six pieds
de haut sur six pieds de couche et trois pieds et demi
de long: savoir, le sapin 4 livres 10 sols et 5 livres;
le hêtre 6 livres à 6 livres 10 sols; le chêne 5 livres à
5 livres 10 sois. Indépendamment des mineurs il y a Ouvriers.
au fourneau un fondeur, un sous-fondeur, un releveur
de charbons, un releveur de mine , deux chargeurs ,
trois manœuvres occupés à mon ter la mine au gueulard;
en tout neuf ouvriers.
Nous allons décrire de suite tous les établissement de cette vallée; nous parlerons après des mines qu'elle . renferme. Le premier qui se présente en remontant la vallée, est la taillanderie «de Langenfeld.
Cette taillanderie est siiuée suc le ban du village de Taillanderie Langenfekl, terre de madame la marquise -de Rosen , Langeuield. à cj^x-sept cents toises N. O. de Masevaux : elle appar-             /
tient à Pierre Eckard, et a été établie sans lettres-pa­tentes. Sa fabrication consiste en haches, pioches, pelles et autres ustensiles de labourage: elle tire ses fêrs-de la renardière de M. d'Anthez, établie à Oberbruck, et dont nousTendrons compte. Le propriétaire travaille lui-même avec uni ouvrier.
Le martinet de Kirchberg qui vient après, n'est pas Martinet <u à cinq cents toises de la taillanderie de Langcnfèld , i<vîiciiîj paroisse de Séven. Il appartient à George Ro.senbluhe, et a été établi sans lettres-patentés. On y fabrique du fer

(94) =-martinet de toutes les espèces. Les fers se tirent aussi
Viilléç de de ia renardière de M. d'Anthez.
La forge d'Oberbruck est à trois milleJoises N. O. de
"For^c d'Obei-
Masevaux, paroisse de Séven : elle fait partie des pos-sesions connues squs îe nom de terre de Masevaux, que madame la marquise, de Rosenti offertes en fief au Ateliers. roi,'en 1721 , et qui avant cette époque étoïent allô-diales. Les ateliers de cette usine, sont une grande forge à trois ferx, avec ses halles à charbon , un magasin et -' autres bàtimens relatifs à la fabrication du fer; deux martinets, une roaréchallene et un boccard pour piler les crasses; des logemens pour quinze ouvriers, une grande maison pour les directeurs et commis, avec granges, écuries , pjiés , etc.
I! existoit au-dessus de la forge, une renardière qui a "été..'supprimée pour les causes que l'on expliquera ci-Consommatiou après. Cette forge consomme errviren cent milliers de matu-ics. rognures , provenans des retailles de la tôle de la manu-Fabricatïon. facture de Wegfcheid ; elle employé aussi les rebuts de ces martinets, et à-peu-près quatre cent cinquante milliers de fonte, lesquels produisent ensemble jusqu'à quatre cent cinquante milliers de fers forgés. C'est tout ce que les eaux des affineras permettent de faire, parce qu'on n'a pas entretenu les anciens étangs et butardeaux pratiqués par M. d'Anthez , lors de rétablissement. On ne compte que 1400 livres de fonte et de rognures, Ouvriers. pour 1 îoo Ii\*t*es de fer forgé, et seize cuveaux de char­bon. Un commis et quatorze ouvriers sont occupés à cette forge; savoir, six forgerons pavés à raison de sept livres par mille seulement, parce que les rognures dont
ils font usage sont faciles à travailler; un livreur, un
' ■ ■ .' V • .                  • .                      ' .

( 9? )
charpentier, deux maîtres martîneurs, deux chauffeurs, ««-=« deux valets occupés à plier à bras les languettes, parce x"Jk'« de qu'il n'y a point ici les machines établies-à Bains (i) pour cet usage.
Outre les ateliers dont nous venons de parler, il y avoit" encore au-dessus de la forge, une renar­dière à deux feux; mais M. dWnthez, qui avoit éîabli la renardière d'Obcrbmck, pendant qu'il étoit fermier, observa que deux renardières qui inarchoient ensemble étoient de trop , et la suppression- de l'une de ces re­nardières ayant été consentie paries seigneurs,M. d'An-thez détruisit la renardière seigneuriale.
En 1721, ce particulier acquit d'un habitant d*O-bc-rbruck. un petit bâtiment -consistant en une taillan- d< derie et une petite forge de maréchal ferrant, placées               :
sur le même ruisseau dont fe eaux serverît au rou- . lement des forges et de la manufàclure-de Masevaux. I! convertit cette petite usine sans autorisation du Conseil, en une forge qui prit le nom de renardière eTOberbmck. Elle est située au village d'Oberbruck en face de la forge, et affermée à M. Borneck. Elle consiste en une affiherie et un marteau à drôme. Cette usine ne manque jamais d'eau,
Le fermier tire ses fontes de la Franche-Comté. Fabrication Sa consommation monte à 200 milliers environ par an. Il ne compte au mille de fer, de poids réel, que I25o à i3oo livres au plus, et 16 à 17 cvjfteaùx de charbon, qui ne lui reviennent sur les lieux, qu'à
(1) Voyez la description des gîtes de iuinéraùet des usines de la Lorraine, qui suit celle-ci.             * •

Vallée de Maseva'ux.
(96)
: 16 livres la banne, par les entreprises qu'il fait en bois. Il fabrique du charbon par spéculation dans les forêts des particuliers, les emmagasine et les revend aux maréchaux et forgerons de la plaine et dans la ville de Muhlhausen. Les propriétaires des établissemens de la ' vallée se plaignent de ces opérations. Le fermier occupe trois forgerons qui sont payés à raison de 8 livres du mille de fer, deux goujats et un releveur de charbons.
Les seigneurs deMasevaux croyoient que cette renar-dière étoit la leur. Ils n'ont appris qu'elle ne leur appar-tenoit pas, et que M. d'Anthez la réclamoit, que par le procès-verbal qui fut dressé, lorsqu'à la fin de ^762* M. Vallet dé Bains, voulant prendre possession des usines, fit procéder à leur visite: alors seulement M. d'Anthez déclara que la renardière existante lui appârtenoit. Le seigbeur de Masevaux fit sur le champ ses protestations qu'on inséra dans le même procès-verbalv Madame de Rosen se pourvut au Conseil d'état du Roi. Elle y demanda la destruction de la renardière, de M. d'Anthez à Oberbruek, et le rétablissement des deux feux de la renardière seigneuriale que ce fermier avoit fait démolir.                             *
II y a encore à Oberbruck un martinet appartenant à un nommé Weis. Cet atelier a été de même établi sajis lettres-patentes. Les fers se tirent de la renardière de M. d'Anthez.
Les fers de la forge seigneuriale d'Oberbruck sont employés pour la plus grande partie à la manufacture de. fer-blanc de Wegseheid, située à deux mille cinq cents toises N. O. de Masevaux , paroisse de SéVen..
Cette manufacture a été bâtie en 1718, et appartient
à
Ouvriers.
Contestation*
Martinet de Weis.
Manufacture de fer-blanc de Wegseheid.
Titres.

: ( 97 )
à madame la marquise de Rosen ; elle est la première             ■■
qui ait été construite en France^ A cette considération, Vallée «
l n • i .                    t,                      / \ î            • «i '                • Masnraux.
le Hoi Jui a accorde en 1720 ( 1 ) des privilèges qui affranchissent /ses fers des droits d'entrée dans les cinq grosses fermes* et lui accordent différentes immunités; 9 les lettres-patentes, obtenues à ce sujet, furent enregis­trées en la Cour des aides de Paris le \5 juillet 1722 , en conséquence .des-lettres d'insinuation du 22 avril précédent. Le 28 novembre 1739, il fut expédié d'autres lettres-patentes, registrées au Conseil souverain d'Al­sace le i3 février 1740, qui prorogeoienl l'effet des premières pour vingt années, à commencer du 15 juillet 1742. Le 11 novembre 1758, madame la marquise de Rosen obtint de nouvelles lettres-patentes registrées au. Coiïseil souverain d'Alsace le 24 avril 176*9, qui lui
(1) Le dispositif de ces lettres est conçu en ces ternies: « A ces » causes, etc.,.nous avons approuvé et approuvons par 'ce» présentes, » signées de notre main, rétablissement de ladite Tria nu facture de » fer-blanc au dit lieu T près de Masevaux dans la haute-Alsace, cl de » notre grâce spéciale,pleine puissance et autorité royale, avons per-» rais et accordé , permettons et accordons à l'exposant, par ces dites » présentes la continuation de ladite manufacture pendant l'espace m de vingt années consécutives , à compter du iour de l'enregistrement » des présentes, par tel nombre d'ouvriers qu'il jugera à propos, la » mettant sous notre protection et sauve-garde. Voulons que sur la » principale porte soit mise cette inscription: Manufacture » royale DE fers-blancs; et qu'il y pui'sse mettre garde » de nos livrées. Faisons défenses à toutes personnes, de quelque qua-V lité.et condition qu'elles soient T de contrefaire ni établir d'autre
/ '« pareille manufacture de fers-blancs dans l'étendue de notre province *. d'Alsace pendant lesdites vingt années, à peine de 10,000 d'amende, » applicable, un fters à nous, un tiers aux hôpitaux de» lieux, et » » l'autre tiers à l'exposant, et de confiscation des outils , métaux et ^ » marchandises. Déclarons les ouvriers qui travailleront à ladite ma-* t*- nufacture, qui n'auront aucuns biens dans la communauté où » elle est établie, et qui ne se trouveront auparavant employés dans
___Earile 1IL                                     N

Vallée de Masevaux.
( 98 )
= accordent encore une prorogation de vingt ans; et par lettres ministérielles du 29-octobre 1702, lesdits privi­lèges furent continués jusqu'au premier avril 1783, et ensuite prorogés par arrêt du Conseil d'état du 18 mars 1 joS, jusqu'au premier octobre 1796.
La manufacture de Wegscheid consiste en une forge, un four à réverbère, une suerie ou étuve, une étamerie, et autres ateliers nécessaires à la décapure et à l'étamage
Àieîiers.
Fab
l'icatiotu
du fer-blanc. La fabrication monte à douze ou treize cents barriques de fer blanc par an ; elle pourroitêtre portéeàdeux mille barriques. Les cisailles avec lesquelles on retaille les fens, vont à bras d'hommes, ainsi'que les remplieurs de languettes, comme nousFavorisdit. On fait venir Tétain par la Hollande et Strasbourg. On pré­tend qu'on n'en- consomme que dix-huit livres et demie
»• aucun rôle, exempts de toutes tailles, subsides, impositions et » chirges publiques dans ladite communauté pendant lesdites vingt v années. Déclarons pareillement les fers-blancs qui seront fabriques « dan» ladite manufacture , francs et exempts, pendant ledit temps, » de tous péages à nous appartenans, et droits de sortie dependans, » tant de la ferme de no.; domaines d'Alsace, Franche-Comté et « Trois-Evêchés , que de ceux d'entrée, appartenans à notre ferme h générale de France; et en conséquence les dits fers, destines pour » entrer dans le royaume , seront marqués et contrôlés par le commis s» de. nos fermes, établi dans le lieu le plus prochain, et sur les » certificats dudit commis, et ceux de l'exposant ou clés préposés, » pourront être transportes dans toute l'étendue de notre royaume en » franchise, et sans payer aucuns droits aux adjudicataires de nos » fevmes : le tout à condition que l'exposant donnera ses marcha n--» dises pour le même prix que telles qui venoient auparavant des » pays étrangers, et qu'il ne pourra en vendre, ni débiter d'autres que » celles qui auront été faites et façonnées dans ladite manufacture. t> Permettons à l'exposant d'avoir des magasins à Besançon , ou autres » lieux de Franc*he-Comté pour entreposer les marchandises de sa » fabrique et les faire, voiturer dans le temps le plus conveaable. Si » vous mandons, eLe. Donné à. Paris r le 14 septembre l'jao. «

( 99 )
par barrique, au lieu de vingt livres qu'on emploie à Bains. En prenant douzecent cinquante barriques de fer- Y .-.lire < blanc pour terme moyen de la fabrication totale, on trouve qu'on.emploie à Wegscheid vingt-cinq milliers d'étain, en le comptant sur le même pied qu'à Bains. Chaque quintal revient à cent vingt livres. La livre de suif coûte douze sous; on en consomme quatre mille cinquante livres. Les six boisseaux de seigle pesant cent quatre-vingts livres , se vendent dix livres dix sous ; la consommation se porte à cent quatre-vingt réseaux par an. On brûle environ deux cents cordes montagnardes Bois et chai de bois, pour le fourneau de réverbère, les étuves et le chauffage des ouvriers. On n'y fait point usage du charbon de pierre. La consommation eu charbon pour l'élargerie et l'étamerie, monte de -cent cinquante à deux cents bannes. Il se tire des forêts voisines, toutes appartenantes à des particuliers; la banne revient à dix-neuf livres.
Cette usine occupe un maître étameur, quatre Ouvriers compagnons , quatre écureurs , deux plalineurs, deux élargisseurs, un chauffeur, un goujat, un trempeur, un livreur, un maréchal, un valet, un voiliirier, en tout vingt ouvriers et un commis. En prenant pour base les calculs que nous avons adoptés pour la manufacture de Bains, nous compterons le prix moyen delà barrique à cent huit livres, de manière que la vente annuelle Vente a doit monter environ à cent trente-cinq mille livres. Ce n'est qu'en France qu'on peut vendre ces fers-blancs; en Alsace on s'en procure de l'étranger à bas prix (i).
(i) Ceux de Landelsdorf près de Wund-siedel coûtent, rendus à Strasbourg, 77 îrv. 8 sous la barrique de trois cent Feuilles du poids
N ij

( 1OO )
===== II y a eu entre les co-fermiers de Masevaux, Ober-Vallée ue nmciK cj WWsçheid de longues contestations , décidées
Masevaux.                                ^ °                        n               .                         T         .
par un arrêt du Conseil souverain d Alsace du 16 septembre 1780, et portées depuis au Conseil d'état. Elles ne concernent que leurs intérêts particuliers.
Le fourneau de Masevaux, la manufacture de Weg-scheîd , et la forge d'Oberbruck pourraient augmenter leur fabrication d'un tiers, et même de près de moitié; mais la rareté des bois, qui chaque jour se fait sentir davantage , les - nouvelles usines qui .se. multiplient dans la vallée de Masevaux, et l'exportation qu'on fait sans cesse des charbons, si nécessaires au roulement de ces usines, nuisent beaucoup à leurs travaux. A l'époque de rétablissement des usines seigneuriales de Masevaux, il n'y avoit dans toute la vallée qu'une taillanderie à Oberbruck, et une autre à Love,distante de la première de sept quarts de lieue ; maintenant il existe à l'endroit où étoit la taillanderie d'Oberbruck une forge en règle , appartenante à M. d'Anthèz, dont nous avons parlé ; un martinet nouveau construit au village d'Oberbruck ; les taillanderies de Kirchberg et de Langenfeld ci-dessus décrites ; et dans remplacement de la taillanderie de Love , on vient d'établir une renardière. Tous ces établissemens ont été montés sans ohtention de lettres y patentes. De toutes ces usines, la plus importante, après celles de madame
de cent cinquante livres. Ceu^ de Geîslautern , près Saarbriïck , reviennent aux prix suivans: savoir, la barrique du poids de cent vingt-cinq livres, rendue à Strasbourg,.de 74 liv. 10 sous à 76 liv. '7 la barrique du poids de cent cinquante livres , 80 liv. Celle de cent soixante-quinze livres, 87 liy. j et celle de trois quintaux, 160 liv.

C »°i )
de Rosen , est celle de M. d'Anthez, dont nous venons =
de dire que les fermiers actuels de la maison de Rosen
Vallée -Masevaus..
demandent la destruction ainsi que de tous les nouveaux établissemens de la vallée de Masevaux; prétendant que les bois de la seigneurie suffisent à peine pour faire rou­ler les usines seigneuriales avec l'activité dont elles sont succeptibles; ils demandent aussi qu'il soit défendu à toutes personnes de faire le commerce des charbons, de les sortir de la vallée et sur-tout de les conduire à l'étranger.
Après avoir rendu compte de toutes les usines de Mines de fer
cette vallée, nous allons nous occuper des mines qu'elle
hi-montait: de la Peroune.
renferme. Les premières se trouvent dans la montagne de la Péronne qui-fait partie de la forêt seigneuriale de Rosen ; elles dépendent de la paroisse de Masevaux. On y voit un filon de mine de fer d'un à deux pieds d'épaisseur; il a deux lisières argileuses; il est dirigé sur une heure quatre huitièmes , et incliné, au levant. On en tire de l'hématite noirâtre; ce filon s'exploite par trois galeries ouvertes à cinq ou six toises l'une au-dessus de l'autre , de manière que-l'inférieure est envi­ron à douze toises de la supérieure ; elles ont chacune douze à quinze toises de longeur; le filon s'y soutient bien. Dans la galerie supérieure, on a fait sur l'inclinai­son du filon une foncée qui peut avoir vingt pieds de profondeur; à son sol le filon a près clé trois pieds d'épaisseur, son mur est revêtu de spath calcaire, et une petite veine d'argile le sépare de son toit. Le maître mineur a reconnu ce filon » par des trous d'affleurement, sur une longueur d'environ cent toises. J'ai trouvé quatre mineurs'Employés à ces travaux;

= ils sont payés à raison de cinquante sous le eu veau. Vallée de j| y a dans ]a paroisse de Houppach des minières qui fournissent de l'hématite noire; ce village n'est '
Mtne de fer ' „                           .                               -                     ^
de Hou'joach. clu a onze cents toises au nord nord-est de Masevaux, et fait partie de cette seigneurie, tes minières n'étant pas en exploitation lors de ma visite, je n'ai pu les voir.
Mine de fer lien fut de même des travaux de Buehburg : ceux-
deBuchburg. c[ étoient plein d'eau ; j'y passai inutilement en
allant à Niederburbach. Ils sont situés dans la forêt de
l'abbaye de Masevaux, à une petite lieue de la ville de
ce nom.
Mine de fer J'ai déjà dit que la montagne de Kohlerberg ren­de KMîerberg. fèrmoit aussi des mines de fer. Cette montagne dé-CamsieVAca- pend de la paroisse de Niederburbach, lieu situé à fôi"V-"n"" * 4' ^€ux mille toises au nord-est de Masevaux; il appar­tient aussi à la maison de Rosen : on y trouve de la mine de fer en roche. Le filon, qu'on poursuivoit à l'époque dé ma tournée , étoit dirigé sur trois heures septentrion ; ses parois étoient un grès gris et jaunâtre , assez dur à une certaine distance du filon ; il devenoit plus tendre et plus blanc à mesure qu'il s'en approehoit; dans cet état, il sert,même de gangue au filon f et de temps en temps il en occupe toute l'épaisseur, qui est communément de deux à trois pieds. Ce filon n'est pas bien réglé , et il a été mal exploité dans la galerie supérieure. Il se partage en deux dans les deux galeries inférieures à celle-ci ; et se jette alternativement dans le toit et dans le mur. J'ai vu le minerai de ces fosses ; il étoit fort mêlé K                 de grès friable, et en majeure partie décomposé,

( io3 )
ou r powr me servir de l'expression familière des mi­neurs, traité ou brûlé. Quatre ouvriers travailloient "Vanré1 de a ce minier.
En face du travail de Kohlerberg, on a commencé Mtm-dcftide­dans la montagne de Georgenwald , une galerie sur '* mimlJi<-!:c <!t'
/M         1 ,. i                               *"                            i<                     i           Gcorjromvald.
un iilon^ont la puissance, au jour, esta environ deux pieds. Elle n'avoit cjue quatre toises lorsque je la vis, de manière que je ne puis prononcer sur l'importance de cette initie, Ja dernière dont j'aie à parler dans la Vallée de Masevaux, que je quitte pour passer à celle de Thann,'et de Saint-Amarin.
La ville de Thann est à l'entrée de la vallée de Vallâ- de Saint-Amarin: on compte de Masevaux à cette ville, Tlmuu n do quatre mille cent toises dans là direction de l'est Salnl Ama1111' nord-est. Cette vallée est au nord-est de eelîe de ,flîf'" '*L ''"'"" Masevaux et au revers des montagnes dont celle-ci ,f,4,f. 55ct—. est bordée du côté du septentrion. M. Schœpflin (1) met la vallée de Saint- - Afttarm-■-au nombre des cantons de l'Alsace , dans lesquels on trouve des mines d'ar­gent. Ce savant rapporte (2) qu'Achatius, abbé de Mnrbach, fît le premier ouvrir, en 1470, les mines de jer et d"airain de la vallée de Saint-Amarin : l'abbé de Murbach est seigneur de la partie supérieure de cette vallée; M. le duc de Valeutinois l'est de la partie inférieure, c'est-à-dire du bailliage de Thann. Cette dernière portion de la vallée porte le nom de cette ville.
En vertu de lettres de don, que j'ai rapportées en ren­dant compte des mines de Giromagny , le droit des
(1 Alsat a Ulustrata, to,m. i , pag. 12. (2) Ibid. totîi. 2, pag. 99.

^
====== mines dans le bailliage de Thann appartient à M. le
Vallée de Quc de Valentinois aussi incontestablement que dans
Saint-Amarin. i        -'in         *.
le comte de Rosemont.
ti des mines. Le Conseil d'état accorda en 1752 à M. de Gensanne la permission d'exploiter pour quinze années les mines de cuivre, dans la partie du va! de Saint-Amarin qui dépend du chapitre de Murbaçh, et (1) depuis, une nouvelle compagnie, dont M. de Gensanne étoit aussi membre, obliut du roi le 8 août 1768, la faculté d'ex­ploiter pendant vingt ans, les mines d'or du val de Saint-Amarin sauf, après quatre années franches, à remettre à Sa Majesté le cinquième de for en nature au titre de dix-huit karats. M. Hellot avoit extrait de for, du minerai que la compagnie lui avoit apporté comme provenant de cette vallée. On avoit estimé qu'on en lireroit quatre onces par quintal.
Sa Majesté n'a accordé ces diverses concessions sans la participation du chapitre de Murbach, que parce que celui-ci n'avoit point encore obtenu de lettres-patentes confirmatives de ses droits. Ces lettres lui ont été expé­diées au mois de juillet 1780, et enregistrées au Conseil souverain d'Alsace, le 20 septembre suivant. L'article 7 porte positivement » que les abbés, prince et chapitre » de Murbach, jouiront du droit d'extraire, dans l'éten-» due de leurs terres et seigneuries, les mines d'or, d'ar-« gent, d'acier, de fer, et de tous autres métaux, rai-» nièreset minéraux, etc. « L'article 8 s'explique au sujet des usines, comme il suit: «Pourront en conséquence v lesdits abbés, prince et chapitre établir dans leurs
(1) Anciens minéralogistes , tom. 2, pag. 778,
,                                                   » terres

> terres et seigneuries , les forges, fourneaux, fonde- ================
» ries et martinets nécessaires pour le travail des iné- v allée <w*
Sainl-Amaiin.
>» taux. «
A l'exception des mines de fer, je n'ai trouvé aucun travail en activité dans la vallée de Saint-Amarin. Depuis M. de Gensanne , les mines de cuivre, de-plomb et d'argent n'y ont plus été exploitées.
M. de Gensanne ne eonrrorssoit que deux filons de Minedrenlu­mine d'argent dans la vallée de Saint-Amarin (i); mais et &fllL 'l>. ll il y comptoit plus de vingt-cinq ruons de mine de cuivre. Xmarm. II met au rang des premiers le filon de Werscholls, et celui de Saint-Antoine, qui est auprès de la fonderie d'Orbe ; il nomme parmi les seconds les filons de Saint-Joseph, de Storckenson, de Sainte-Barbe, de Steingra-hen ; cet ancien concessionnaire observe (2) qu'en gé­néral , dans la vallée de Saint-Amarin , tous les filons qui tiennent du cuivre, vont de l'E. à l'O, et ceux qui tiennent du J/n du N. au S.
A deux mille toises au-dessus de Saint-Amarin, la vallée se divise en deux branches; l'une monte vers le point de partage des eaux versantes des Vosges, en se dirigeant au N., et en passant par Odern et Wiîden-stein ; l'autre s'élève vers le couchant par Orbe. C'est Vallon d'Orbe, dans cette dernière que se trouvent la plupart des mines de "cuivre et d'argent. Celles de fer sont plus près de la plaine. Je commence par la notice des mines de la partie supérieure de cette vallée, et particulièrement par celles, de Steingraben.
(1)   Mémoires des Savans étrangers, tom. 4, pag. 170et 171.
(2)  Loc. citât, pag. 173. ■„'-'■
___Partie III.                                        O

\
( 106 )
= '          = La montagne de ce nom , escarpée et très-haute, est
\allée de à une ]jeiIe au-dessus d'Orbe. M. de Gensanne rap-
Saint-Amarin.           t • \ *                   -, u           ' j r                   J            ..L
porte (1) ({lion y avoit trouve des fragmens de spath j blanc, avec des feuilles d'or vierge, maïs qu'on a fait d'i-de nutiles recherches pour découvrir la veine d'où ces mor-'• eeaux avoient été détachés (2). On débite à Oibé les mêmes fables que l'on répète presque darus tous les can­tons 011 il reste quelques vestiges d'exploitations faites sur des mines de métaux parfaits : des étrangers vien­nent, dit-on, remplir furtivement des sacs entiers de matières minérales ; de grosses flammes sortent' fré­quemment de ces mines pendant la nuit, etc.
Mine deeuîvre Les travaux les plus élevés, qui se trouvent à la mon-du haut et bas taSrne ae Steingraben , sont ceux du bas et du haut
bain l-IS kolas. _ *". XT, , 5\ , „                  ,.           , r,           ,
Saint-Nicoias. M. de Gensanne dit que le mon quon y exploitoit étoît puissant, et qu'il avoit sa direction du N. E. au S. O. Sa gangue étoit une espèce de quartz verdâtre fort dur; cependant le filon étoit tendre, il fournissoit du bleu de montagne, de la mine de cuivre jaune et de la mine de cuivre couleur de poix. Du temps de M. de Gensanne, les travaux avoient cent cinquante piêtis de profondeur ; si on l'en (3) croit, le minerai ne s'y trouvoit que par bouillons, et la manière dont il s'y ren-controit fèroit presque imaginer que les travaux qu'on
(1) Mémoires des Sa%-ans étrangers, tom. 4, pag. 174.
{2) C'est vraisemblablement sur quelqu'un des échantillons indiqués ici » que Hellof a opère Voyez ci-dessus pag. 104) ; mais il me paroît très-probable qu'ils provenoient de quelque minière étrangère, car on n'aurok pas si facvienient perdu de vue un filon qui donnoit autant d'espérances.
(3) Mémoires des Savans étrangers, tom. 4, pag. 173.

( io7 )
faisoit poursuivre étoient dans le i ici! homme (i). '........--j=a
M. de Gensanne parle aussi d'un petit filon croiseur . Xalîv{' <îe qui prodinsoit.de la malaciiite , de la mine de cuivre jaune., avec une effloresecuce rosé et lilas . ce (jui feroît présumer que ce minerai tcnoii du cobalt ; il assure t qu'il en avoit retiré quelque"peu d'or. Les ouvrages du \bas Saint-Nicolas consistoient en une galerie prise sur Iè\fîlon, longue d'ertvimrt deux cents toises.1 Près de son\ntrée étoit une foncée de quatre toises ; et à la télé de la galerie on avoit pfâîîqûeTTïrre seconde foncée de vingt-quatre toises , du sol de-laquelle on sVst étendu sur Je filon ,\et dans cette extension., on a creusé encore d'une toise eh profondeur, ce qui donne les cent cin­quante pieds qùe^ j'ai indiqués ci-dessus On ne connoît pas positivementvfe(èndue-de la galerie du haut Saint-Nicolas, supérieure\la précédente de cent pieds: seu­lement on sait que cèktravaux secommuniquoient. Au rapport des ouvriers qui c^nt travaillé dans ces mines, le filon s'étoit très-bien soutenu : et on n'avoit jamais ct?ssé d'y trouver de la mine à hoèçard : si Ton en juge par quelques restes de déblais, sa gangue étoit schisteuse.
M. de Gensanne (2) a fait travailler en deux endroits MinecWuivic sur des filons de mine de cuivre, au revers de la mon- doi^' Anlmmj» tagne de Steingraben, dans la vallée de Bruchbach, par­ticulièrement à la mine de Saint-Antoine. Le minerai y étoit de bonne qualité, mais peu abondant; les anciens
(i)'En allemand der alte mann. On entend par cette expression les déblais dont on a comblé les anciens travaux: souvent les pihrs, qui filtrent au travers de ces décombres, font l'office d'un ciment et ies unissent en masse.
(2) Mémoires des .Savans étrangers, tom. 4,pag. 174.

; assurent cependant qu'il y avoit communément Vallée de depuis trois pouces jusqu'à six de minerai massif. Les haldes de ces travaux étant couvertes de gazon,■■ n faut s'en rapporter aux ouvriers dé ce temps-là sur la nature de ces ouvrages. M. de Gerisanrie y avôit placé un seul mineur, qui en trois années de travail n'a fait, dit-on , qu'une galerie de six toises. Elle étoit jointe à son extrémité par un puits de deux toises, qu'on a creusé seulement de quelques pieds au-dessous du sol delà galerie. Le filon est dirigé sur trois heures. M. de Gen-sanne dit avoir trouvé aux environs de cette mine une espèce de grenats en très-petits grains, et d'une très-' *            belle couleur : il rapporte aussi qu'il yja. dans la vallée
de Saint-Amarin des cristaux de roche d'une fort belle *' eau. Sans doute ces derniers se trouvoient dans les fosses où il faisoit travailler.
Minedecuirre En descendant-de la mine de Saint-Antoine d'en-
d'Unterwasen. viron huit cents toises, on trouve vers le midi et du
coté de la chaussée, qui conduit d'Orbe à Bussang,
les anciens travaux d'i^nterwasen. Les cordeliers de
Thann ont entre leurs mains des notices qui constatent
que cette mine n'a été abandonnée autrefois qu'à cause
des guerres, et qu'on y a déposé en un même endroit les
outils, placés en croix les uns sur les autres. Il y a trente
ans que M. de Gensanne y a fait travailler pendant
quatre mois, et on prétend qu'il n'a ce^sé cet ouvrage
que sur de faux rapports de son directeur, qui vouloit
le poursuivre pour son propre compte. Ce filon dirigé
sur trois heures donnoit, à ce qu'on assure, depuis six
pouces jusqu'à un pied de minéral massif; les eaux
étoient fort abondantes dans les ouvrages^ S'il s'agissoit

V                 l           ( 109 )
de travailler cette mine de nouveau, on ne pourrait éviter les frais journaliers de l'épuisement des eaux, ^slie<> d? ■quen prenant dans les près, auprès de la grande route, une galerie d'écoulement qui auroit cinq ou .six cents toises de longueur. Les gens du pays prétendent qu'il y a dans ces fosses une masse de cuivre pur, renflée au milieu, et terminée en pointe des deux côtés, repré­sentant à-peu-prës deuxièmes joints par leur base. 11 est difficile d'imaginer à quel usage les anciens pou-voient l'employer, si toutefois il est vrai qu'elle existe.
En suivant la montagne de Steingraben et toujours Buhbm; ou au nord d'Orbe, on trouve celle qui porte le nom de n»»»i^»f ^ Rithberg ou montagne du Repos. Elle renferme les tra- "'T"*-vaux de Sainte-Barbe, que M. de Gensanne fit commen- M\n*<l™Tn ceren 1704 (1) : il y avoit lajt" ouvrir, sur un filon de • mine decuivre, une galerie qui n'a été poussée qu'à douze toises, et dont.Tentrée est.maintenant presque fermée par les broussailles. A quatre toises de la tête de cet ouvrage on a fait une foncée, dont la profondeur égale la longueur de la galerie. Le filon y est dirigé sur quatre heures , le rocher de ses parois est du schiste , sa gangue du quartz rougeâtre, mêlé quelquefois (ÏJELsen-tam ou fleurs d'hématite. Le minerai qu'on en extrait, est jaune et quelquefois rougeâtre ; on en a trouvé de massif, dont l'épaisseur alloit jusqu'à un pied. Les eaux y étoient abondantes.
On voit au pied de la montagne de Steingraben les Fonderie de ruines d'une ancienne fonderie. Elles sont environ à Sieingraben. douze cents toises du village d'Orbe , à la gauche de la
(ï) Mémoires des Savans étrangers , tom. 4, pag. 172,

( 110 )
= chaussée de Bussang. On retrouve encore le coursier et a ee 5 la cage de la roue, on y reconnoît aussi l'ancien empïa-
Saint-Amann.          °                           J                                             r
cernent d'un boccard.
*Minedc cuivre La mine de Saint-Bernard est située peu au-dessus de
<îe St.Bernard, cette fonderie : ses- travaux consistent en un puits qui communique, à la profondeur de neuf a dix toises, avec la tête d'une galerie qui.a elle-même cinquante à soi­xante toises de longueur. Celle-ci est sur Je filon qui a sa direction du sud au nord ; le puits e^fpîeîrTd'èau, et la galerie se trouve noyée en partie. Le rocher est du schiste, et la gangue du quartz ; ce dernier renferme mine de cuivre jaune et de la galène, l'une et en petite quantité.         '.
Mine de cuivre En se rapprochant d'Orbe d'environ six cents toises,
de St. Joseph, toujours au nord de ce village, et en remontant la Schliss, on trouve, les travaux de St. Joseph, que M. de Gensanne a poursuivis pendant près de vingt-cinq ans , et dont on assure *que le produit étoit par chaque mois , de quatre-vingt - dix quintaux de mine de cuivre^ur et prêt à être fondu. Les mineurs du lieu "disent'qu'elle rendoit jus­qu'à cinquante livres pesant de cuivre au quintal. On avoit pratiqué dans cette montagne deux galeries, l'une supérieure, au quart de la hauteur de la montagne , et prise dans la direction du filon qui est sur trois heures; le niveau de cette galerie a offert peu de points produc­tifs; des recherches faites dans son sommet, ontétépres-qu'aussî infructueuses , si bien qu'on ne voit guère au-
J                  dessus d'elle que des puits d'airage. On a constamment
poussé les travaux dans la profondeur où le minéral a été très-abondant. La seconde galerie a été prise à la base de la montagne* elle étoit destinée à mettre à sec les

(lit )
travaux supérieurs a*rec lesquels e]leîcommuniqubit,et,
comme Ja précédente, elleétoit établie sur la direction du Vallée de
filon, et avoit ete poursuivie a quelques cents toises. A
l'approche de cette galerie-basse, le filon s'étoit, dit-on,
appauvri,etles recherches qu'on avoit faites par une fqncée
à plus de quinze toises au-dessous de son sol. avoient
fait croire aux mineurs alors employés aux travaux, que
le filon ne se réteu!issoit-pas dans les fonds. On en tiroil
de la mine de toute espèce; M. de Gensanne (t) cite
particulièrement un minéral couleur de pourpre vif,
tigré de jaune, et une malien- blanchi? semblable au
spath, qu'il dit être de la pure mine de cuivre. L'espèce
de quartz feuilleté qu'il donne pour gangue à ce filon,
est du spath pesant parsemé de vert de montagne et de
mine de cuivre jaune.
A la gauche du village d'Orbe , au-dessus de celui de Mincdecuîvnt Storckenson,M.deGensanneavoit découvert un filon de de St* Jean de cuivre jaune, dont les ameuremens se montraient tout le long d'un ruisseau, jusqu'au sommet de la montagne         rf
qui est très-peu élevée: le filon s'étend même à droits l dans leRundersberg; il est dirigé surdix heures, et incliné à l'est. M. de Gensanne l'attaqua sûr sa direction par une galerie qu'on prit au pied de la montagoede Storckenson, et qu'on poursuivit à vingt-cinq toises. On voit à la tête de la galerie deux pieds de mine qu'on a laissés dans le rocher, quoiqu'il fût facile de les en arracher. Ce travail n'exigeoit pas ^u'étaneonnage. M. de Gensanne dit que . le minéral étoît^œil de perdrix: c'est san^. doute de la mine de cuivre hépatique qu'il a voulu * désigner. Des
(î) Loc. citât, pag. 171.

( 112 )
:— morceaux choisis lui donnèrent quarante livres pesant Vallée de ^ cujvre au quintal. Le filon est traversé par plusieurs
Saint-Amarin. .             1 i,                  i • i 1 » • i                             .- '
veines , dont 1 une rendoit de la mine de cuivre azurée, avec de la mine grise tenant argent. Ces travaux portent le nom démine de Saint-Jean.
Minedecuivre A trois quarts'de lieue de ceux-ci, au-dessus du lac
de la montagne de Perche, sont les mines de la montagne de Perche :
e ercie. on n'y connoît qu'une galerie de huit toises, s'étendant
comme le filon sur neuf heures; celui-ci est incliné à TO.
ses parois sont d'une roche schisteuse, et sa puissance
est d'un pied à dix-huit pouces. Un banc de schiste le
coupoit à la tête de la galerie ; il n'a pas été recherché
^            au-delà. Ce filon donnoit de la pyrite cuivreuse jaune,
assez pauvre . accompagnée cependant d'une terre
rougeâtre , qui pourrait bien être de la chaux de cuivre
rouge, ou de la mine briquetée.
Minedeplouib Le prince de Lœwenstein , ancien abbé de'Murbach , et argent d'Un- avoit fait des dépenses considérables pour reprendre temersc 10 tz. i"e.xploitation des mines d'Unterwerscholtz, situées près de la rivière de Chilpert, à l'O. du village de Moschbach. 11 paroît, par J^s anciens décombres, qu'on y avoit poussé des travaux fort vastes. Ceux dont les gens du pays ont connoissance aujourd'hui, consistent en une galerie longue de quelques toises seulement , peu distante de la rivière, et en un puits creusé au niveau de la même rivière, par les ordres du prince de Lœwen-.*■ stein, et qu'on fut obligé d'abandonner à cause des eaux. Il existe plusieurs autres puits, tous comblés aujour­d'hui. T_e filon s'y trou voit dirigé sur deux heures, il donnoit de la galène et de la mine d'argent grise, et il
étoit enrichi par plusieurs y èmes joignantes. Il y avoit
-----------------•                                      auprès

( u3 )                              ,_^
auprès de cette mine, et sur la rivière, une "fonderie =====: dont il ne reste plus que les vestiges des fondations et . .         ".<l
i r                   i i • • t ir         i                    i                    t Sauii-Aman».
des fragmens de laitier, Indépendamment des mines de cuivre et d'argent que je viens de décrire, on voit encore dans la même montagne, du côte de Moliau, et en d'autres parties de ce canton , un grand nombre de haldes. Une compagnie qui se bornerait à l'exploitation de ces espèces de mines, dans la vallée de Saint-AnVarin, deviendrait très-utile, et rendrait dans le royaume les cuivres plus abondans qu'ils ne le sont. M. de Gensanne observe, que les mines de la partie des Vosges qyi est au midi de Saini-Amarin , sont ordinairement des mines de plomb, de cuivre et d'argent*; qu'aux emi-rons de Saint-Amarin , il n'y a presque que du cuivre, et qu'au nord de cette vallée, les mines d'argent domi­nent ; qu'on ne trouve avec "elles que peu de cuivre , et presque point de plomb, Cette distinction est au moins trop générale; elle ne doit s'appliquer qu'aux pays situés depuis Giromagny , jusqu'au val de Munster. Nous verrons par la suite, que Sainte-Marie-aux-mines,est particulièrement dans le cas d'une exception.
M. de Gensanne n'a fait, dans son résumé, aucune mention des mines .de-fèr, parce qu'il ne s'est point occupé de cet objet. Quant à moi, je vais, avant d'en parler, faire connoîtrè les différentes usines que la vallée renferme.
A son extrémité la plus reculée du côté du nord, Verrerie de est située la verrerie de'Wildenstein , distante de cinq mille toises nord-est de Saint-Amarin, 17.700 toises S. E de Colmar, et 10,200 O. de Guebwiller. Cette ---Tartieim                               P
*\-

\          (114)
«=~-^—------ag-as verrerie existe depuis 1699 (1); il n'a pas fallu. de
ValK'c de lettres-patentes pour l'établir , puisque sou existence ..:.i..i-.».i.a.in. est an|(irjcllJC (ïc vingt-trois ans à l'arrêt du con-
seil (^)r ce qui n'empêche pas que l'abbaye de Murbach n"ait mi convenable de se faire autoriser par l'article huit des lettres-patentes qui lui ont été accordées en 1700 (3), à laisser subsister la verrerie de Wildenslein. Le teita-fn sur lequel elle est bâtie, et hs champs cultivés par les verriers , ont été acquis par bail emphytéotique perpétuel. Chaque arpent paie un canon annuel de trois.livres à l'abbaye de Murbach , ou de Guebwiller. Cette usine appartient aujourd'hui à dix'propriétaires qui vont chacun un pot ou creuset Fabrication, dans un même fourneau. Chaque pot contient cent trente livres de matière. La .principale fabrication de cette verrerie est en bouteilles ; un seul des associés fait du verre blanc. En évaluant chaque pot à cent bouteilles ou pièces, On trouve qu'il s'y fabrique Consomma- environ mille pièces dans vingt-quatre heures. Cette
lion $able.
n terre et verrerïe marche à - peu - près huit mois de Tannée, La
terre des creusets se tire de Pfaffenheim, au-dessous de Ruffach , clans les terrains des particuliers-, qui vendent le boisseau de terre trente à trente-six sous : le quintal rendu à la verrerie , revient jusqu'à quarante-huit sous.
(l) » Unâ supra {J?iUer.st/mium leucâ jd iy.nim fertThum fontem, offi.-■» clnatn vitriarium anno 699 Murbacsnses struxerunt. « Schœpflin, Alsatia ilîustrata , tom. 2 ,.pag 9.
(a) Voyez ci dessus le prononcé de cet arrêt, pag. 3o.
(3) Voici les termes de ce- article, qui concernent cet établissement: j) Ils pourront aussi laisser -ubnster la verrerie, établie derrière » l'ancien château de Wildenstein, dans la vallée haute de haint-« Amarin. « Le commencement de cet article, qui concerne les forges 5 a été transcrit ci-dessus 7 pag. 104.

( «S )
On achète à Férette la terre pour les briques du finir- "■—neau. Le ionneau de cette terre, pesant ciuiiizc à hm'/c ^;'i; c]u:nM:.!ix, revient a vingt uvres rendu a ici verrene. Le sabr::- pour le verre à bouteilles, est tiré de Ilartmaiiu-schwiiler. La charge de deux chevaux , revient sur les lieux à trente sous. Le sable blanc \ient. de Beileieux, dans le pays de Porenfrui. La voilure rend au prince quatre livres de droits ; elle contient trente-six quintaux qui coûtent nois à quatre livres chacun. Les cendres Ccndiv* s'achètent dans la vallée , environ à neuf sous le bois- Jiillu:-1-seau. Les salins se trouvent aussi dans la vallée (i); ils se paient vingt-cinq , vingt-sept et trente livres le quintal. La manganèse, pour la fabrication du verre Man-a blanc , se tire du Tyrol, et coûte jusqu'à dix-huit livres le cent ; on emploie aussi quelque peu de manganèse pour le verre à bouteilles.
Depuis-ictablisejîîÊHt de la verrerie , le.chapitre Bols, de Muibach a constamment fourni six cents cordes montagnardes, de cinq pieds de haut, sur dix pieds de couche, et trois pieds et demi de taille. Le pre­mier bail passé à ce sujet , fut de soixante ans. Il a été suivi de trois autres de neuf ans; le dernier de ces baux doit expirer en 1790, et porte le prix du bois à trois livres. Les verriers ont la préférence dans toutes les ventes de bois du chapitre. Il sont solidairement engagés ,les uns pour les autres.
(1) On envoie des salins de cette \allée à L\on. Le nonmié Kiesic d'Odern en fiait commerce ; il les vend au maître de poste de la Cha­pelle, qui les expédie à Bel foi t, d'où on les lait passer à leur desti­nation. M. Calleuse de Gucbwiilcr en Hue à Lyon cuire deux vt trois cents barriques , la bairiquc contenant six à sept quintaux.
"-                                                  Pi)

( 1,6)
On compte à cette verrerie six tiseurs, dix petits \ allée de g^çons, qui entrent et sortent le verre des voûtes
Saint-A marin. , * r . ,.                  , ,        ,                   , n -,             1 ,.v
a refroidir; et indépendamment des rondeurs, deux personnes à chaque place pour soi?filer. M. de Blair, intendant d'Alsace, exempta, par ordonnance du 14 mars 1766, sept garçons verriers du tirage de la milice, en conséquence de l'article 24 de l'ordonnance du Roi du 27.novembre 176.5.
Vente annuelle. On vend en Allemagne une partie des verres prove-nans de cette usine. Le prix du cent de bouteilles d'un pot, ou de trois chôpines, est de quinze livres; celui des bouteilles de deux chôpines, de douze livres ; le cent de verres se.vend six livres; le cent de carafes blanches de trois pots, en comptant vingt-quatre pots à la mesure, trente-six livres; le cent de carafes de frente-deux pots à la'mesure, trente livres.
Nous avons dit ci-dessus qu'il se fabriquoit à cette verrerie mille pièces en vingt-quatre heures, ce qui produit, pour les huit mois de travail, deux cent ■ " quarante mille pièces ; en prenant vingt-une livres pour le terme moyen des différens prix, il en résulte que la vente se porte annuellement à cinquante mille livres environ.
Taillanderie En se rapprochant un peu de la plaine, on trouve de w iJiers. dans ta même vallée la taillanderie deWillers, paroisse du même nom, située à deux mille trois, cents toises S. E. de Saint-Amarin. Elle appartient à M. Borneck, directeur du fourneau de Bitschweîller. Cette taillan- * derie paie au chapitre de Guelnviller un droit de ,                cours d'eau, et cent dix livres de loyer; sa'consomma-
tion va de six à sept mille livres de fer, qu'elle prend

( «7 )
à la forge deWillers. On y fàisoit autrefois cîii petit fer: la fabrication monte à près de trente milliers.
En continuant à s'approcher de l'ouverture de la vallée, on rencontre sur la rivière de Thuren , le fourneau de Bitschweiller ou Rudcnsthal, situé au ban C:rUi Je cîe Saint-Willer. à mille deux cents toises sud -est -de Ji-ni*\ u . ce lieu , et à trois mille deux cents toises même ' '*"• direction de Saint-Amarin. : il appartient à MM. de Guebwiller ou Murbach, qui l'ont loué à M. Laurent.
Les usines du chapitre de Murbach ont été établies Tiin-s. en vertu d'un arrêt du Conseil du 10 mars 1739, et de lettres - patentes du même mois , registrees au Conseil souverain d'Alsace le i5 avril suivant (1).
Les ateliers de cet établissement consistent en* un haut fourneau, une maréchallerie et une renardière. La fabrication du fourneau monte à un million cent mille livres par an; elle exige environ neuf à dix mille cm eaux de mine à trente sous, chacun du poids de quatre cents livres; on en compte treize au mille de fonte; ils sont d'un cinquième plus petits que ceux de Masevaux. On tire la plus grande partie du minerai, des mines dont nous allons parler. Il y a dix ouvriers et un maréchal au fourneau, et deux forgerons à la renardière. Nous avons déjà dit que
tmpADBD-6.jpg
(1) - A ces causes , de l'avis de notre Couses! , qui a vu ledit arrêt » du dixième des preseus mois et an , dont extrait est ei-ailai-hé sous » le eontre-scel de noire chancellerie, nous a\on.s conformément à » ieelui permis, et, par ces présente» signées de noire main , permettons •• aux exposans d'établir, et l'ai m* construire une iorge propre à faire ■■ du 1er, dans l'endroit de la vallée de Saint-A:isaiin , dépendante » de l'abbaye de Murbach, qui sera jugé le plus convenable. Si vous » mandons, etc. ■•

Vallée de Samt-Ainarin.
l'article 8 des lettres - patentes que le chapitre de Murbach a obtenues en juillet 1700 (1), permit à MM. de Guebvriller d'établir-cL par conséquent de continuer d'entretenir les usines existantes, nécessaires à ja consommation de leurs mines.
Forges ùv Saint-Weiler.
• Seulement à vingt-cinq toises au nord-ouest du
fourneau de Bitschweiller et à dix-neuf cents toises sud-est de Saint-Amarin, est située la forge de Saint-Weiler au ban et dans la paroisse de ce nom; elle appartient à MM. de Guebvilîer qui Font louée, ainsi que le fourneau, moyennant trente-mille livres à ce même M. "Laurent déjà locataire du fourneau de Bits-chweiiler. Son bail qui commence en juillet 1782, ne doit finir qu'en 1791. H est cautionné solidaire­ment de M. Jérôme-Stéhélin de Bâle , et de M. Bou-choite ; on a compris dans le bail cinq mille cordes
Bois.
montagnardes, à raison de quatre livres, de manière
que si les fermiers n'exploitent pas la totalité des cinq mille cordes , on déduit volontairement sur le prix du bail ce quïls ont coupé de moins. Le bois d'étai né­cessaire aux mines est compris dans cette quantité et évalué à la corde.
Ateliers.
Cette forge est composée de deux àffineries qui
travaillent en piquerie et d'un feu de martinet. On y voit encore une chaufferie, mais elle ne travaille plus: on compte mille trois cent cinquante livres de fonte au mille de fer, et quinze à seize cuveaux de char-Oyvriers. bon. Il y a à la forge et au martinet seize ouvriers. Le gros Ter se vend cent soixante-cinq livres le mille, le martinet ordinaire cent quatre-vingt-dix livres,
(1) Voyez ci-dfssus ,'pag. 104.

( ii9 •) la verge crénelée deux cents l'vres. Celle fbr<;c ne «==-=======:
manque jamais d'eau. Kn calculant qu'elle fabrique ^ }-f> *•*•
.,,.        i             r '         .                      . . ,.            Saint-AuKirln.
six cent milliers de gros 1er a cent soixante-cinq r,\res, • • .
■>                                     ..,.              i                .            -i              ,              .                                \ entei»:3m:i lie.
et deux cent milliers de petit , dont le prix moyen est de cent quatre - vingt ^ quinze livres, Ja vente annuelle scroit de cent trente-huit mille livres. ..
Plus près encore de la plaine et presqini fouvrrltire I-Vr»r de delà vallée on trouve la forge de Thann, située îïiu- *lwmi-bourg et paroisse de la viJItLçle Thann. à deuyi nulle d#ux cents toises sud-est de Saint-Weiler, subdélé-gcition de'Colmar, sur la rivière de Thuren ; elle appar­tient à M. Morantin . qui a le.déjiôt des .sels pour la vente étrangère. Cette forge très-ancienne existoit • avant l'arrêt de i7/i3, elle .n'a par conséquent point de lettres-patentes. Elle consomme en\iron cent ciu- i-'^bncatlon. quante milliers de fonte , sans compter la ferraille. Ses fontes se tirent du■■ibunieau de Masevaux; on comple à cette usine seize à dix-huit cuveaux ue charbon Bois et charbon, au mille de fer. Elle achète ses charbons dans les forêts des particuliers de la vallée.
La forge de Thann souffre beaucoup d'un moulin à huile qui partage avec elle le cours d'eau de la rivière.
Les objets de la fabrication de cette forge s'y Venteaunurlle. vendent en détail et peuvent produire par an cent vingt milliers, montant en argent à \ingt-un. mille livres environ.
Je pusse aux mines de fer renfermées dans la vallée Mines de «Vr de Sauil - Amarin. Les premières dont je parlerai tlcsont situées dans le territoire de Mosch , village qui se trouve à mille toises au sud-est de Saint-Amarin,

( 120 )
— dans le bailliage duquel il est situé. Ces mines
dallée de gont (|ans ]a montasne de Rucheruniz ou Glatte-Steeg près du torrent de Belaker ; elles servent d'ali­ment au fourneau de Bitschwéiller, et sont exploi­tées par une galerie qui entre dans la montagne sur neuf heures, et la pénètre sur une longueur de cin­quante toises. On y fît .une foncée où les eaux de-vinrent si abondantes , qu'on fut contraint , pour les faire écouler, d'ouvrir successivement.'deux tra­verses prises du jour. La plus élevée est à dix. toises au-dessous de la galerie; la plus basse en est a vingt toises. J'ai trouvé deux mineurs occupés dans ces fosses, ils en arrachoient de l'hématite brune. Wmes de fer La paroisse de Willer qui dépend du même bailliage
de VU lier, CS£ pjus abondante en mines de fer que celle de Mosch. On en compte sept en exploitation, dont quatre sont situées dans la paroisse et le ban de Willer même , et les trois autres dans le ban de Bitschwéiller (i), annexe de la paroisse de Willer^ Mines de fer La première de ces mines située dans le territoire
d'Ebeïfeld. de Willer, est celle d'Éberfeld ; le gîte qu'on y exploite est un coureur de gazon, sur lequel on a fait quatre galeries, longues chacune de quelques toises seule­ment. On en tire de l'hématite brune, qui se con­somme au fourneau de Bitschwéiller. Il s'est trouvé parmi ce minerai de fer un rognon de mine d'anti­moine striée. II n'y avoit que deux mineurs occupés à ce travail, à l'époque où je le vis.
(i) M. Seliœpflin ne parle que des mines de fer du ban de Bitsch­wéiller: BïtschwilUrautem fini fndials.inchruït, Alsatia Illustrata, tom. 2, pag. 98. ■ ' ■ ■
La

       ( 121 )
La seconde porte le nom de Carschbrunn. O/i y a ~-~~.-^~~---pratiqué deux galeries l'une au-dessus de l'autre, h dix Valu* de toises de distance. Dans la supérieure est un puits Sill!!('Al";il'!l1" dont lapins basse fait écouler les eaux. Le filon qu'on ''"Y".'1 erïe
. *                                                                               '          Larstlibrunn.
poursuit par ces travaux a deux pieds d'épaisseur. On en tire de l'hématite que l'on fond au fourneau de Bistchweiller.
La troisième est celle de Durst-thal, même terri- Mine» de r<r toire. Les travaux de ce minier ne consistent qu'en <w Dlirst-tha!-une seule galerie dans laquelle est une foncée. J'ai trouvé au sol de celle-ci un pied d'hématite. Pour tirer un parti avantageux de cette fouille, il eut été conve7 nable de faire un percejment inférieur aux travaux , afin de donner de l'écoulement aux eaux. Deux mineurs travailloient dans ces fosses. Je doute que le prix qu'on leur donne de la mine qu'ils livrent au fourneau , leur ait permis d'entreprendre ce -percement, qu'ils savoient bien être très-nécessaire pour continuer l'exploitation.
La quatrième et dernière est la mine de Mouïgerein. Mine de fer Elle a été attaquée par deux à trois puisards d'affleu-- ^ Mouig renient-, dont le plus- profond n'a que deux à trois toises. On y a trouvé un pied de mine de fer en hé­matite. Un seul ouvrier suivent ces ouvrages.
Les trois mines du territoire de Bitschvveiller -sont : Celle deWeckenbiochel où j'ai vu, à îa tête d'une gale- Mine-de rie de soixante toises, dix-huit pouces d'hématite très-solide, pesante et riche. Il y a deux puits dans cette galerie : à leur sol est un amas considérable de mine; mais les eaux gagnoient les ouvriers, et s'ils n'ont pas exécuté, pour s'en délivrer, un percement que je leur indiquai, ils auront été contraints d'abandonner cet -----------------                                           Q

---------~—- ouvrage. Le prix modique de trente sous par cuveau
^ aiki^de ^ mjne t qUe ies fermiers du fourneau de Bitschweiller paient aux mineurs , les met presque hors a état de """"tenter d'autre travail que celui qui leur procure im­médiatement de la mine. Deux ouvriers étoient em-• ployés dans ces fosses lors de ma visite*
Mine de fer Celle d'Eltzbach. Elle consiste en un amas corisi-d£hzbach. dérable de filons qu'on a «attaqués par dix ouvertures différentes. On tire de ces travaux, qui traversent la montagne en Quelques endroits, de4'hématite brune et de la mine de fer spalhique. La puissance moyenne de la mine est de trois pieds ; elle n'en a jamais moins de deux, et souvent elle en a quatre. Le travail de ces fosses occupe constamment vingt-quatre hommes,
Mine de fer de Enfin celle de Wirschgrund ; j'y vis un puits creusé \\ îrschgi-und. gur |e £jon> Qn avoit trouvé un pied de minerai à son sol, et lorsque je visitai ces travaux , deux ouvriers étoient occupés à ouvrir un percement pour venir à la rencontre de ce puits, encore peu profond. Toutes les mines dont je viens de rendre compte, dépendent, comme je l'ai fait observer, du bailliage de Saint-Ainarin , et appartiennent par conséquent à l'abbaye de Murbach. Elles sont toutes affectées au fourneau de Bistchweiller , et le minerai qu'elles donnent ne revient, l'un dans l'autre, aux fermiers de cette usine qu'à trente sous le cuveau (i).
(i) Le cuveau de Masevaux est plus fort d'un cinquième que celui de Ritsclnveiller ; le poids du premier s'évalue pour l'ordinaire à .5co livres, et celui du second à 400 livres.

Je vais décrire maintenant les mines de la paroisse de =
Thann. J'ai déjà fait remarquer que le droit de M. le "Vall**1 dp duc de Valentinois sur celles ci me paroissok ne pou-
A                                                      ., .                .             ,                  Canes i.c VÀca-
voir être révoque en doute ; j ai eu soin également démk n llJ4> de rendre compte auparavant , page Sy, de la con- fol. 77. testation qui subsistoit à leur occasion entre madame la marquise de Rosen et le seigneur de Thann.
Les mines du bailliage de Thann sont les sui­vantes (1), savoir :
Celles de Kaltenbaechel , situées dans le territoire Mines de fer de même de Thann. Elles se trouvent en masses consi- K-alklll);et!ui-dérables , qui n'ont été attaquées jusqu'à présent que par-quelques puisards d'afïleuremens. On les a aban­données presqu'aussitôt qu'elles ont été ouvertes , parce que la mine qu'elles donnoient produisoit de la fonte blanche et engorgeoit le haut fourneau de Bits-chweiller, où on l'avoiEssayée. La gangue de ces mines est calcaire. On n'avoit pas eu l'attention de diminuer la quantité de castine dont on charge communément ce fourneau, et on y avoit jeté tout de suite une trop grande quantité de ce minerai. Ces essais eussent mé­rité d'être faits avec soin ; mais si on se déterminoit à exploiter cette mine pour le fourneau de Bitschweiiler, il faudrait préalablement s'en arranger avec M. le duc de Valentinois.
Celle de Baeckerkopf On y a établi deux travaux Mine de fer de à quarante pas l'un de l'autre. Le premier consiste'1
(1) Si je n'avois pas voulu rendre compte de suite de toutes les usines des vallées de Saint-Arnarin el de Thanu , j'aurai.- dû placer ici seulement la forge de Thann , décrite ci-dessus , pag. 119.
Q <"j

( «4 )
en une galerie, dans le sol de laquelle on a creusé vallée de une foncée d'où partent trois extensions inférieures les unes aux autres. 11 y a jusqua trois pieds de rai­nerai dans la foncée. La puissance du filon varie dans la galerie, ainsi que dans les extensions; pour l'ordi-*          naire elle est de deux pieds, mais el-b'se réduit quel-
quefois à six pouces. Il n'y a au seconc^Javaii que le commencement d'une galerie qui étoit enctere au jour lorsque je la vis. J'y trouvai un pied de mine. Les fer­miers- du fourneau de Masevaux, qui se croient suf­fisamment autorisés par les droits que prétend ma­dame la marquise de Rosen (i), faisoi-ent pousser le travail en ces endroits par deux mineurs , pour en employer le produit au premier de ces fourneaux, qui est entièrement étranger à madame de Rosen.
Mine de fer de Enfin les dernières et les plus considérables mines v.temjie.          ^ per ^pendantes de la jurisdiction de Thann , se
trouvent dans les territoires de Roderen et Ramersmatt, à la montagne de Steinbie , et s'exploitent pour 4a forge de Masevaux. Elles sont la principale cause de la contestation qui subsiste entre madame la marquise de Rosen et M. le duc de Valentinois, relativement à la traite des mines de Thann.
Minier supé- On a découvert nouvellement, dans la partie supé-neur# * rieure de cette montagne, un filon de quatre à cinq pieds d'épaisseur, dirigé sur onze heures et demie méridien, et donnant de très-bonne hématite noire et brune. On a pratiqué sur ce fiion une galerie d'environ dix toises de longueur. Cette galerie a été percée dans son
(i) Voyez ci-dessus, pag. «57.

sommet» au - dessus duquel on a laissé un plancher = pour suivre une seconde galerie, supérieure à cette dernière. Ce filon promet beaucoup ; quatre mineurs.
i » » r i •.*•«.                                        « i                '               Ouvriers.
sont employés a I exploitation , qui porte le nom d'Obergr/ib ou fosse supérieure.
A une centaine de pas au levant de ces travaux, Grand minier, est le grand minier, sur lequel on a pris une tiaverse longue de près de cinquante toises, dirigée sur douze heures méridien. On a rencontré par ce percement                   :
<un premier filon sur onze heures et demie, qu'on a • suivi sept ou huit toises seulement On trouva ensuite une veine d'environ six pouces, dont le toit est bien détaché; on la poursuivit, et ce travail conduisit les mineurs à cinquante toises du jour. A ce point la galerie fait un crochet presque à angle droit, allant vers le levant. On est parvenu, au moyen de ce coude, à un filou dont la puissance varie depuis deux et trois pieds jusqu'à deux toises. Ce travail est à une hauteur considérable de la montagne, et on n'a encore foncé qu'à quarante toises au-dessous du sol de la galerie. On a établi des pompes à bras pour en épuiser les eaux; mais il faudra bientôt prendre un.nouveau per­cement. Le filon se divise à la tête de la galerie en plusieurs,rameaux ; on espère, en poursuivant celui du milieu, et en continuant la galerie de sept à huit toises , communiquer au-dessous des anciens et utiles travaux qu'autrefois M. d'Anthez avoit fait pousser dans cette montagne.
A cinquante toises de ce minier, on en voit un.troi-sième, où l'on pratiqua'une traverse- d'environ six toises, prise sur une heure et demie. Au bout de

( 126 )
== cette traverse on a coupé le filon, et on l'a suivi des
Vallée de deux côtés par des extensions, dont on ne poursuit ian"'           que celle qui est .vers le levant. Ce filon, qui fournit
de la bonne hématite , est incliné au midi. Sa puis­sance va depuis un jusqu'à quatre pieds. II paroît être le même que celui qu'on a attaqué par le grand travail. La plupart'd«s mines de fer que je viens de faire connoître, sont dans une roche calcaire un peu schisteuse.
Il ne me reste plus à parler que de quelques affleu-remens de charbon de terre et de mine de cuivre, que j'ai reconnus dans le territoire de Thann. Je n'ai pas cru devoir les comprendre dans la description des mines du val de Saint-Amarin, parce que ces affleu-remens appartiennent plus particulièrement à la partie de cette vallée qui porte le nom de Thann.
Mine de cuivre Immédiatement au-dessous du Wekenthal, au pied
du ruisseau de de la montagne, et à gauche du ruisseau et du che-
Stembie.          m-m ? on vo(j- au jour, sous de la -terre végétale, les
affleuremens d'un filon de mine de cuivre, dirigé sur
trois heures septentrion , et incliné au nord. J'en ai
fait arracher de la belle mine de cuivre jaune, et du
vert de montagne dans du quartz. Ce filon est encore
vierge, et mérite quelques tentatives. 11 appartient
à M. le duc de Valenlinois.
Mine de char- A cinquante pas au-dessous de cette mine de cuivre bon du ruisseau et c}u même côté du ruisseau , j'ai vu un mulm de
de Steinbie.             i v           ï •            i •                     , ^ • » t » •
r. charbon de pierre bien caractérise. Je nai pu recon-
noître îe toit ni le mur de cet affleurement Mme de char- Enfin, à un demi-quart de lieue au nord de là
bon de pierre de ... ,        ,                     .           *
ville de lliann, au-dessus de la chaussée de Saint-

Amarin et de la rive droite de fa Thuren , est un ==============
filon de houille , incliné au midi, dirigé sur sept ^«1^ tÎP ■ heures et demie. Il s'annonce au jour par un véritable muJm de charbon. Cet affleurement a plus de trois pieds d'épaisseur.
Je quitte les vallées de Saint-Amarin et de Thann Nailii,i-e de pour passer au bailliage de Cernay. La petite ville ('('nK1>-qui lui donne son nom, errquî en est le chef-lieu . Ctt':cs dc rAca' se trouve à deux mille quatre cents toises à l'est de J'-'j'"*"^ u ' >U4' Thann. Ce bailliage est un fief relevant du roi, pos­sédé aujourd'hui par MM. de Goor et de Klepsatlel. Les vassaux des fiefs n'ayant le droit des mines qu'au­tant qu'il leur est attribué par leurs lettres d'investiture ou par d'autres titres formels, les mines du bailliage de Cernay doivent être soumises au droit commun du royaume, et si les gentilshommes qui en jouissent n'ont pas un titre positif qui leur en accorde le droit d'exploitation, les mines métalliques, autres-que celles de fer qui pourraient s'y trouver, dépendraient alors du roi, et les mines de fer du fourneau le plus voisin, conformément à l'article IX de l'ordonnance de 1680 sur la marque des fers.                  *              "*
Les mines du bailliage de Cernav . dont j'ai prisc^- aiinedoplomii, noissance, sont situées dans le Siiberlhai, vallâ^ppfn- argent et cuivre dante du territoire de Sieinbach. Ce village esT^a 1800 toises à l'E.N. E. de Thann , et à douze cents toises au nord-nord-ouest de Cernay. On y a exploité ci-devant des
(1) Quoique cette ordonnance ne soit pas enregistrée en Alsace, le Conseil a cependant adopté, dans plusieurs contestations pour l'extraction delà mine de 1er dans la province, le droit de la proxi­mité, établi par cette loi.

C «8 )
= raines de plomb et argent, dont il ne reste plus d'autres Bailliage d« vestiges que des haldes assez considérables. M. de Gen-
Cernav-                            / %                                     ,                    ,                       ,., -,
sanne ( i ) rapporte que quelques années avant qu il don­nât son mémoire à l'Académie, ces mines avoient été rouvertes par des particuliers qui, probablement, ne les abandonnèrent depuis, que parce qu'ils n'osoient y faire des étabiissemens- sans y être suffisamment autorisés. M. de Gensanne dit encore qu'un des mi­neurs, employés à ces travaux, Ta voit assuré que le filon de mine de plomb étoit croisé par un filon de mine d'argent noire très-riche. Au-dessus de ces haldes, il y a encore quelques traces d'un ancien travail sur un filon de mine de cuivre.
Mine de fer de Le Silberthal renferme aussi une mine de fer irn-Silberthal ou. pOrtante ; son filon est dirigé sur six heures, et incline
cle Steinbach. r                                 .         ,                        ,                       ,
au nord ; la galerie qu on y a pratiquée, a près de soixanie-dix toises, et le filon porte jusqu'à deux toises d'épaisseur au sol de cette galerie. Pour délivrer des eaux les travaux inférieurs, il faudrait prendre une seconde galerie, longue au plus de quarante toises, à dix ou douze toise§, au-dessous d<*»ia première; on exploite cette mine sans le secours de la poudre, et on en extrait une quantité prodigieuse de minerai. Il y a deux ouvriers sur ce travail, qui en "pourvoitoccuper cinq à six. Le quintal de cette mine coûte cinquante sous: savoir, vingt-cinq d'extraction, et vingt-cinq pour le charroi du minier au fourneau de Masevaux, auquel elle fournit une partie de son aliment. Silberîûch. M. de Gensanne parle d'un endroit qu'on nomme-
(i) Mémoires des Savanà étrangers, toni. 4, pag. 17.5.
■Silberloeh

Silberloch ou trou d'a
,;o;
nt, situé entre Guebwilleret
Wattweiller (1). On y trouve, à ce qu'il dit, une grande Bailliage de quantité de scories; i! croit qu'elles proviennent d'une -tTtîa?' fonderie où l'on traitoit des mines de plomb et d'argent. Je pris des rcnseignemens sur ce lieu, et comme on m'assura qu'il n'y avoit pas d'indices de mines dans les environs, je crus pouvoir me dispenser de m'y rendre.
La vallée dé GuebvvTlTey^quï porte aussi le nom Vallée <h de Lautenbach, offroit à mes recherches des objets Cïuebwiller. plus certains. Pour y arriver de Cernay, on passe Cvrcsdeisica-par Suîlz , bourg dans-lequel il y a des eaux minérales r-^ll " ' '4' qui sourdent dans un champ appartenant à l'ordre de Malthe : la vallée de Guebwiller est située au N. E. du val de Saint-Amai in. La ville de Guebwiller est éloignée de six mille toises N. N. E. de celle de Cernav. Le chapitre princier de Murbach, en est seigneur, et les Droit des mine», lettres-patentes de 1780 , que nous avons citées (2), lui donnent le droit des mines dans cette vallée comme dans celle de St. Amarin, proprement dite : on y exploite plusieurs mines de fer pour le fourneau de Bitschweiler, elles sont toutes dans le territoire de Biihl, village situé Mines de Bùhl. ~a~TBôô toises au-dessus de Guebwiller.
Le premier de ces miniers est au Demberg, près i\Hae de fc-j de la croix de Barnabas , au-dessus de la rive gauche <!u ])v
(1)  Ct'((e jjetite ville, située au pied des Vosges, donne son nom à des eaux minérales, qui coulent à son couchant de deux bouches différentes, éloignées l'une de l'autre de deux perches de roi , et son/ conduites dans des bains. Ces eaux légèrement minérales contiennent d*i sulfate calcaire ou séléni(e , du 1er, de l'acide sulphurique et imiriatique, et du caibnnate de soude ou alkalî minéral, avec beaucoup d'air. Guérin , dissertation citée, pat;. 46 à 5c.
(2)  Vovez ci-dessus, pag. 104.
F^urùe III                                           R

^.-■^-.-.-.—_i_^: ju ri,jsseau (]e [vlurbach ; il a été fortement exploité par ,, ,ul .'^ * M. d'Anthez. ancien fermier des forges et fourneaux de Masevaux, et de Bitsch\\eiler : il en tiroit abondam­ment de la très-belle hématite noire et brune. Le filon qui la fburnissoit. avoît depuis un jusqu'à quatre pieds d'épaisseur. Lorsqu'on abandonna cet ouvrage, il y avoit du minéral à toutes les entailles , et au sol des
----- —puits.-            —------------------ -----------**-----------
Minier de On avoït ouvert un second minier au canton de Grossaker . à la même montagne ; il est entièrement comblé , et je n'ai pu me procurer des renseignemens à son sujet.              x.
Mine de fer de I .e troisième minier d'où M. d'Antliez faisoit tirer de la mine de fer, est au Rimmelshoff, dans le côté op­posé du vallon. On n'y a travaillé qu'environ dix-huit mois. La mine étoit de la même espèce que la pré­cédente.
: ci e» cuivre
Il y avoit encore à la montagne du Demberg, près '" "t"ltI'1' Je l'ancien moulin de Schrepf, une galerie sur une mine de cuivre ; elle est comblée actuellement, et Ton n'y >it même nlus e
1
Mine de fer de A là même pente de la montagne . clansje_canton I undclkœpid. je Fundelkœpfei, étoit ujtieexploitation très-considérable sur de la mine de fer de la même nature. L'épaisseur du Olon s'élevoit quelquefois à quatre pieds : quelque­fois aussi, mais rarement, elle se réduisoit à six pouces. Le chapitre de Guebwiller a fait cesser ce travail. Mine de fer de On avoit encore ouvert une mine de fer à S. Gangolf, Sann-Gangoiï. dans le ban de Lautenbach. Ce village est situé à mille deux cents toises au-dessus et au N. (). de Biihl. Lorsque M. d'Anthez cessa d'être le fermier des forges

de cette partie des Vosges, toutes ces mines furent dé- ===== laissées, et leur exploitation n'a plus été reprise.?           \a.ne
Des aflleuremens d'un sclifste noirâtre décomposé. ,. . ont engagé des particuliers à faire quelques tentatives (!c cii.nlui entre Guebwiller et Bulil (i), à la gauche de la grande route, dans l'espérance-d'y rencontrer du charbon -de"" terre. Ces recherches n'ont pas été simies. et i! faut .£.qdvenir qiL'oia_ics-av4îit^H4*#jH4ses-siir de tics-légers .indices.
Au hameau de Sengern, dansrié ban de Lautenbaeh- Ti.iv.;j Zelle , village situé auprès et au-dessus de Lautenhach , N ;'~-( lii